Samedi 25 septembre 2021
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« Fais-tu Frette ? » : Un podcast pour tout savoir du Québec

Par Adèle Hourdin | Publié le 10/06/2021 à 17:45 | Mis à jour le 13/06/2021 à 16:47
Visuel du podcast Fais-tu frette

Avec son podcast « Fais-tu Frette », Jean-Michel Lhomme propose de découvrir un peu mieux le Québec. Chaque épisode est une plongée dans un aspect de cette province du Canada, raconté par ceux qui la vivent au quotidien.

 

Fraichement arrivé à Montréal avec sa femme et ses trois enfants à l’été dernier, Jean-Michel Lhomme, a voulu tout savoir sur le Québec… et partager ses découvertes. Dans son « balado » « Fais-tu frette ? », traduisez par « son podcast « Quel temps fait-il ? » », il interroge les Québécois sur tout ce qui les caractérise : leur pays, leurs traditions, leur histoire, leur éducation, leur langue…


lepetitjournal.com s’est entretenu avec Jean-Michel Lhomme pour tout comprendre de sa passion pour le Québec et le podcast.

 

Portrait de Jean-Michel Lhomme, auteur du podcast Fais-tu Frette
Jean Michel Lhomme

 

 

Pourquoi vous êtes-vous expatrié ?

C'était une aspiration de longue date menée par cette curiosité de faire des rencontres et découvrir des modes de culture et de pensée différents. J'ai toujours été intimement convaincu que la différence était une force, et qu'il fallait l'embrasser et la cultiver. Mais l’occasion ne s’était jamais présentée. En 2021, Covid mis à part, il y a eu un alignement des planètes entre ma vie professionnelle et ma vie familiale. Une expatriation convenait aux aspirations et aux besoins de toute la famille. C’était le bon moment pour se lancer dans l’aventure.

 

Ici, personne ne rajoute de la complexité pour faire de la complexité

 

Pourquoi avoir choisi le Québec ?

Nous avons découvert la province lors d’un voyage. Le Québec nous avait plu mais ce qui a été notre vrai coup de coeur ce sont les Québécois. C’est pour la population que nous sommes venus, pour leur gentillesse, leur bienveillance, leur simplicité. Ici, personne ne rajoute de la complexité pour faire de la complexité. Les rapports entre les gens sont simples et c’est agréable de retrouver une prédominance des rapports humains sur tout le reste.

Nous avons aussi choisi le Québec pour la facilité que représente la langue commune. C’est assez rassurant de pouvoir communiquer tout de suite avec les habitants. Le bilinguisme présent au Québec présente aussi l’avantage de pouvoir tous nous améliorer, notamment les enfants, dans la pratique de l’anglais.

 

 

Vivre le Québec, même par procuration en temps de Covid

 

Pourquoi avez-vous lancé le podcast Fais-tu Frette ?
J’ai lancé ce podcast pour nourrir ma curiosité. Depuis la France, nous avons l’impression de connaitre beaucoup de choses sur le Québec puisque c’est une province dont il est souvent fait mention. Mais une fois sur place, nous nous rendons compte que c’est un pays beaucoup plus riche et complexe que ce qui est imaginé.

J’ai choisi le balado puisque je suis passionné de radio et d’audio depuis des années. Je peux ainsi allier ma passion, ce qui est mon métier aujourd’hui, et par le même temps rencontrer du monde. Vivre le Québec, même par procuration en temps de Covid.

 

Au Québec, je retrouve le sentiment que la seule valeur au dessus de toutes les autres est l’humain

 

Quelle est la différence entre vie en France et au Québec ? 

Il faut relativiser car je suis arrivé dans un contexte très particulier. Ma véritable aventure québécoise n’a pas réellement débuté. Je l’imagine faite de voyages, de rencontres, soit tout ce qui est interdit depuis que nous sommes arrivés au mois de juillet 2020.

