Le gouvernement canadien a ouvert les demandes de financement du programme Emplois d’été Canada 2027. Les organismes sans but lucratif, les petites entreprises et les employeurs publics peuvent bénéficier de subventions salariales pour recruter des jeunes durant l’été prochain. Mais de nouvelles conditions d’admissibilité et plusieurs priorités sectorielles méritent l’attention des candidats.


Une aide pouvant couvrir la totalité du salaire minimum
Pour les organismes communautaires, les associations et les petites entreprises du Québec, le programme Emplois d’été Canada (EEC) constitue une occasion de renforcer leurs équipes tout en offrant à des jeunes une expérience professionnelle.
Les organismes sans but lucratif peuvent obtenir une contribution couvrant jusqu’à 100 % du salaire minimum provincial applicable, ainsi que les charges sociales obligatoires admissibles de l’employeur.
Pour les entreprises privées et les employeurs publics, la contribution fédérale peut atteindre 50 % du salaire minimum.
Depuis 2019, le programme a permis de soutenir plus de 600 000 possibilités d’emploi pour les jeunes à travers le Canada.
Intelligence artificielle, environnement et construction : les priorités de 2027
Chaque année, Ottawa définit des secteurs prioritaires pour orienter l’attribution des financements.
En 2027, quatre domaines sont particulièrement ciblés : la construction, les activités liées à l’environnement et au climat, le développement des compétences numériques et la découverte de l’intelligence artificielle.
Une priorité est également accordée aux organismes sans but lucratif qui soutiennent les communautés mal desservies et les groupes en quête d’équité.
Pour les associations francophones, les médias communautaires ou les organismes culturels, cette orientation ouvre des perspectives intéressantes. Des projets de production numérique, de valorisation de contenus ou d’initiation aux technologies de l’IA pourraient notamment s’inscrire dans les priorités du programme, sous réserve de satisfaire aux critères d’évaluation.
Ces priorités ne constituent toutefois pas une liste exclusive : des projets relevant d’autres secteurs peuvent également être admissibles.
Une nouvelle condition : deux années d’activité minimum
C’est l’une des principales nouveautés de l’édition 2027.
Les organisations candidates doivent désormais avoir été en activité pendant au moins deux ans au 31 décembre 2026 et posséder un numéro d’entreprise valide de l’Agence du revenu du Canada (ARC).
Une exemption est toutefois prévue pour certaines organisations plus récentes ayant respecté les conditions de leur entente Emplois d’été Canada 2026 et obtenu un remboursement pour au moins un poste financé cette année-là.
Les employeurs doivent également disposer d’un compte de retenues sur la paie auprès de l’ARC avant l’embauche.
Pour les entreprises privées, le plafond est fixé à 50 employés à temps plein au Canada, un emploi à temps plein correspondant ici à 30 heures de travail ou plus par semaine.
Attention : tous les jeunes de 15 à 30 ans ne sont pas admissibles
Le programme s’adresse aux jeunes âgés de 15 à 30 ans au début de leur emploi.
Ils doivent être citoyens canadiens, résidents permanents ou avoir obtenu le statut de réfugié au Canada, être autorisés à travailler et posséder un numéro d’assurance sociale valide.
Une précision importante pour les jeunes expatriés : les étudiants internationaux titulaires d’un permis d’études ne sont pas admissibles à ce programme.
Les postes doivent représenter entre 30 et 40 heures de travail par semaine, pendant 6 à 16 semaines consécutives, entre le 19 avril et le 28 août 2027.
Les activités doivent se dérouler au Canada, y compris en cas de télétravail. Des aménagements peuvent être autorisés dans certaines circonstances exceptionnelles, notamment pour les jeunes en situation de handicap.
Un accompagnement des jeunes qui compte dans la sélection
Au-delà des secteurs prioritaires, la qualité de l’encadrement proposé aux jeunes constitue un critère déterminant dans l’attribution des subventions.
Les dossiers admissibles sont évalués sur 100 points : 30 pour la qualité de l’expérience professionnelle, 40 pour le développement des compétences et 30 pour la contribution aux priorités nationales et locales, notamment l’accès à l’emploi des jeunes rencontrant des obstacles particuliers.
Un employeur proposant un salaire supérieur au minimum légal, un véritable accompagnement professionnel et des possibilités de formation pourra ainsi améliorer son dossier. Le maintien éventuel du jeune dans l’organisation après l’été est également valorisé.
Les employeurs ont jusqu’au 3 décembre pour déposer leur dossier
Les demandes doivent être déposées au plus tard le 3 décembre 2026, à 23 h 59, heure du Pacifique, soit le 4 décembre à 2 h 59 au Québec et en Ontario.
Le dépôt peut s’effectuer par l’intermédiaire des Services en ligne des subventions et contributions du gouvernement fédéral. Des séances d’information virtuelles sont également proposées pour accompagner les organisations dans leurs démarches.
Service Canada commencera à communiquer les décisions à partir d’avril 2027. Les emplois financés seront ensuite affichés sur le site et l’application Guichet-Emplois, afin de faciliter les candidatures des jeunes.
Le gouvernement prévient cependant que les fonds disponibles ne permettront pas nécessairement de financer tous les projets admissibles. Même les organisations retenues pourraient recevoir une contribution inférieure au montant demandé.
Pour les organismes communautaires et les PME francophones, l’enjeu dépasse ainsi la seule réduction des coûts salariaux : il s’agit aussi de transmettre des compétences, de favoriser l’intégration professionnelle des jeunes et de préparer la relève dans des secteurs en pleine transformation.
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