Après plusieurs semaines d’appel à candidatures, le Concours québécois de poésie 2026 entre dans une nouvelle phase. Les poèmes reçus sont maintenant entre les mains du jury, chargé d’identifier les voix qui marqueront cette première édition. Prochaine étape : la remise des prix, le 22 juin prochain à l’Alliance Française de Montréal, dans l’effervescence des célébrations de la Saint-Jean.


Depuis son lancement, Mes paysages, mes amours rattachées proposait un geste simple en apparence : écrire, en quelques centaines de mots, ce qui relie à un lieu. Mais derrière cette simplicité se trouvait une ambition plus vaste : faire émerger, par la poésie, une cartographie sensible du Québec.
Le concours est désormais clos. Les textes ont été reçus. Ils viennent de régions, de sensibilités et de parcours différents, mais partagent un même point d’ancrage : transformer un territoire vécu en matière poétique. Pour les organisateurs, cette première récolte confirme déjà que le pari de départ — faire de la poésie un espace vivant de transmission — trouve son écho.
Concours québécois de poésie 2026 : quand les paysages deviennent paroles
Un jury aux voix complémentaires
L’attention se porte maintenant sur le travail du jury, à qui revient la tâche de lire, d’évaluer et de départager les textes reçus.
Le jury est présidé par Alexandre Leboeuf, poète, essayiste et professeur de philosophie, dont l’œuvre récente, marquée par une attention aux paysages, aux mythes et aux territoires, entre naturellement en résonance avec l’esprit du concours. Son parcours entre pensée, écriture et transmission donne le ton d’un jury où l’exigence littéraire se conjugue avec l’ouverture.
À ses côtés, Roberto Louis-Charles apporte un regard nourri par la recherche, la création et les études postcoloniales, avec un intérêt particulier pour les questions d’exil, de mémoire et de déplacement. Une sensibilité qui dialogue directement avec les thèmes du lieu et de l’appartenance.
Édith Hakimian, poète franco-canadienne d’origine libano-arménienne, inscrit quant à elle son œuvre dans les enjeux de migration, de déracinement et de résistance par l’écriture. Sa présence au sein du jury ajoute une voix attentive aux intensités de langue autant qu’aux expériences humaines que les textes peuvent porter.
Enfin, Alain Raimbault, poète, critique littéraire et ancien juré du Prix du Gouverneur général, apporte l’expérience d’un écrivain rompu aux lectures exigeantes, avec un ancrage qui relie Acadie et Québec.
Réunis, ces profils dessinent moins un jury monolithique qu’un espace de lectures croisées.
Une remise des prix pensée comme un moment littéraire
Le 22 juin 2026, l’Alliance Française de Montréal accueillera la remise des prix de cette première édition. Plus qu’une clôture protocolaire, les organisateurs veulent en faire un moment littéraire inscrit dans l’esprit de la Saint-Jean et du rapport au territoire qui traverse tout le concours.
Le choix de l’Alliance Française n’est pas anodin. Il donne aussi à cette remise une portée symbolique plus large, en inscrivant ce rendez-vous québécois dans un espace où dialogue création, transmission et francophonie.
Les lauréats recevront des prix d’une valeur globale de plus de 2 500 dollars, notamment sous forme d’ouvrages littéraires et de distinctions liées au concours. Mais l’enjeu dépasse le palmarès. Les textes reçus ont vocation à nourrir un recueil collectif, annoncé pour l’hiver 2026, afin que cette première édition laisse une trace durable.
Il y a là une idée rare : faire en sorte que même les textes non primés participent à une œuvre commune.
Un concours porté par un réseau de parrains
Cette première édition repose aussi sur une mobilisation remarquable d’organismes culturels, littéraires et citoyens qui ont contribué, chacun à leur manière, à sa mise en œuvre, à sa diffusion ou à son accompagnement.
Les organisateurs tiennent à souligner l’appui de partenaires et parrains tels que le Salon du livre de Montréal, la Société nationale de l’Estrie, Culture Gaspésie, Culture Côte-Nord, Culture Centre-du-Québec, Culture MRC Abitibi, l’Alliance Française de Montréal, les maisons d’édition Le Noroît et L’Instant même, l’Association Québec-France, le Cercle des solidarités francophones, la Maison de la Francophonie de Montréal, ainsi que LePetitJournal.com, partenaire média du concours.
Au-delà des appuis institutionnels, cette constellation de soutiens dit quelque chose d’essentiel : ce concours n’est pas seulement une initiative littéraire isolée, mais un projet qui a trouvé des relais dans plusieurs milieux convaincus que la poésie peut encore être un lieu de transmission.
Un concours qui ouvre peut-être davantage qu’il ne se termine
À ce stade, le concours change de nature. Il n’est plus un appel, mais une attente. Celle de découvrir quelles voix émergeront, quels paysages auront trouvé leur forme, quels mots auront su transformer l’attachement en poème.
Et derrière cette première édition se profile déjà une autre question : ce concours est-il un événement ponctuel, ou les premiers pas d’un rendez-vous appelé à durer ?
Ce que les lieux continuent de nous dire
Le 22 juin, quelques voix seront distinguées. Mais la portée du concours ne se résume peut-être pas à ses lauréats.
Elle se trouve aussi dans cette démonstration simple : des jeunes écrivent, un jury lit, des organismes se mobilisent, et tout un écosystème se rassemble autour d’une même conviction — le Québec peut encore se raconter par ses lieux, et ses jeunes auteurs peuvent encore lui prêter des mots.












