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Marianna Rocher : « Passer de l'engagement silencieux à l'engagement actif »

A l’occasion des élections des conseillers des Français de l’étranger le 31 mai prochain (du 22 au 27 mai par Internet), nous sommes allés à la rencontre des six candidats tête de liste pour la circonscription consulaire de Milan. Marianna Rocher se présente sous la liste du Rassemblement des Patriotes d’Italie du Nord.

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Marianna Rocher, candidate aux élections consulaires et responsable RN de la 8ème circonscription des Français de l'étranger
Écrit par Lepetitjournal Milan
Publié le 10 mai 2026

Pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?

Je suis consultante artistique et culturelle spécialisée dans le domaine musical, maman d'une jeune fille de 20 ans qui a choisi de poursuivre ses études en France, et compagne d'un Italien — ce qui dit beaucoup de mon ancrage ici. Française de cœur et Italienne d'adoption, je vis en Italie du Nord depuis 2019, ma cinquième expatriation après quatre pays sur trois continents. La composition et l'écriture sont mes passions : deux livres publiés, et un roman en cours. Pendant vingt ans, j'ai été chef d'entreprise et directrice export dans le luxe et le prêt-à-porter international — avant une reconversion profonde, celle d'une femme qui a traversé des épreuves et choisi de se reconstruire autrement, en mettant ses valeurs au premier plan.

L'engagement politique a été une révélation. En 2021, je me suis présentée une première fois avec une liste apolitique ancrée sur la protection environnementale et la culture. Une belle aventure humaine mais une leçon apprise de l'intérieur : les bonnes intentions sans force politique nationale n'aboutissent à rien. C'est après ces élections que j'ai franchi le pas en rejoignant officiellement le Rassemblement National, un mouvement pour lequel je votais depuis toujours, mais dans lequel je n'avais jamais pris de responsabilité concrète. Il était temps de passer de l'engagement silencieux à l'engagement actif. Aujourd'hui je suis responsable RN de la 8ème circonscription des Français de l'étranger et Présidente de l'Union des Français de l'Étranger Italie du Nord, ce qui me permet d'être au cœur des réalités consulaires, de participer aux Conseils consulaires, et de connaître de l'intérieur la réalité de vos dossiers : les frais réels, les délais, les blocages, ce qui n'avance pas et pourquoi. J'ai vu ce qui coince sur le terrain, dans les administrations, dans les couloirs où vos demandes s'enlisent. Je me présente aujourd'hui en tête de liste du Rassemblement des Patriotes d'Italie du Nord, avec le soutien du Rassemblement National et de l'UDR, forte d'une légitimité nationale pour faire enfin entendre la voix de nos compatriotes jusqu'à Paris.

 

Que représente pour vous la mission principale de conseiller des Français de l'étranger ?

C'est une mission de résultats, pas de représentation symbolique. J'ai participé à des conseils consulaires, j'ai vu des dossiers s'enliser, des promesses ne pas être tenues, des problèmes concrets — la CFE, la double imposition des retraités, les diplômes non reconnus — rester sans réponse pendant six ans. La mission d'un conseiller, c'est de porter ces dossiers jusqu'à Paris avec la force politique nécessaire pour qu'ils aboutissent. Les bonnes intentions sans structure nationale, j'ai essayé en 2021, ça ne suffit pas.

Comment avez-vous constitué votre liste ?

J'ai voulu que notre liste soit un miroir fidèle de la diversité des Français d'Italie du Nord : géographique, professionnelle et générationnelle. Des retraités de Ligurie qui subissent de plein fouet la double imposition, un médecin du Val d'Aoste qui connaît les réalités de la protection sociale transfrontalière, des entrepreneurs de Varèse et de la région de Monza, dont Richard Casnighi, mon colistier n°2, ancien du lycée français et lui-même entrepreneur, une jeune ingénieure, des Franco-Italiens qui incarnent ce lien vivant entre les deux pays. Chaque candidat porte une expérience concrète, une région, une réalité de terrain. Ensemble, nous couvrons toute la circonscription, de la Ligurie à la Vénétie, pour apporter des solutions concrètes à tous les Français d'Italie du Nord.

