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Catastrophe aérienne d’Ustica : la France accepte de coopérer avec l’Italie

46 ans après la tragédie d'Ustica - qui a fait 81 morts -, la France est finalement disposée à fournir les documents à l’Italie, jusqu'ici refusés, sur le vol Itavia qui s'est écrasé dans des conditions mystérieuses le 27 juin 1980 au nord de la Sicile.

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Les vestiges du DC-9 d'Itavia au Musée de la Mémoire d'Ustica à Bologne © Museo per la Memoria di Ustica - MAMbo
Écrit par Marie-Astrid Roy
Publié le 29 septembre 2026

À moins de 48 heures de l'audience devant le juge d'instruction de Rome, chargé de se prononcer sur le classement sans suite de l'enquête sur la tragédie du crash aérien qui a coûté la vie à 81 passagers, la France s’est déclarée disposée à remettre l’ensemble des documents conservés concernant la catastrophe du vol DC-9 d’Itavia survenue le 27 juin 1980, jusqu’alors refusés à l’Italie.

C’est un véritable coup de théâtre, qui conduira le parquet de Rome à retirer sa demande de classement sans suite de la procédure.

Ce revirement se serait produit dans les coulisses de la diplomatie d’après le Corriere della Sera, lors de la dernière rencontre bilatérale entre la Première ministre Giorgia Meloni et le président français Emmanuel Macron. A l’occasion du 36e sommet intergouvernemental qui s’est tenu le 26 juin dernier à Antibes, la présidente du Conseil aurait alors sollicité l'Élysée pour lever le secret sur les dossiers relatifs au crash du DC-9, ce à quoi Paris s'était toujours opposé.

Or, le 21 septembre dernier, l’ambassade de France en Italie a finalement adressé une note au ministère des Affaires étrangères italien proposant la transmission des dossiers, y compris des documents du ministère de la Défense susceptibles de concerner les précédentes commissions rogatoires italiennes. Ces documents couvrent une période comprise entre 1981 et le début des années 90.

La coopération de Paris pourrait constituer un tournant judiciaire important. Pour la première fois, l’Italie pourrait obtenir des réponses quant aux mouvements de la flotte transalpine en Méditerranée et aux données recueillies par les radars cette nuit-là.

« Aujourd’hui, nous franchissons une étape importante pour la dignité de l’Italie, après tant d’années de luttes qui ont finalement conduit le gouvernement et la présidente Meloni à demander à la France de coopérer : cela a certainement contribué à faire évoluer l’attitude des autorités françaises », a déclaré le sénateur Walter Verini, membre du Parti démocrate, cité par le Corriere della Sera.

Quelle est la catastrophe aérienne d’Ustica ?

Depuis quarante ans, l'une des thèses évoquées est celle d'un avion abattu par erreur par des tirs français ou américains. Le vol DC-9 de la compagnie italienne Itavia avec 81 personnes à bord assurant la liaison Bologne-Palerme s’était écrasé dans des conditions mystérieuses en mer Tyrrhénienne, près de l’île d’Ustica (nord de la Sicile), entraînant la mort des passagers et des membres d’équipage. Cet accident est considéré comme l’une des plus grandes catastrophes aériennes de l’histoire du pays.

Pourquoi la France est-elle pointée du doigt par l’Italie ?

Selon la thèse avancée par plusieurs experts italiens, le drame se serait produit alors qu’un ou deux avions libyens poursuivis par des chasseurs américains et français suivaient l’itinéraire de l’avion civil pour échapper à leurs radars.

Le vol civil DC 9 aurait alors été abattu par erreur, ou serait entré en collision avec un des Mig présents dans la zone. Il y a trois ans, l’ancien Premier ministre Giuliano Amato (1992-1993) reprenait cette thèse, affirmant que la France, avec le concours de Washington, avait cherché à supprimer le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi en pensant qu’il se trouvait dans un des Mig.

« La version la plus crédible est celle de la responsabilité de l’Armée de l’air française, avec la complicité des Américains […] dans l’intention de « faire la peau à Kadhafi », affirmait-il en 2023 au quotidien italien La Repubblica.

Paris et Washington ont toujours nié une quelconque implication de leurs appareils dans cette tragédie.

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