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French Tech Montréal : Elsa Lebey veut transformer un label en communauté d’impact

Après des mois de travail, la communauté French Tech Montréal a obtenu sa labellisation officielle. Derrière cette réussite se trouve une équipe de bénévoles, mais aussi une femme qui connaît aussi bien les réalités de la tech que celles de l’immigration française au Québec. Pour sa présidente, Elsa Lebey, cette reconnaissance n’est pas une fin en soi : c’est le point de départ d’un projet destiné à rapprocher les écosystèmes français et québécois de l’innovation.

Elsa LebeyElsa Lebey
« Le véritable travail commence maintenant. » Le 3 juin 2026, Elsa Lebey présente les ambitions de la French Tech Montréal lors de la soirée marquant sa labellisation officielle. Photo LPJ
Écrit par Bertrand de Petigny
Publié le 14 juin 2026

 

 

Elsa Lebey, présidente de la French Tech Montréal

Arrivée à Montréal il y a plus de vingt ans, Elsa Lebey n’est pas issue du monde associatif ou institutionnel. Son parcours s’est construit dans les télécommunications, les technologies et les environnements internationaux où l’anglais dominait souvent les échanges professionnels.

Originaire de Bordeaux, elle a vu Montréal devenir au fil des années son port d’attache. Son mari britannique, ses enfants désormais adultes, sa carrière dans la tech : tout l’a progressivement ancrée au Québec. Pourtant, le lien avec la langue française est resté intact.

« J’ai toujours tenu à ma langue et à ma culture »

C’est aussi ce qui l’a conduite à s’investir dans plusieurs initiatives franco-québécoises avant même la création de la nouvelle French Tech Montréal. Engagement auprès de la Chambre de commerce et d’industrie française au Canada, participation à des comités liés aux start-up, implication dans l’écosystème de l’innovation : lorsque l’appel à projets pour une nouvelle labellisation a été lancé, elle faisait déjà partie des personnes mobilisées.

 

Une labellisation obtenue au terme d’un marathon

La labellisation n’avait rien d’automatique. Pour obtenir le précieux sésame délivré par la Mission French Tech du gouvernement français, il fallait démontrer l’existence d’une véritable communauté capable de porter le projet. Un collectif a donc été créé : Le Collectif tech France Québec.

Autour d’une quarantaine de bénévoles issus de l’entrepreneuriat, de l’investissement, des institutions et de l’innovation, le groupe s’est structuré à grande vitesse. Gouvernance, comités, partenariats, événements, lettres de soutien : tout devait être construit en quelques mois.

« On sentait qu’il y avait un véritable engouement de la communauté »

La nouvelle officielle est finalement tombée au printemps. Quelques semaines plus tard, la communauté célébrait sa reconnaissance lors d’une soirée réunissant plusieurs acteurs de l’écosystème franco-québécois.

 

Montréal entre officiellement dans le réseau French Tech

 

Plus qu’un réseau, un point d’entrée

Pour beaucoup, la French Tech est avant tout une marque associée aux start-up françaises. La réalité est plus large. À Montréal, l’objectif affiché est de devenir un point de rencontre entre entrepreneurs, investisseurs, talents, institutions et organisations des deux côtés de l’Atlantique.

Lorsqu’une entreprise française souhaite s’implanter au Québec, la French Tech Montréal entend l’aider à comprendre l’écosystème local, identifier les bons interlocuteurs et accélérer son intégration.

Mais l’ambition fonctionne également dans l’autre sens.

Les entreprises québécoises qui souhaitent développer des partenariats ou des activités en France peuvent elles aussi s’appuyer sur ce réseau mondial qui compte aujourd’hui des communautés dans plusieurs grandes villes internationales.

« Nous voulons bâtir des relations gagnantes entre la France et le Québec »

 

Le CA de la French Tech Montréal
Le CA de la French Tech Montréal entoure sa présidente

 

Une communauté qui dépasse Montréal

Si le nom de l’organisation évoque naturellement Montréal, sa présidente insiste sur un point : la portée recherchée est québécoise. Le conseil d’administration compte déjà des représentants établis à Québec et Shawinigan. L’objectif est d’organiser des activités en région et de faire rayonner l’innovation franco-québécoise au-delà de la métropole.

Cette volonté répond à une réalité souvent observée dans le secteur technologique : les talents et les projets innovants se trouvent aujourd’hui dans de nombreux territoires.

La French Tech Montréal veut donc éviter l’écueil du centralisme montréalais et devenir un réseau à l’échelle du Québec.

 

Une vision large de la technologie

L’un des défis de la jeune organisation consiste également à définir son terrain de jeu. Pour Elsa Lebey, la technologie ne se limite ni à l’intelligence artificielle ni au numérique.

Les technologies de la  santé, les technologies financières, le jeu vidéo, les industries créatives, les technologies propres, le quantique ou encore la transition énergétique font tous partie du même écosystème.

« Nous voulons être aussi inclusifs que possible »

Cette ouverture se reflète également dans la composition de la communauté, qui n’est pas réservée aux Français. Québécois, Franco-Québécois, immigrants francophones ou acteurs internationaux peuvent y trouver leur place dès lors qu’ils partagent un intérêt pour l’innovation et les liens économiques entre la France et le Québec.

 

Après le label, l’épreuve du terrain

Obtenir une labellisation est une chose. La faire vivre en est une autre. L’organisation fonctionne entièrement grâce à l’engagement de bénévoles qui consacrent une partie de leur temps libre à développer le projet. Des comités spécialisés ont été mis en place pour gérer les communications, les événements, les partenariats et la gouvernance.

La prochaine étape consiste désormais à faire grandir la communauté, multiplier les occasions de rencontre et démontrer concrètement sa valeur.

La délégation montréalaise sera notamment présente à VivaTech à Paris, où elle pourra rencontrer les autres communautés French Tech du réseau mondial. D’autres initiatives sont déjà prévues autour du quantique, de la transition énergétique et des secteurs émergents qui structurent aujourd’hui l’économie de l’innovation.

 

Construire des ponts dans un monde en recomposition

Au fil de l’entretien, un thème revient régulièrement : celui des connexions. Dans un contexte où les relations économiques entre la France et le Québec se renforcent et où plusieurs entreprises françaises choisissent Montréal comme porte d’entrée vers l’Amérique du Nord, la French Tech Montréal entend jouer un rôle de facilitateur.

Pour Elsa Lebey, la valeur du réseau réside moins dans le prestige d’un label que dans sa capacité à créer des rencontres utiles.

Des rencontres qui permettent de trouver un partenaire, recruter un talent, découvrir un nouveau marché ou simplement comprendre plus rapidement un environnement économique complexe.

La labellisation a offert à la communauté une reconnaissance officielle.

Reste maintenant à démontrer que derrière ce logo se trouve bien ce qu’Elsa Lebey souhaite construire depuis le début : une communauté capable de transformer des affinités franco-québécoises en projets concrets.

 

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