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Canada Explorers, l’art de réinventer l’expatriation

Ils ne promettent pas des miracles, mais un accompagnement solide. Paul Personnaz et Bastien Planchat, fondateurs de Canada Explorers, ont déjà guidé près de 450 personnes dans leur installation au Canada. Leur credo : transparence, communauté et pragmatisme. Rencontre avec Paul, qui revient sur son expérience.

Paul Personnaz et Bastien Planchat, fondateurs de Canada Explorers,Paul Personnaz et Bastien Planchat, fondateurs de Canada Explorers,
Paul Personnaz et Bastien Planchat, fondateurs de Canada Explorers - Photo Courtoisie
Écrit par Bertrand de Petigny
Publié le 24 septembre 2025, mis à jour le 25 septembre 2025

 

L’histoire de Canada Explorers commence avec des galères administratives. « J’ai eu pas mal de péripéties avec mes permis, raconte Paul Personnaz. Petit à petit, des amis nous demandaient des conseils. On s’est dit qu’il fallait structurer cette expérience. » Aux côtés de Bastien Planchat, il transforme alors l’entraide en un service organisé.

Ce qui n’était au départ qu’un simple partage d’expériences a, au fil des années, pris de l’ampleur. Jusqu’à aujourd’hui, Canada Explorers a accompagné plus d’une centaine de projets : environ 40 % de familles et 60 % de « solos riders », ces candidats à l’expatriation qui partent seuls tenter leur chance. Tous trouvent dans ce dispositif une boussole pour franchir le pas.

 

 

 

 

Un accompagnement taillé sur mesure

Canada Explorers ne vend pas de rêve clé en main. « On ne peut pas trouver un emploi pour quelqu’un, mais on peut donner tous les outils et contacts pour y parvenir », insiste Paul. Pour 1 300 €, l’adhésion ouvre droit à un accompagnement sur deux ans, pensé comme un véritable parcours d’intégration. Les membres bénéficient d’ateliers d’interculturalité animés par des experts, de séances avec des recruteurs, mais aussi d’un accès privilégié à une plateforme en ligne qui centralise tous les outils pratiques et permet de dialoguer directement avec d’autres adhérents.

Cette dimension communautaire est au cœur du projet. « On organise des repas, des événements, et les gens s’entraident entre eux. C’est une aventure collective », explique Paul. L’accès aux témoignages d’anciens participants, la transparence des expériences partagées et la possibilité de poser ses questions à tout moment à ceux qui ont déjà franchi le pas font partie des atouts les plus appréciés. Plus qu’un service, Canada Explorers se vit comme un véritable club d’expatriés en devenir, un cercle où l’on partage autant ses doutes que ses réussites. Et c’est précisément cet esprit de club, ouvert et solidaire, qui fait toute la différence.

 

 

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L'espace membre est accessible quel que soit le plan choisi.

 

 

Du Québec à Calgary, un champ qui s’élargit

Tout d’abord centré sur le Québec, Canada Explorers accompagne désormais de plus en plus de projets dans les autres provinces. « Depuis l’an dernier, la part hors Québec explose. On a deux familles qui viennent d’arriver à Calgary », souligne Paul. Cette évolution reflète une tendance nationale : le gouvernement fédéral encourage activement l’installation de francophones à l’extérieur du Québec, afin de renforcer la vitalité de communautés francophones minoritaires, de l’Ontario aux Prairies.

Le gouvernement fédéral s’est en effet fixé des objectifs ambitieux, comme atteindre 4,4 % d’immigration francophone hors Québec, avec des programmes spécifiques de mobilité et des incitations pour les employeurs. Dans ce contexte, le travail de Canada Explorers s’inscrit dans un mouvement plus large : il facilite la rencontre entre la demande des provinces et le désir des candidats à l’expatriation de s’implanter durablement.

