L’annonce était attendue depuis plusieurs mois dans une partie du milieu entrepreneurial franco-québécois. Elle est finalement tombée hier matin, depuis Paris : Montréal obtient sa labellisation French Tech pour la période 2026-2028. Derrière cette reconnaissance officielle accordée par la Mission French Tech, il y a bien sûr un label. Mais surtout une ambition : inscrire durablement Montréal dans la géographie mondiale de l’innovation francophone.


« Le moment tant attendu est enfin arrivé »
Dans le message envoyé mercredi à ses membres et partenaires, le ton choisi par l’équipe de French Tech Montréal ne ressemble pas à celui d’une simple annonce administrative.
L’information a été dévoilée à Paris par Julie Huguet, directrice de la Mission French Tech, lors d’une cérémonie organisée en présence de Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique.
À Montréal, cette labellisation vient surtout consacrer plusieurs années de structuration progressive d’un réseau mêlant entrepreneurs français installés au Québec, startups locales, investisseurs, partenaires institutionnels et acteurs de l’innovation.
Le communiqué insiste d’ailleurs fortement sur cette dimension collective. La communauté remercie les entrepreneurs, partenaires et membres ayant soutenu le dossier, participé aux événements et contribué à faire grandir l’organisation au fil des dernières années.
Plus qu’un réseau de réseautage
Ce qui transparaît aussi dans cette annonce, c’est une volonté claire de changer d’échelle. La French Tech Montréal ne veut plus être perçue uniquement comme un réseau d’événements ou un simple point de rencontre entre expatriés français du secteur technologique.
Les mots employés dans le communiqué sont révélateurs : accompagnement, impact, passage à l’échelle, rayonnement international. Autrement dit : la volonté de devenir une véritable structure d’appui pour les entreprises françaises qui souhaitent utiliser le Québec comme porte d’entrée vers le marché nord-américain.
Cette ambition apparaît dans la manière dont l’organisation décrit Montréal : un « terreau fertile » où jeunes pousses, licornes et grands groupes français viennent s’installer et se développer.
Une reconnaissance qui dépasse la seule communauté française
Cette labellisation arrive aussi à un moment particulier pour Montréal. Depuis plusieurs années, la métropole cherche à renforcer sa place dans les grands réseaux mondiaux de l’innovation, notamment autour de l’intelligence artificielle, du numérique et des technologies émergentes.
La reconnaissance accordée par la Mission French Tech vient désormais ajouter une validation institutionnelle française à cette stratégie d’attractivité. Mais derrière la dimension technologique, cette annonce raconte aussi autre chose : l’évolution des relations entre la France et le Québec.
Longtemps centrées sur les échanges culturels, universitaires ou diplomatiques, elles prennent aujourd’hui une dimension de plus en plus entrepreneuriale et économique. Montréal apparaît désormais non seulement comme un espace francophone culturel, mais aussi comme un territoire stratégique pour les entreprises françaises cherchant à se projeter en Amérique du Nord.
Une communauté qui affiche désormais ses ambitions
Dans son message, la French Tech Montréal fixe déjà le cap pour les trois prochaines années. L’organisation souhaite d’abord élargir sa communauté en fédérant davantage d’entrepreneurs français, francophiles et acteurs de l’écosystème autour d’une vision commune.
Elle veut également renforcer son impact économique en accompagnant les startups « de leur arrivée au Québec jusqu’à leur passage à l’échelle sur le marché nord-américain ». Enfin, elle ambitionne d’accroître le rayonnement international de Montréal au sein du réseau mondial French Tech.
Pour mener cette nouvelle phase, la structure s’appuie sur un conseil d’administration composé de Elsa Lebey, Philippe Nadeau, Santane Weill, Maxime Alexandre, Jérémie Nestel, Edouard Schaeffer, Eddy Dureuil, Layla Nasr et Chantal Thieblin Goffoz.
Le communiqué remercie également plusieurs partenaires ayant soutenu le processus de labellisation, notamment le Consulat général de France à Montréal, le Consulat général de France à Québec, le Service économique régional, Business France, ainsi que Fasken, Desjardins et Espace CDPQ.
Une nouvelle phase commence
Pendant plusieurs années, la French Tech Montréal a fonctionné comme une communauté en construction, portée par des entrepreneurs cherchant à créer des ponts entre la France, le Québec et l’Amérique du Nord.
French Tech Montréal : bâtir et accélérer depuis le Québec
Avec cette reconnaissance officielle, l’organisation change désormais de dimension. Elle entre dans un réseau mondial structuré, identifié et soutenu par l’État français.
Reste maintenant à voir comment cette reconnaissance se traduira concrètement sur le terrain : capacité d’attraction des startups, développement de nouveaux partenariats, implantation d’entreprises françaises ou encore place de Montréal dans les grandes dynamiques internationales liées à l’intelligence artificielle et à l’innovation.
Mais une chose apparaît déjà clairement : l’écosystème technologique franco-montréalais ne veut plus seulement exister. Il veut désormais compter.












