Après un projet pilote mené en novembre 2025, le Festival international de cinéma Vues d’Afrique engage en 2026 un nouveau cycle de rencontres mensuelles. Une initiative pensée pour inscrire durablement le festival dans la vie culturelle montréalaise, au-delà de son rendez-vous annuel.


“Un rendez-vous mensuel pour prolonger l’esprit du festival” - Kashimoto Mpinga, président de Vues d’Afrique
Avec plus de quarante ans d’existence, Vues d’Afrique continue de se réinventer. En 2026, le festival franchit une nouvelle étape en lançant officiellement une série de rencontres mensuelles, destinées à maintenir un lien régulier avec le public tout au long de l’année.
Testée une première fois à l’automne 2025 lors d’un rendez-vous pilote, la formule a trouvé son public. Elle repose sur une idée simple : proposer, une fois par mois, un film soigneusement choisi, suivi d’un temps d’échange et d’un moment partagé autour d’un repas. Une manière de redonner au cinéma sa dimension collective, propice à la discussion et à la réflexion.
La première rencontre de ce cycle 2026 s’est tenue dans un lieu singulier : une salle vitrée surplombant le marché Jean-Talon. Un espace ouvert sur la vie, où la projection dialogue avec le quotidien des étals, loin du cadre fermé des salles traditionnelles.
Des prises de parole pour ouvrir la soirée
En ouverture de la soirée, M. Kashimoto Mpinga, président de Vues d’Afrique, M. Gérard Le Chêne, fondateur du festival, ainsi que M. Bousmaha Seddiki, commissaire du Rallye Expos, ont pris la parole. Tous trois ont rappelé l’importance de ces nouveaux rendez-vous mensuels dans la trajectoire du festival : une façon d’ancrer Vues d’Afrique dans une temporalité plus continue, en phase avec les attentes d’un public en quête de proximité et d’échanges.
Ces interventions ont permis de situer cette initiative dans l’histoire longue du festival, né il y a 42 ans, à une époque où le Québec affirmait de grandes ambitions culturelles, et qui choisit aujourd’hui la réinvention plutôt que la simple répétition.

Un film-hommage au cœur de la soirée
La projection occupait une place centrale dans cette première rencontre mensuelle. Intitulé Il ne leur manque que la parole, le documentaire rend hommage à Jane Goodall, anthropologue, pionnière de la préservation de la nature et Messagère de la Paix de l’UNESCO, récemment disparue.
Le film explore avec finesse la communication entre humains et animaux, tout en retraçant la naissance de la médecine vétérinaire comportementaliste et de l’éthologie, discipline consacrée à l’étude des animaux dans leur milieu. Il met notamment en lumière le travail du neuropsychiatre et comportementaliste français Boris Cyrulnik, figure majeure et cofondateur de cette approche, tout en revenant sur l’œuvre scientifique et humaniste de Jane Goodall auprès des chimpanzés de Tanzanie.
Le documentaire évoque également le destin tragique de Diane Fossey au Rwanda, rappelant combien ces engagements pionniers, au croisement de la science, de l’éthique et de l’écologie, ont parfois eu un coût humain considérable.
Loin d’un simple regard rétrospectif, le film a servi de point de départ à une discussion nourrie sur notre rapport au vivant, sur l’évolution récente du droit animal au Québec et sur les contradictions qui subsistent entre les avancées législatives et certaines réglementations encore en vigueur.

Un cadre propice à la rencontre
Installée au-dessus du marché Jean-Talon, la salle offre un environnement volontairement atypique. Ni tout à fait dehors, ni totalement coupée de la ville, elle instaure une relation directe avec l’espace environnant, où la projection s’inscrit dans un cadre vivant et ouvert. Ce décalage crée une atmosphère détendue, naturellement propice à l’échange.
La convivialité s’est prolongée autour d’un buffet partagé — couscous, légumes mijotés, petits sandwiches, pâtisseries — renforçant cette impression de ciné-club à taille humaine, où la discussion se poursuit naturellement après la projection.
Le coup d’envoi du Rallye Expos 2026
La soirée a également marqué le lancement officiel du Rallye Expos 2026, qui se déploiera du 1er février au 30 juin. Inscrit de longue date dans l’écosystème de Vues d’Afrique, ce dispositif invite le public à parcourir la ville à la découverte d’une quinzaine d’expositions, réparties dans plusieurs lieux culturels montréalais.
Accessible gratuitement, le Passeport Rallye Expos permet de circuler librement entre ces espaces et d’explorer une programmation riche et plurielle — arts visuels, photographie, numérique — tout en favorisant la rencontre avec les artistes et les institutions partenaires. Par son principe même, le Rallye Expos prolonge l’esprit du festival au-delà de l’écran, en inscrivant l’expérience culturelle dans le temps et dans le territoire.
Une initiative à faire grandir
Avec le lancement officiel de ces rencontres mensuelles en 2026, Vues d’Afrique affirme sa volonté de rester présent, actif et accessible tout au long de l’année. Plus qu’un simple prolongement du festival, ces rendez-vous dessinent un espace rare de dialogue, de réflexion et de convivialité.
Des moments précieux, à taille humaine, où le cinéma devient un point de départ pour penser le monde ensemble — et qu’il faudra désormais inscrire dans la durée.
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