Ce que je retiendrai pour l’instant c’est un climat reposé, une forme de calme et de zénitude. Les Québécois ont exactement les mêmes sujets et débats qu’en France mais ils ne prennent jamais la même tournure interminable. En France, quel que soit le sujet, il est considéré comme vital. Il y a une perte d’échelle de valeur. Au Québec, je retrouve le sentiment que la seule valeur au dessus de toutes les autres est l’humain. C’est vraiment chouette.

 

La ville de Montréal au Québec
Vue de Montréal
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Vous demandez souvent à vos invités si les Québécois sont les cousins des Français. Quel est votre avis sur la question ? 
Les Québécois sont fondamentalement des Nord-Américains. Si nous devions parler de cousins ce serait d’abord des cousins américains. Le mode de vie, de consommation, de pensée est américain. Par contre, le français nous rapproche d’eux. Il faut se rendre compte qu’ici, le français est un combat. Les Québécois sont 8 millions de francophones, totalement isolés au milieu de 360 millions d’anglophones. C’est un combat complètement déséquilibré donc les Québécois viennent chercher du soutien de l’autre côté de l’Atlantique principalement en France, mais aussi en Belgique. Donc nous sommes cousins, mais pas des cousins germains.

 

On dit souvent qu’il est horriblement compliqué de passer le pas de leur porte

 

Les soeurs Lumineau mentionnent la métaphore de l’avocat dans votre premier podcast, qu’est-ce que cela signifie des relations sociales qu’entretiennent les Québécois ?

Le Français est comme une noix de coco. Sa coquille est dure, mais il est tendre à l’intérieur. Soit : le Français se méfie et est froid et distant au premier abord. Il met plus de temps à rentrer en contact avec l’autre, mais une fois que la glace est brisée, il offre une amitié fidèle.

Le Québécois est tel un avocat. Il parait tendre à l’extérieur mais son noyau est dur. Le Québécois ouvre grand les bras, mais ne les referme pas si facilement pour engager et maintenir une relation.


C’est vrai que le premier contact avec les Québécois est extrêmement facile. Un Québécois qui ne vous connaît pas, part immédiatement du principe que vous êtes quelqu’un de bien, de fréquentable, de respectable et digne de confiance. Ce sont eux qui viennent à vous, tout se fait extrêmement facilement. Le tutoiement arrive à une vitesse phénoménale. En revanche, une fois que la partie tendre a été attaquée, arrive le noyau. Entrer dans la sphère intime est très compliqué. En France c’est le contraire, nous ne nous laissons pas apprivoiser facilement mais toute personne qui passe cette première barrière est immédiatement invité dans notre sphère intime. On dit souvent qu’il est horriblement compliqué de passer le pas de leur porte.

 

Bus à Montréal en hiver sous la neige
Montréal en hiver

 

Vous avez nommé votre podcast « Fais-tu frette », « quel temps fait-il ? » en Québécois. Qu'avez-vous pensé de la météo au Québec ?

Il parait que j'ai eu beaucoup de chance parce que l'hiver a été relativement doux. Il y a beaucoup de neige mais les Québécois sont bien organisés et il n’y a pas de panique à chaque tombée de neige. En revanche, il faut aimer pelleter de la neige.

Toute la famille a apprécié l’hiver à partir du moment où nous avons décidé de ne pas le subir. Je suis en bordure de Montréal et en 20 minutes je suis sur les pistes de ski, ça change le quotidien.
C’est aussi agréable de redécouvrir quatre vraies saisons. Pour tous ceux qui n’ont pas la chance d’avoir découvert le Québec, je les enjoins à venir voir à quoi ressemble l’automne ici. C’est d’une beauté…

 

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adele hourdin

Adèle Hourdin

Adèle a rejoint l’équipe de la rédaction internationale en janvier. Elle est diplômée d'un master de journalisme et a vécu deux ans au Sénégal pendant son enfance.
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