Édition internationale

MELANIE PAIN - So frenchy, so chic

Tête d'affiche de la dernière édition du Festival "So Frenchy, so chic", Mélanie Pain anciennement membre du groupe Nouvelle Vague nous dévoile son histoire et ses impressions du public australien.

cc MarcThiroin
Lepetitjournal.com  : Est-ce la première fois pour vous en Australie ?
Mélanie Pain  : Non, je suis venue avec Nouvelle Vague 4 ou 5 fois puis je suis venue avec mes albums solos au moins 4 fois aussi.

Est-ce que l'impression du public australien change à chaque fois ?
La première fois que je suis venue ça devait être en 2005 avec Nouvelle Vague. C'est à chaque fois différent, le public n'est pas le même dans chaque ville. Là, c'est en plein air mais parfois c'est dans des petits théâtres, cabarets, ou des salles rock. Je trouve en général le public australien très bienveillant envers moi. En tout cas, toujours prêt à découvrir mon univers. A chaque fois que je suis en Australie, je me dis que c'est quand même pas mal ! Je me verrais d'ailleurs très bien vivre ici en Australie mais à Sydney. Melbourne est trop européenne pour moi. Et puis pouvoir aller se baigner à la plage tous les soirs cela a un petit attrait pour moi parisienne.

Pouvez-vous nous décrire votre univers ?
Je suis assez française. Les Australiens identifient bien "les clichés" de la femme française que je représente. Je suis un peu un mélange de mélancolie joyeuse, comme Françoise Hardy l'a fait en son temps. Je ne me compare absolument pas à elle, mais il y a un truc que les gens ressentent c'est que je suis assez heureuse d'être triste et triste d'être heureuse tout en étant très optimiste aussi. J'aime être triste de manière ouverte.

Comment êtes-vous venue à la musique ? Quel a été le déclic?
C'est un accident. Mon copain de l'époque qui s'appelle Villeneuve faisait son album et il cherchait des chanteuses pour l'accompagner. Il m'a demandé de chanter sur une démo pour trouver ses chanteuses. Il l'a donnée à tout le monde et par chance Marc Collin, le producteur de Nouvelle Vague, l'a écoutée. Il a tout de suite appelé Villeneuve pour demander qui était cette chanteuse. Il voulait me proposer de chanter un petit quelque chose sur un projet de reprises qui n'allait surement pas marcher, selon lui. C'est comme ça que j'ai fait mon premier studio. Personne ne s'attendait à ce que ce projet décolle et puis ça a fonctionné… Il leur fallait ensuite des chanteuses pour la scène. Ils m'ont proposé un duo avec Camille. Je n'avais jamais fait de scène de ma vie. J'ai fait ma première scène en 2004. Je n'y connaissais rien. Je disais "C'est quoi ça, ah ce sont les retours…". Mon premier déclic fut celui-là, sur scène. J'ai découvert un autre monde et des émotions que je n'avais jamais ressenties ailleurs. Avant je travaillais dans une agence de design. J'avais ma vie parisienne, j'avais fait sciences-po. Tout bien sérieux, bien comme il faut. J'avais un petit plan de carrière et tout d'un coup je me retrouve sur scène avec la tête qui tourne, à me demander ce qui m'arrive. Puis le producteur de Nouvelle vague m'a dit qu'il appréciait ce que je faisais et m'a proposé de continuer. Et voilà comment je suis devenue chanteuse. Je viens de sortir mon deuxième album solo et j'en suis particulièrement fière car j'ai écrit toutes les chansons. C'est à partir de maintenant que je me considère vraiment comme une artiste. J'ai une histoire pleine d'accidents qui font que je suis là aujourd'hui.

La scène musicale australienne pour vous, c'est ?
Missy Higgins, Sarah Blasko…qui sont des chanteuses un peu pop que j'aime bien. J'étais très fan de Gotye avant son "tube". Ce n'est pas simple pour les Français de bien connaître la scène australienne et inversement pour les Australiens de connaître la française. Mais heureusement Jean-François Ponthieux est là. La programmation de Jean-François est intéressante car ce sont des gens qui sortent un peu du lot. Pas forcément ceux qui vendent des disques d'or mais des gens intéressants aux univers différents qui sont plutôt de la scène indépendante et qui explorent des choses.

Quelle impression avez-vous du public australien par rapport au public français ?
Le public français est très exigeant. C'est très difficile de le sentir sans aprioris. Mais ça c'est la mentalité française. Je suis un peu pareil. On a tout un tas de références. Avant même d'arriver à un concert tu sais ce que tu vas en penser. Tu sais à peu près à quoi t'attendre et du coup c'est très dur de surprendre. Je trouve le public français vraiment difficile. Ici, je fais pas mal de blagues sur le fait que je suis française et en France, bien évidemment ce n'est pas possible. Je trouve le public australien beaucoup plus sympa et ouvert que le public français.

Et les Français en Australie ?
Les Français qui ont décidé de partir, ce sont un peu des aventuriers. Les Français que j'ai rencontrés en Australie ont adopté la mentalité australienne d'ouverture d'esprit et c'est beaucoup plus facile de discuter avec eux. Quand on commence, c'est souvent parti pour la nuit. Je pense que les Français à l'étranger revendiquent leurs attaches françaises mais en prenant les bons côtés de leur pays d'accueil.

Propos recueillis par Flora Prevosto (www.lepetitjournal.com/melbourne.html) Lundi 4 mars 2013

Retrouvez son dernier album: “bye bye Manchester” sur Cartell music, ici 

 

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