L’Italie manque de famille. En 2025, la péninsule comptait 28,1 % des ménages avec enfants. Ils ne devraient représenter plus que 21,1 % des foyers en 2050, selon les dernières projections de l’Institut national de la statistique italien.


Les naissances continuent de reculer drastiquement en Italie, laissant présager un basculement historique au sein de la population italienne. Selon les dernières projections de l’Institut national de la statistique italien, publiées lundi 31 août, la péninsule pourrait bientôt compter davantage de couples sans enfants que de couples avec enfants. L’inversion de tendance pourrait intervenir dès 2047 et se confirmer les années suivantes. En 2025, l’Italie comptait 7,5 millions de couples avec enfants, soit 28,1 % des ménages. Ils ne devraient être plus que 5,8 millions en 2050, une chute de 22,3 %, et ne représenteraient alors plus que 21,1 % des foyers.
Sur la même période, le nombre de couples sans enfant passerait de 5,4 à 5,9 millions, soit une hausse de 8,8 %. D’autres formes de ménages devraient également progresser. Les familles monoparentales passeraient de 2,8 à 3,3 millions, tandis que les personnes vivant seules passeraient de 10 à 11,6 millions. Résultat, les ménages sans couple représenteraient 44,7 % des foyers en 2050, contre 40 % aujourd’hui.
Cette donnée est néanmoins à nuancer : parmi les couples sans enfant, l’Istat inclut également les parents dont les enfants ont quitté le domicile. Cette considération est importante dans un pays où la population vieillit rapidement.
L’hiver démographique italien
La baisse du nombre des naissances a initié sa chute en 2008, sans interruption. Elles sont tombées à environ 355.000 en 2025, leur plus bas niveau depuis l’unification de l’Italie en 1861. L’indice de fécondité, lui, est passé de 2,7 enfants par femme en 1964 à 1,19 en 1995, jusqu’à tomber à 1,14 en 2025.
Selon les projections de l’Istat, le nombre de naissances devraient rester relativement stable jusqu’en 2030 avant de reprendre leur baisse, et tomber à environ 335.000 par an en 2050.
En Italie, le poids d’une maternité toujours plus complexe
Les décès suivraient la courbe inverse, passant de 652.000 en 2025 à un pic de 869.000 en 2058, lorsque les générations nombreuses nées après la Seconde guerre mondiale atteindront le grand âge. Aussi, la population italienne devrait reculer de 58,9 millions d’habitants en 2025 à 55 millions en 2050. Les plus de 65 ans représenteraient alors 34,5 % de la population, tandis que la part des 15-64 ans passerait de 63,4 % à 55,3 %. Cette diminution de la population active conjuguée à l'augmentation du nombre de retraités posera de "nouveaux défis au système économique et social", souligne l'Istat.
Un défi politique majeur
Depuis son arrivée au pouvoir en 2022, Meloni a pourtant fait du redressement de la natalité une « urgence existentielle ». Son gouvernement a accordé des allègements fiscaux aux mères et instauré de nouveaux dispositifs d’aides aux familles, mais la courbe des naissances continue, pour l’instant, à fléchir.
Sur le même sujet





































