Samedi, le 13 juin, la science quittera une nouvelle fois les amphithéâtres et les laboratoires pour aller directement à la rencontre du public montréalais. À la Place des Fleurs-de-Macadam, au pied du mont Royal, douze chercheuses et expertes monteront sur des caisses de boites de savon afin de partager leur passion avec les passants dans le cadre de La science prend l’air !, un événement organisé par le chapitre Montréalais de Soapbox Science en collaboration avec le Cœur des sciences de l’UQAM.


Pendant trois heures, entre 13 h et 16 h, les Montréalais pourront découvrir des sujets aussi variés que les microplastiques, les modèles climatiques, les insectes messagers, les mécanismes cellulaires, les technologies médicales à base de photons, l’écologie microbienne ou encore la récupération d’ammoniac dans les eaux usées.
L’objectif est simple : rendre la science accessible, vivante et proche des citoyens, loin des clichés parfois associés aux milieux scientifiques.
Une initiative qui essaime partout au Canada
Depuis sa création, à Londres, Soapbox Science a progressivement étendu son concept dans plusieurs villes canadiennes, de Vancouver à Halifax, en passant par Toronto, Ottawa, Québec et Montréal. Les premières éditions ont permis d’établir des centaines d’échanges directs entre scientifiques et citoyens.
Le principe repose sur une idée volontairement simple : sortir la science des lieux institutionnels et permettre aux chercheurs de dialoguer directement avec le public dans l’espace urbain.
Aucune connaissance scientifique n’est requise pour participer. L’événement s’adresse autant aux curieux qu’aux familles, aux étudiants ou aux simples passants attirés par une discussion inattendue sur le climat, la santé ou l’environnement.

Rendre visibles les femmes scientifiques
L’événement montréalais met également en lumière les femmes et les personnes non-binaires œuvrant dans les domaines scientifiques et technologiques. Une manière de rappeler qu’à l’échelle mondiale, les femmes ne représentent encore qu’environ 33 % de la communauté de recherche scientifique.
L’événement s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large autour de ce que les historiens des sciences appellent « l’effet Matilda », un phénomène décrivant l’invisibilisation des contributions féminines dans l’histoire scientifique. Ce concept, inspiré des travaux de la féministe et abolitionniste américaine Matilda Joslyn Gage, a été popularisé par l’historienne Margaret Rossiter.
Malgré les avancées des dernières décennies, de nombreuses scientifiques continuent encore aujourd’hui de voir leurs travaux moins reconnus ou moins médiatisés que ceux de leurs homologues masculins.
La Tour Eiffel bientôt enrichie de noms féminins
Le sujet connaît d’ailleurs un écho particulier en France. En 2027, les noms de 72 femmes scientifiques seront gravés sur la Tour Eiffel, quarante ans après la restauration du monument où seuls des noms masculins avaient été inscrits à l’origine.
Porté par la Ville de Paris, la Société d’Exploitation de la Tour Eiffel et l’association Femmes & Sciences, ce projet rendra hommage à des pionnières issues de disciplines variées : mathématiques, médecine, chimie, astronomie, informatique ou ingénierie.
Parmi elles figure notamment Marie Curie, seule personne à avoir obtenu deux prix Nobel dans deux disciplines scientifiques différentes, mais aussi des personnes moins connues comme Angélique du Coudray ou Alice Recoque.

Douze scientifiques à découvrir au cœur de Montréal
Le 13 juin, les participantes montréalaises prendront donc le relais, chacune à leur manière, pour raconter leur domaine de recherche au grand public.
Les conférences se succéderont en trois vagues successives entre 13 h et 16 h. Les visiteurs pourront notamment entendre Dominique Claveau-Mallet parler des microplastiques, Julie Mlynarek des insectes messagers, Kadidia Selly N’Diaye de la bactérie rosée, Joan Laur du pouvoir végétal ou encore Anna Bisičo de la récupération d’ammoniac dans les eaux usées.
Au-delà des thèmes scientifiques, l’événement veut surtout montrer qu’il existe de multiples façons de raconter la science : avec simplicité, humour, pédagogie et contact humain.
Pendant quelques heures, la Place des Fleurs-de-Macadam deviendra ainsi un véritable laboratoire à ciel ouvert où la curiosité prendra le dessus sur l’intimidation scientifique.
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