Une chanson que l'on croyait connaître, des images jamais dévoilées, un roman qui continue de déranger soixante ans après sa publication… Cet automne, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) ouvre ses collections pour raconter autrement quelques grandes pages de l'histoire culturelle québécoise. À Montréal comme à Trois-Rivières, la mémoire se découvre aussi au présent.


La Poune et Pauline Julien, deux voix qui traversent les générations
Il est des artistes dont le nom appartient à la mémoire collective, mais dont le parcours reste parfois méconnu. Rose Ouellette, surnommée La Poune, en fait partie. Figure emblématique du théâtre populaire et des cabarets québécois, elle a traversé presque tout le XXe siècle, des années 1920 aux années 1990.
BAnQ lui consacre une vidéo réunissant des archives inédites. L'occasion de retrouver une artiste qui a accompagné plusieurs générations de Québécois, mais aussi de découvrir une époque où les cabarets occupaient une place essentielle dans la vie culturelle.
Autre figure incontournable, Pauline Julien revient également à l'honneur. Alors que la chanteuse retrouve le grand écran, BAnQ propose de revisiter l'histoire de L'âme à la tendresse, l'une de ses chansons les plus marquantes.
C'est son fils, Nicolas Galipeau, qui raconte les circonstances entourant cette œuvre et évoque le parcours de celle que l'on surnommait la « pasionaria du Québec ». Une manière intime d'approcher une artiste dont la voix reste associée à l'affirmation culturelle et identitaire québécoise.
À l'automne 1966 paraissait L'avalée des avalés, premier roman de Réjean Ducharme. L'œuvre bousculait les conventions littéraires et imposait une voix singulière dans le paysage québécois.
Soixante ans plus tard, pourquoi ce roman continue-t-il de fasciner ?
C'est la question que pose BAnQ dans un article consacré à ce classique. Une invitation à redécouvrir une littérature qui ne se contente pas de témoigner de son époque, mais continue de questionner les lecteurs contemporains.
Cette démarche rappelle aussi que les archives ne sont pas seulement faites pour conserver le passé. Elles permettent de comprendre comment certaines œuvres deviennent des références communes et pourquoi d'autres méritent d'être redécouvertes.
Des collections à découvrir, de Montréal à Trois-Rivières
Cette exploration du patrimoine québécois se poursuit au-delà des écrans.
À Trois-Rivières, l'exposition Nos géants, présentée aux Archives nationales jusqu'au 16 mai 2027, rend hommage à plusieurs personnalités ayant contribué au rayonnement de la langue française. Camille Laurin, Gabrielle Roy et Gaston Miron figurent parmi les grandes figures mises à l'honneur à travers des documents issus des collections de BAnQ.
À Montréal, la Grande Bibliothèque accueillera le 18 octobre, de 14 h à 16 h 30, une rencontre consacrée à une question aussi simple que stimulante : que devrait contenir notre bibliothèque idéale aujourd'hui ?
Animée par la journaliste Sophie Fouron dans le cadre de la Semaine des bibliothèques publiques, cette causerie invitera à réfléchir aux livres qui marquent notre époque, à ceux que nous empruntons et à ceux que nous souhaitons transmettre. Pour plus d’information et réserver votre place.
Le 22 octobre, de 18 h à 19 h 30, c'est un tout autre voyage qui sera proposé à la Bibliothèque nationale, sur son site de Rosemont : une balade dans l'histoire du vélo au Québec à travers les collections patrimoniales. Pour réserver.
Autant de propositions qui montrent la diversité des portes d'entrée possibles dans les archives, qu'il s'agisse de littérature, de chanson, de vie quotidienne ou de patrimoine collectif.
En faisant dialoguer documents historiques et curiosités contemporaines, BAnQ rappelle finalement que le patrimoine n'est pas un ensemble figé. Il continue de vivre à travers celles et ceux qui prennent le temps de le découvrir, de l'interroger et de le transmettre.














