Réunis dans les locaux de la Caisse Desjardins des Technologies, entrepreneurs, investisseurs, représentants institutionnels et acteurs de l'innovation ont célébré le 3 juin la labellisation officielle de la French Tech Montréal pour la période 2026-2028. Cette reconnaissance inscrit désormais Montréal au sein du réseau mondial de la French Tech et ouvre une nouvelle étape dans les relations économiques et technologiques entre la France et le Québec.


« La French Tech, c'est bien plus qu'un label. C'est une marque reconnue. C'est aussi un état d'esprit » - Marie Lapierre
L'annonce avait été faite officiellement le 6 mai dernier depuis Paris. Un mois plus tard, la communauté technologique franco-québécoise se retrouvait à Montréal pour marquer cet événement qui constitue une étape importante pour l'écosystème d'innovation local.
Devant une salle comble réunissant plus de 200 personnes, les responsables de la French Tech Montréal ont tenu à rappeler que cette labellisation est avant tout le résultat d'un effort collectif. Plus d'une vingtaine d'organisations ont soutenu la candidature montréalaise et plus de 25 lettres d'appui ont été déposées au cours du processus.
« Ce n'est pas simplement une reconnaissance que nous célébrons aujourd'hui », a souligné Elsa Lebey, présidente de la French Tech Montréal. « Ce que nous célébrons avant tout, c'est l'incroyable mobilisation de toute la communauté. »
Cette reconnaissance permet à Montréal d'intégrer officiellement le réseau mondial de la French Tech, qui regroupe aujourd'hui 19 capitales French Tech, 28 communautés labellisées en France et 78 communautés internationales réparties dans 57 pays.

Faire de Montréal un carrefour technologique francophone
Pour les responsables de la French Tech Montréal, la labellisation ne constitue pas une fin en soi mais plutôt un point de départ.
L'ambition affichée est claire : renforcer les passerelles entre les écosystèmes français et québécois, accompagner les entreprises dans leur développement international et positionner Montréal comme l'un des grands carrefours technologiques francophones d'Amérique du Nord.
Les dirigeants de la communauté ont également insisté sur leur volonté de dépasser le cadre montréalais pour développer un véritable réseau à l'échelle du Québec, en multipliant les collaborations avec des acteurs présents notamment à Québec, Shawinigan, en Estrie ou dans les Laurentides.
« Ce qui nous unit, ce n'est pas une nationalité, c'est une ambition commune », a résumé Elsa Lebey en invitant entrepreneurs, investisseurs et partenaires à rejoindre la démarche.

La France mise sur Montréal pour son rayonnement technologique
Présente lors de la soirée, Marie Lapierre, consule générale de France à Montréal, a replacé cette labellisation dans un contexte plus large de diplomatie économique.
Pour elle, la French Tech représente aujourd'hui bien davantage qu'un simple réseau entrepreneurial.
« La French Tech, c'est bien plus qu'un label. C'est une marque reconnue. C'est aussi un état d'esprit », a-t-elle déclaré devant les participants.
La diplomate a rappelé que le réseau mondial repose sur plus de 1 100 bénévoles à travers le monde et constitue désormais un véritable outil de rayonnement économique pour la France. Elle a également souligné la vigueur actuelle de l'écosystème technologique français, qui compte près de 20 000 start-up, plus de 1 000 entreprises spécialisées en intelligence artificielle et 37 licornes. En 2025, les jeunes entreprises françaises ont levé 7,4 milliards d'euros, maintenant la France à la première place européenne dans ce domaine.
Le Québec veut renforcer son partenariat avec la France
Invité à prendre la parole, Luc Sirois, innovateur en chef du Québec et directeur général du Conseil de l'innovation du Québec, a lui aussi insisté sur l'importance stratégique des liens franco-québécois.
S'adressant directement aux entrepreneurs et dirigeants français présents dans la salle, il a souligné leur contribution à l'économie québécoise.
« Vous n'êtes pas juste des Français. Vous êtes des piliers de l'économie québécoise »
Au nom du gouvernement du Québec, Luc Sirois a rappelé que les relations économiques entre la France et le Québec s'appuient sur plus de soixante années de coopération institutionnelle et sur plus de 135 ententes bilatérales couvrant des domaines aussi variés que l'économie, la recherche, l'éducation, l'environnement ou encore les technologies.
Il a également évoqué le renouvellement récent du partenariat entre Business France et Investissement Québec International, présenté comme un nouvel outil destiné à renforcer les collaborations entre les deux territoires.
Des entreprises qui incarnent déjà ce pont transatlantique
La soirée a également permis à plusieurs dirigeants d'entreprises françaises implantées au Québec de témoigner de leur expérience.
Kevin Samson, représentant de Mistral AI au Canada, a rappelé que le groupe spécialisé en intelligence artificielle venait tout juste d'annoncer son implantation canadienne. Pour lui, la force de la French Tech repose avant tout sur sa capacité à créer des connexions et à faire émerger de nouvelles opportunités d'affaires.
Youssoupha Diop, directeur général Amérique du Nord du secteur aéronautique chez Sopra Steria, a pour sa part insisté sur le rôle de Montréal comme pôle mondial d'innovation dans les domaines de l'intelligence artificielle et de l'aéronautique.
Enfin, Arnaud Thioulouse, directeur général de Flying Whales, a présenté l'exemple concret de son entreprise, engagée depuis plusieurs années dans le développement d'un programme de dirigeables de transport lourd associant partenaires français et québécois. Selon lui, Montréal constitue aujourd'hui l'un des environnements les plus favorables au développement des technologies aéronautiques de demain.

Une communauté appelée à grandir
Au-delà des discours officiels, cette soirée aura surtout illustré la vitalité d'un réseau qui existe déjà bien au-delà de sa reconnaissance institutionnelle.
La French Tech Montréal ne part pas de zéro. Depuis plusieurs années, des entrepreneurs, investisseurs, incubateurs, grandes entreprises, institutions publiques et organismes de soutien multiplient les échanges entre les deux rives de l'Atlantique.
La labellisation obtenue pour la période 2026-2028 vient désormais donner un cadre, une visibilité et une légitimité supplémentaire à cette dynamique.
Reste maintenant à transformer cette reconnaissance en projets concrets, en partenariats durables et en nouvelles réussites entrepreneuriales. À en juger par l'affluence de cette première soirée officielle, l'écosystème semble déjà prêt à relever le défi.
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