En déplacement à Ottawa et à Montréal les 28 et 29 octobre 2026, Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité, entend renforcer la coopération économique franco-canadienne, notamment dans le domaine de l'énergie. Lors d'un point presse organisé jeudi au Consulat général de France à Montréal, il a détaillé la stratégie française pour diversifier ses approvisionnements et réduire sa dépendance à certains marchés internationaux.


Réduire la dépendance énergétique de la France vis-à-vis des pays du Golfe
Ce jeudi 29 octobre, les forces armées iraniennes ont affirmé que quatre pétroliers avaient heurté des mines dans le détroit d'Ormuz. Depuis février 2026, la crise dans ce détroit provoque une flambée des prix de l'énergie et des hydrocarbures en France. Selon l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), le litre de gazole est passé de 1,65 euro en janvier 2026 à 2,34 euros en septembre.
« L'objectif est de retrouver un prix “habituel” pour le ménage français », déclare Nicolas Forissier. Placé sous l'autorité du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, ce déplacement s'inscrit dans une mission confiée par le Premier ministre, Sébastien Lecornu.
« Le travail qui m'est confié, c'est simplement d'essayer de diversifier l'approvisionnement français à moyen et long terme », explique le ministre délégué, qui juge important de trouver « d'autres sécurisations d'approvisionnement » en hydrocarbures.
Au Canada, Nicolas Forissier a prévu de rencontrer plusieurs groupes pétroliers et énergétiques, notamment Suncor, Valero, North Atlantic et Irving Oil. Il s'est également entretenu à Ottawa avec Corey Hogan, secrétaire parlementaire du ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles.
Ces rencontres visent à approfondir les relations bilatérales entre les deux pays et à examiner les capacités d'approvisionnement, les perspectives de coopération et les enjeux logistiques.
« Il faut que nous construisions des partenariats gagnant-gagnant »
Sécuriser les chaînes d'approvisionnement en métaux critiques
Le ministre délégué souhaite aussi garantir la sécurité d'approvisionnement de la France en minéraux critiques. Selon le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), la Chine concentre 44 % des réserves mondiales de terres rares, 68 % de l'extraction et près de 90 % du raffinage.
Face à cette domination, Nicolas Forissier affirme : « On ne va pas rester dans cette dépendance. » Il entend multiplier les partenariats, notamment avec le Canada, dont les réserves d'oxydes de terres rares étaient estimées à plus de 15,2 millions de tonnes en 2024, d'après le gouvernement canadien.
Ces minéraux sont essentiels à une économie durable et numérique. Ils sont utilisés dans la fabrication des appareils électroniques, des centres de données ou encore des panneaux solaires.
« Trouver des partenariats diversifiés qui sécurisent nos chaînes d'approvisionnement en métaux critiques, en terres rares, c'est absolument prioritaire »
Si les terres rares jouent un rôle clé dans la transition énergétique, le CNRS rappelle toutefois que leur extraction est polluante. Les scientifiques préconisent donc un usage responsable de ces ressources.
La défense du multilatéralisme
Pour Nicolas Forissier, la coopération franco-canadienne repose sur « des partenariats résilients entre pays amis, qui peuvent apporter de la stabilité et préserver en même temps le cadre multilatéraliste que nous défendons ».
Face aux grandes puissances que sont la Chine et les États-Unis, la France et le Canada entendent faire émerger « une troisième voie ». Cela permettrait de « diversifier nos débouchés et nos chaînes d'approvisionnement », affirme le ministre délégué.
Cette ambition s'inscrit dans le rapprochement plus large entre l'Union européenne et le Canada. « La France s'inscrit totalement dans cette logique-là », rappelle le ministre.
Le Sommet Canada–Union européenne, qui se tient cette semaine à Montréal, doit permettre de consolider ces liens et de renforcer cette coopération. Dans un contexte de recul du multilatéralisme à l'échelle mondiale, « le commerce international est devenu un sujet de premier plan », conclut le ministre.
La visite de Nicolas Forissier à Montréal illustre ainsi la volonté française de nouer de nouveaux partenariats énergétiques avec le Canada. Reste à transformer ces échanges en engagements concrets. Entre les besoins immédiats en hydrocarbures et la sécurisation à plus long terme des métaux critiques, la diversification des approvisionnements apparaît désormais comme un enjeu économique autant que stratégique.
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