 

 

« L’image du Canada s’élargit, et la francophonie trouve de nouveaux ancrages » - Paul Personnaz

 

Cette approche séduit aussi les employeurs. L’entreprise a déjà placé des candidats dans des groupes emblématiques comme Tim Hortons. Une illustration concrète du rôle de passerelle que joue Canada Explorers entre politiques publiques, besoins du marché du travail et projets de vie individuels.

 

 

Un filtre assumé avant le départ

Pas question de survendre la réussite. « Il y a des échecs, des gens qui repartent faute d’adaptation. Mais l’essentiel, c’est la préparation en amont », confie Paul. Les fondateurs assument un rôle de filtre : ils ne s’adressent qu’à ceux dont le projet est mûri. « On insiste pour qu’ils fassent un voyage exploratoire, c’est indispensable avant de se lancer », ajoute-t-il. Les plus sérieux passent plusieurs semaines sur place, testent la vie quotidienne, parfois même un stage ou un échange universitaire avant de confirmer leur choix.

Mais une fois la décision prise, le rôle de Canada Explorers commence vraiment. Les trois plans proposés ne visent pas à convaincre les indécis, mais à accompagner ceux qui ont déjà franchi le cap.

 

 

« On n’est pas là pour dire aux gens : partez ou non. On s’adresse à ceux qui savent qu’ils veulent venir au Canada »

 

 

Une transparence qui fédère

L’accompagnement agit comme un tremplin vers l’installation : il fournit l’encadrement, les contacts et la communauté nécessaires pour transformer une volonté ferme en réussite. Sur LinkedIn et Discord, Paul et Bastien partagent aussi chiffres, témoignages et difficultés. « On a tout raconté, même nos galères. C’est ce qui a fédéré notre communauté. » Cette rigueur paie : grâce à cette préparation minutieuse, Canada Explorers affiche un taux de réussite qui frôle les 98 %. Une preuve que leur méthode, exigeante mais humaine, constitue une véritable assurance pour ceux qui franchissent le pas.

 

 

Les deux fondateurs
L'énergie de Paul et Bastien est palpable, pour beaucoup, elle est le moteur de leur réussite.

 

 

Une aventure encore en mouvement

Aujourd’hui, Canada Explorers mise sur une croissance mesurée : quatre adhésions par mois, quelques missions de recrutement ciblées, mais surtout une dynamique de proximité avec ses futurs clients. En octobre, Paul Personnaz et Bastien Planchat prendront la route pour une tournée en France et en Belgique. Toulouse, Lyon, Bruxelles et Paris : autant d’étapes pour rencontrer en personne celles et ceux qui songent à franchir l’Atlantique. « Rien ne remplace le face-à-face, souligne Paul. On veut écouter leurs projets, leurs doutes, et leur montrer concrètement ce que nous pouvons apporter. »

Ces rendez-vous marquent une nouvelle phase de développement : aller chercher les candidats là où ils se trouvent, avant même qu’ils aient arrêté leur décision. Une façon d’anticiper les besoins, de créer du lien et de rappeler que l’expatriation est d’abord une affaire humaine. Mais l’ambition reste intacte : « On lâche pas. Chaque famille qui s’installe et trouve sa place, c’est une victoire partagée. »

 

 

Un compagnonnage à taille humaine

Canada Explorers se veut moins un prestataire qu’un compagnon de route. Paul et Bastien revendiquent un modèle artisanal, fait d’écoute et de proximité, loin des promesses trop belles pour être vraies. Leur force réside dans l’esprit de club qu’ils ont su créer : un espace francophone où se partagent conseils pratiques, récits d’expérience et encouragements collectifs.

Cette approche communautaire, qui fait la différence, pourrait cependant être mise à l’épreuve par la demande croissante. De plus en plus de candidats frappent à leur porte, attirés par un Canada qui cultive sa politique d’accueil des francophones. Reste à savoir si Canada Explorers saura préserver cette authenticité et cette chaleur humaine, tout en répondant aux attentes d’un rêve canadien qui n’a jamais été aussi convoité.

 

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