

Le jeune homme de 27 ans, libéré en octobre 2008 après avoir passé près de 7 ans en détention pour un meurtre qu'il n'avait vraisemblablement pas commis, refait un tour par la case prison pour avoir agressé sexuellement une jeune femme. Alors que Marc Machin espère bientôt une révision de son procès pour meurtre, d'autres accusations d'agression font surface
(Rédaction Internationale) - Le 1er décembre 2001, Marie-Agnès Bedot est retrouvée morte sous le pont de Neuilly (Hauts de Seine). Les soupçons se portent sur un jeune homme sans emploi avec des antécédents d'agressions sexuelles, Marc Machin (AFP/Joel Saget). Il avouera le meurtre en garde à vue avant de se rétracter. Trop tard. La machine judiciaire est déjà en route et le condamne à 18 ans de réclusion dont 12 incompressibles. Mais voilà, quelques années plus tard, un SDF, David Sagno, s'accuse de deux meurtres dont celui pour lequel est emprisonné Marc Machin. Même si celui-ci revient à son tour sur ses aveux, des traces ADN confirment sa présence sur la scène du crime. L'affaire fait alors l'objet d'une procédure de révision. Marc Machin est libéré en octobre 2008 après plus de six ans passés derrière les barreaux. Son histoire lui inspirera un livre Seul contre tous dans lequel il dénonce les pressions policières qu'il a subies à l'époque.
Retour en prison
Quelques mois après sa suspension de peine, Marc Machin est mis en examen et placé en détention provisoire pour "agression sexuelle aggravée par des violences". L'affaire date du 5 juin dernier. Un homme suit une Canadienne de la sortie du métro jusqu'à son domicile et tente de filmer sa petite culotte avec son téléphone portable. Il frappe ensuite violement la jeune femme dont les cris de douleurs alertent des voisins qui font fuir l'agresseur. Marc Machin, que les bandes de la RATP ont permis d'identifier, est alors placé en garde à vue et avoue l'agression, qu'il explique par des "pulsions". Le jeune homme, âgé de 27 ans, risque pour ces faits jusqu'à 7 ans de prison et 100.000 euros d'amende.
Les déboires judiciaires de Marc Machin ne s'arrêtent pourtant pas là. Le jeune homme est en effet fortement soupçonné de l'agression de deux jeunes filles âgées de 14 et 15 ans. Le samedi 13 juin, les deux jeunes filles sont également suivies à la sortie du métro parisien et agressées dans le hall d'immeuble de leur grand-mère à qui elles rendaient visite. Le mode opératoire ainsi que les bandes vidéo RATP accablent une nouvelle fois le jeune homme. Les forces de police sont actuellement en train de vérifier le téléphone portable de l'accusé, qui selon des sources proches de l'enquête, contiendrait "des dizaines" d'autres vidéos d'agressions sexuelles.
Un frein à sa procédure de révision ?
Ces affaires tombent très mal pour Marc Machin dont la procédure de révision dans l'affaire du meurtre de Marie-Agnès Bedot sera étudiée la semaine prochaine par une commission de la cour de cassation. Cette arrestation pourrait compromettre ses chances d'obtenir la réhabilitation tant espérée. "Je veux m'insérer dans la société, passer mon permis de conduire et suivre une formation pour travailler avec les chevaux. Et profiter de ma famille. J'ai 26 ans et ma vie à construire.", déclarait Marc Machin à l'époque de sa libération.
Dans l'histoire judiciaire française, une procédure de révision d'une condamnation criminelle définitive n'a débouché que six fois sur un nouveau procès. Le dernier exemple en date était celui de Patrick Dils, condamné à perpétuité en 1989 pour un double meurtre. Il a été acquitté et libéré en 2002.
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) lundi 22 juin 2009
En savoir plus
Article du JDD, Machin, encore des soupçons
Article de l'Express, Marc Machin mis en examen et placé en détention provisoire




