Pourquoi est-il important pour les Français de l'étranger de prendre part à ces élections consulaires ?

Parce que derrière chaque bulletin de vote, il y a une vie, celle d'un retraité qui reçoit un redressement fiscal qu'il n'a pas mérité, celle d'un entrepreneur qui paye une CFE toujours plus lourde sans comprendre pourquoi, celle d'un jeune diplômé dont le titre français n'est pas reconnu ici. Ces élections, ce n'est pas de la politique abstraite, c'est votre quotidien, vos droits, votre dignité de Français où que vous viviez.

Sur les 21 061 compatriotes inscrits dans notre circonscription, beaucoup ne savent même pas qu'ils peuvent voter. Et pourtant, en 2021, c'est moins de 3 000 personnes qui ont décidé pour tous les autres. Chaque voix est précieuse, chaque voix change quelque chose. Ne pas voter, c'est accepter que rien ne change. Voter, c'est dire haut et fort que les Français d'Italie du Nord ne sont pas des Français de seconde zone.

Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de votre circonscription ?

Le sentiment d'être des Français de seconde zone. Une fiscalité qui punit ceux qui ont travaillé toute leur vie, des entrepreneurs insuffisamment informés des dispositifs et aides auxquels ils ont droit — régionaux, consulaires, ou via les réseaux franco-italiens —, des jeunes dont les diplômes français se heurtent à des procédures de reconnaissance longues et décourageantes. Et derrière tout ça, six années d'occasions manquées, des dossiers qui n'ont pas avancé, des promesses qui n'ont pas été tenues, et des compatriotes qui attendent toujours des réponses concrètes sur la CFE, les retraites doublement imposées, la reconnaissance des diplômes. Ce n'est pas un manque de bonne volonté de la part de nos compatriotes : c'est un manque de représentants qui ont à la fois la connaissance du terrain et la force politique pour faire bouger Paris.

Quels sont les grands axes de votre programme ?

Notre programme repose sur neuf priorités concrètes, et nous assumons de mettre en avant deux mesures qui sont spécifiques et urgentes pour les Français d'Italie du Nord.
La première : mettre fin à la double imposition des retraités français en Italie et à la taxation rétroactive de leurs pensions. Des centaines de nos compatriotes, après une vie entière de travail en France, se retrouvent redressés par l'administration fiscale italienne sur des pensions qu'ils croyaient protégées par la convention fiscale bilatérale. C'est une injustice profonde, que nous nous engageons à porter directement à Paris, avec le soutien national du Rassemblement National et de l'UDR pour peser réellement dans les négociations.
La seconde : réformer la CFE — plafonner les cotisations, élargir les garanties, rendre la protection sociale accessible à tous. En 2026, la CFE a encore augmenté de 11 %. Pour les indépendants et entrepreneurs français établis ici, c'est un frein direct à l'activité et un signal de désengagement de l'État envers ceux qui entreprennent depuis l'étranger. Cette réforme, nous sommes la seule liste à la porter avec une force politique nationale capable d'obtenir un résultat concret.

Au-delà de ces deux mesures phares, nous défendons également la hausse des bourses scolaires et la révision des critères d'attribution, la reconnaissance et le soutien aux entrepreneurs français selon le droit local, la fin du deux poids deux mesures en matière de protection sociale, l'équité fiscale pour nos compatriotes détenant une résidence en France, la préservation de notre réseau diplomatique et consulaire, et le rétablissement de critères démocratiques dans l'attribution des subventions aux associations.

Un programme concret, porté par une liste enracinée dans vos réalités. De la Ligurie à la Vénétie, nous sommes là, et nous nous battons pour vous.

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