Dans l’architecture de la présence économique française au Canada, Alain Berder occupe une fonction stratégique. Délégué à Montréal du Chef du service économique régional d’Ottawa, il pilote, à ce titre, le Service économique pour le Québec, et coordonne la « Team France » sur ce territoire. À ce poste charnière, il veille à la cohérence d’un dispositif mobilisé au service d’une relation franco-québécoise souvent qualifiée de « relation directe et privilégiée ».


« Renforcer la relation économique bilatérale dans toutes ses dimensions industrielles, financières et commerciales » - Alain Berder
Un poste stratégique entre le Québec et Ottawa
À Montréal, Alain Berder observe, analyse et accompagne les dynamiques économiques qui structurent la relation entre la France et le Québec. Sa mission consiste à analyser la situation économique du Québec, accompagner les entreprises françaises, attirer des entreprises québécoises en France et renforcer, dans toutes ses dimensions, la relation économique bilatérale.
Comme il le résume lui-même, l’enjeu est avant tout de « renforcer la relation économique bilatérale dans toutes ses dimensions industrielles, financières et commerciales ».
Installé au Consulat général de France à Montréal depuis septembre 2025, il travaille en articulation constante avec le service économique régional de l’Ambassade de France à Ottawa. Cette organisation à trois centres — Ottawa, Montréal et Québec — suppose une coordination fine. « Il faut bien comprendre l’articulation des niveaux de décision », glisse-t-il. Derrière la fonction, il y a une mécanique quotidienne de coordination, d’arbitrage et de dialogue.
Une mécanique collective appelée “Team France”
Au Québec, Alain Berder contribue à coordonner ce que l’on appelle la Team France, le dispositif d’accompagnement des entreprises françaises à l’international. Vu de l’extérieur, l’ensemble peut sembler complexe. En réalité, il repose sur un principe simple : la complémentarité.
L’enjeu, insiste-t-il, est que « les différents acteurs travaillent ensemble et ne se fassent pas concurrence ». L’objectif reste la cohérence au service des entreprises.
L’accompagnement opérationnel relève de Business France, dont la direction Canada est basée à Montréal. L’animation du réseau d’entreprises implantées localement est portée par la Chambre de commerce et d’industrie française au Canada (CCI FC). Les Conseillers du commerce extérieur de la France (CCEF), eux, apportent une lecture directe du terrain.
Les différents acteurs se réunissent régulièrement, partagent leurs agendas et cherchent des synergies. Comme le résume Alain Berder, « pour les entreprises, l’important est de voir que ces acteurs travaillent de manière coordonnée ».

Une communauté French Tech pourrait prochainement être labellisée à Montréal. Elle viendrait compléter l’écosystème en animant la scène des start-up et des technologies de pointe, dans une logique d’échange plus que de prestation.
French Tech Montréal : bâtir et accélérer depuis le Québec
Une relation dense, presque organique
Chaque année, le Groupe franco-québécois de coopération économique illustre la densité de la relation. En décembre dernier, 27 intervenants ont participé à une réunion de trois heures dont le compte rendu fait une dizaine de pages. Derrière ces chiffres, une réalité : près de la moitié du commerce bilatéral France–Canada passe par le Québec.
Pour Alain Berder, ces réunions ne sont pas des exercices protocolaires. Elles traduisent « la volonté des deux côtés de travailler ensemble » et d’inscrire la coopération dans la durée.
Au-delà des échanges commerciaux, il intervient lors des visites ministérielles, prépare les dossiers financiers relevant de la Direction générale du Trésor et suit des filières stratégiques comme l’aéronotique, l’intelligence artificielle, l’énergie ou les mines. Autant de secteurs où diplomatie et économie se croisent.
Montréal, un choix réfléchi
Après une carrière largement tournée vers l’Asie et des responsabilités liées aux dossiers du G20 à Paris, Alain Berder a demandé Montréal. C’était, dit-il, « mon premier choix ».
Il recherchait « un poste où il y a de vrais enjeux géopolitiques et économiques, avec une relation structurée au plus haut niveau ». Le Québec offre en effet une configuration rare : un dialogue direct entre deux gouvernements, décliné dans des feuilles de route concrètes.
Les premiers mois ont été intenses. Salons sectoriels, délégations françaises, missions de coopération décentralisée : « Au début, on est très occupé », reconnaît-il. Il faut « découvrir l’écosystème, les acteurs, les dynamiques locales » et trouver rapidement sa place dans un système déjà dense.
Mais cette phase d’immersion semble correspondre à son tempérament. Son parcours international l’a habitué aux environnements complexes et aux transitions rapides.
Un homme dans la relation
Alain Berder parle volontiers de dispositif, de coordination, de cohérence. Mais derrière ces termes institutionnels, on perçoit une conviction plus personnelle : la relation France–Québec est un espace stratégique qui mérite d’être entretenu avec précision.
Lorsqu’il affirme que « ce dispositif est complet » et que « beaucoup de pays nous l’envient », il ne décrit pas une structure abstraite. Il parle d’un outil qu’il contribue à faire fonctionner chaque jour, dans les échanges, les arbitrages et les rencontres.
Montréal n’était pas un hasard dans son parcours. C’est un terrain qu’il a choisi, parce qu’il s’y joue quelque chose de singulier : une relation économique qui repose autant sur des mécanismes institutionnels solides que sur la qualité des liens humains.
Et c’est peut-être là que se situe son rôle le plus discret — maintenir ces liens, dans la durée.
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