Mercredi 23 septembre 2020
Philippines
Philippines

PHOTOGRAPHIE – Voyage anthropologique et poétique vers la « Vallée »

Par François COUDRAY | Publié le 04/10/2017 à 17:00 | Mis à jour le 04/10/2017 à 17:00
La Vallée Pierre de Vallombreuse expostion photographie Musée national des Philippines

Rentrée culturelle à Manille avec la reprise de la magnifique exposition de photographies de Pierre de VALLOMBREUSE, « La Vallée / The Valley», au Musée national des Philippines, dans le cadre de la célébration du 70ème anniversaire des relations diplomatiques franco-philippines, « PhilFrance – Feel French ! ». Voyage anthropologique et poétique au cœur d’un « paradis perdu ».

Musée national des Philippines Pierre de Vallombreuse


Une photographie documentaire


Pierre de Vallombreuse, né en 1962, ressent très tôt l’envie d’être un témoin de son temps. Joseph Kessel, grand ami de ses parents, compte pour beaucoup dans ce désir. Mais c’est, en 1985, un voyage auprès des Punans, derniers nomades de la jungle de Bornéo, qui va décider de la suite du cours de sa vie. Etudiant aux Arts décoratifs de Paris, il passe alors de longs séjours répétés dans la jungle des Philippines, à Palawan, auprès de la tribu Taw Batu. Au total, il vivra avec eux plus de deux ans.

Les vingt-cinq années suivantes de sa carrière seront jalonnées de voyages sur tous les continents, et son regard anthropologique témoignera de la vie de 42 peuples autochtones, à travers plus de 140.000 clichés, rendant ainsi hommage à cette précieuse diversité et nous faisant découvrir la réalité de ces peuples.


Il reviendra à plusieurs reprises aux Philippines, dans la vallée du Signapan, retrouver les Tau’t Batu et témoigner de l’évolution de leur mode de vie. A la fin des années 1980, la tribu vivait en autarcie dans cette vallée isolée dans les montagnes, à 5 heures de marche de la côte, sans aucun accès routier. Dans les années 1990, une route a été tracée depuis la côte, provoquant un important flux migratoire depuis le reste de l’archipel philippin et développant de nombreuses connections entre la tribu et le monde extérieur. Aujourd’hui, la tribu est confrontée à des changements extrêmement rapides, tentant de préserver son identité et sa culture tout en assimilant des éléments extérieurs qui lui permettent d’évoluer. Mais jusqu’à quand ce fragile équilibre pourra-t-il être maintenu ?

Les 88 clichés et la centaine de photographies numériques qui composent cette exposition retracent près de 30 ans d’échanges et de partages avec ce groupe ethnolinguistique, entre 1988 et aujourd’hui.

Musée national des Philippines Pierre de Vallombreuse

Les images mettent ainsi en valeur une richesse culturelle trop peu connue, s’émerveillent d’un cadre naturel hors du commun, témoignent de l’étroite relation qui lie ces hommes avec leur environnement, mais aussi des agressions et des injustices commises à leur égard, et s’interrogent sur les évolutions et adaptations à l’œuvre.

Un superbe travail plastique

Mais la composition des images, savamment mises en scène et cadrées, et le travail du grain et la lumière, font indéniablement de cette exposition bien plus qu’un simple témoignage anthropologique.

L’ensemble des photographies présentées nous invitent en effet à un voyage poétique et onirique.

Plusieurs images très évocatrices font apparaître des enfants et des adolescents dormant ou faisant semblant de dormir, sur la terre ou d’épais tapis végétaux, couverts de larges feuilles, de mousses, de branchages ciselés. D’autres images brossent de larges paysages de montagnes brumeuses et de jungles foisonnantes, où se perdent parfois la silhouette d’un homme, d’une femme et de son enfant. Dans tous les cas, corps et feuillages y apparaissent comme autant d’éléments sculpturaux, en un suave dialogue de courbes et de volutes, d’ombres et de lumières. Certaines images présentent même d’étranges et fascinants bouquets de corps et de feuillages, de très vivantes « natures mortes ». Toutes ces compositions disent évidemment l’harmonie de ces corps et d’une nature accueillante. Et dessinent ainsi les images rêvées d’un paradis perdu.

Les portraits d’enfants, de femmes, de vieillards, donnent eux aussi à chacun de ces personnages un caractère presque mythique. Figures d’un au-delà du temps, soudain pourtant si présentes.

 

Un voyage à ne pas manquer.

 

Informations pratiques

Exposition ouverte jusqu’au 4 février 2018

dans le Hall de l’ancien sénat (Old Senate Hall) du Musée national des Philippines

P. Burgos Drive, Rizal Park, MANILA

du mardi au dimanche, de 10h00 à 17h00.

Entrée libre

http://www.nationalmuseum.gov.ph/#page=page-1

Musée national des Philippines Pierre de Vallombreuse

Première publication le lundi lundi 04 septembre 2017

0 Commentaire (s)Réagir

Expat Mag

Chennai Appercu
CINÉ

Le cinéma indien: l’usine à rêves

L’Inde est de loin le pays qui entretient le rapport le plus passionné avec le monde cinématographique. Cet engouement pour le septième art dépasse les frontières. Bollywood ? oui, mais pas que.