Alors que les tensions géopolitiques rappellent l’urgence de repenser et diversifier les alliances économiques, la 6e édition du Gala de la CCI française au Canada s’est tenue à Montréal, sous le haut patronage de l’Ambassadeur de France au Canada, son excellence Michel Miraillet.


Une invitée d’honneur engagée pour l’avenir
C’est dans une atmosphère feutrée mais résolument tournée vers l’action que la ministre des Ressources naturelles et des Forêts du Québec, Maïté Blanchette Vézina, a ouvert la soirée en tant qu’invitée d’honneur. Son allocution a porté sur les enjeux géostratégiques de la transition énergétique et sur le rôle que le Québec entend jouer dans cette dynamique mondiale.

« Le Québec est riche en métaux rares essentiels à la fabrication de batteries, d’éoliennes, de panneaux solaires. Cette richesse, nous voulons l’exploiter de manière responsable, durable, et avec des partenaires de confiance comme la France », a-t-elle affirmé avec conviction. Une déclaration forte qui positionne le Québec comme acteur-clé dans la relance industrielle verte des économies occidentales.

L’Europe comme levier stratégique pour le Canada
Dans une prise de parole lucide et structurée, Michel Miraillet, ambassadeur de France au Canada, a rappelé l’urgence de bâtir de nouvelles alliances économiques à la hauteur des défis globaux. « Nous devons repenser nos alliances non pas par réflexe défensif, mais par ambition partagée », a-t-il déclaré.
Soulignant les convergences naturelles entre la France et le Canada — stabilité politique, expertise, valeurs démocratiques — il a énuméré cinq secteurs d’avenir identifiés comme prioritaires : les minéraux critiques, l’intelligence artificielle, la défense, l’énergie propre et les transports durables. « Il ne s’agit pas seulement de gérer l’incertitude, mais de transformer la crise en opportunité, en jetant les bases d’un axe transatlantique durable et équilibré. »

« Osons penser l’Europe autrement » - Francis Repka
Le président de la CCI française au Canada, Francis Repka, a ensuite pris la parole pour livrer un message aussi stratégique que volontaire. Constatant la dépendance commerciale du Canada envers les États-Unis (75 % des échanges), il a invité les entreprises à rééquilibrer leurs relations extérieures.
« L’Europe se réveille, et le Canada doit saisir cette chance de bâtir une relation durable avec elle. Ce n’est pas un réflexe opportuniste, c’est un choix stratégique », a-t-il affirmé. Selon lui, la complémentarité entre les ressources canadiennes et les besoins industriels européens peut devenir le moteur d’une nouvelle coopération dans les domaines clés : énergie, défense, infrastructures, technologies propres.
« Je forme le vœu que le Canada et la France deviennent des pays connecteurs. Qui mieux que la France et le Québec pour ouvrir ce chemin ? » - Francis Repka

Une ouverture sous le signe de la reconnaissance
Christelle Rousseau, directrice générale de la CCI française au Canada, a poursuivi avec un discours de gratitude. « Remercier, ce n’est pas qu’un mot poli, c’est un acte fondateur. Cette soirée, c’est pour celles et ceux qui s’engagent, qui entreprennent et qui créent des ponts », a-t-elle lancé avec émotion.
Elle a remercié son équipe pour l’organisation impeccable de la soirée, les membres du jury, ainsi que l'ensemble des partenaires dont le soutien a permis de faire de cet événement un moment d’exception.
Luc Sirois donne le ton avec un mot : Ensemble
Avant la remise du tout premier prix, Luc Sirois, Innovateur en chef du Québec, a invité la salle à se lever autour d’un mot fort : ensemble. « Quand on veut innover, il faut le faire ensemble », a-t-il lancé. Ce mot, repris en chœur par les 500 invités, est devenu le fil conducteur de la soirée.

Sept prix…
Le cœur de la soirée a été rythmé par la remise de sept prix d’excellence, dévoilés dans l’ordre suivant :
Start-up : Quiz Room
PME : Waga Energy
Grand groupe : OVHcloud
Réussite canadienne en France : Distech Controls
Collaboration franco-canadienne : Innergex
Impact positif : Open Airlines
Entreprise française à l’étranger : CIVISION
Et un prix hommage chargé d’émotion
Un prix hommage a été créé cette année à la mémoire de William D. Hart, avocat montréalais disparu en juin 2024 et figure emblématique des relations France–Québec. M. Hart a présidé, avec talent et engagement, la Chambre de commerce et d’industrie française au Canada.

Ce premier Prix William D. Hart a été remis par son épouse, Catherine Poupeney Hart, dans un moment particulièrement émouvant de la soirée. Il a été attribué à Cuisine collective Hochelaga-Maisonneuve, en reconnaissance de son action exemplaire en matière de solidarité, d’inclusion et d’impact social.
« Bill a marqué nos vies professionnelles, mais aussi humaines. Ce prix lui ressemble » - Catherine Poupeney Hart
Une animation élégante, une organisation sans faille
La soirée a été animée avec justesse et rythme par Philippe Renault, journaliste, qui a su faire vivre chaque moment avec légèreté et professionnalisme. Les transitions ont été fluides, les remises de prix bien rythmées, et les moments de silence toujours à propos.
L’ensemble des participants a souligné la qualité de l’organisation, portée par l’équipe de la CCI, qui a assuré un déroulement sans accrocs, dans une ambiance à la fois festive, chaleureuse et inspirante.

Une communauté d’affaires vibrante
Près de 500 convives ont participé à la soirée, représentant des secteurs aussi variés que la technologie, l’énergie, la finance, le transport, ou l’environnement. Après un cocktail d’accueil convivial, les invités ont pris place autour des tables du dîner de gala, ponctué de discours, de remises de prix et de moments de réseautage entre les services. La soirée s’est conclue sur une note festive, avec musique, dessert et piste de danse.
« Ce type de soirée, c’est là où tout commence : les idées, les alliances, les projets », confiait un entrepreneur français bien implanté à Montréal.
Le Gala comme boussole de transformation
Le Gala 2025 aura été plus qu’un simple événement de reconnaissance. Il aura été une déclaration d’intention : celle de faire de la relation France–Québec–Canada un levier de transformation pour les décennies à venir.
Entre ressources naturelles, intelligence collective et responsabilité partagée, un futur commun est en train de s’écrire.
Et si Montréal, ce soir-là, en avait posé les premiers mots ?
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