Après la réception organisée vendredi soir à la Résidence de France, le 7e Forum mondial des alumni des lycées français du monde (FOMA) s’est poursuivi samedi au Lycée français de Madrid. Dans une atmosphère de retrouvailles et d’échanges, plus de 300 participants venus des cinq continents se sont réunis pour une journée consacrée à la vitalité d’un réseau qui rassemble aujourd’hui près de 800.000 anciens élèves dans le monde.


Dès le début de la journée, l’ambiance donnait le ton. Dans les patios et l'amphithéâtre de l’établissement madrilène, anciens élèves issus des 5 continents, enseignants, responsables associatifs et partenaires se retrouvaient autour d’une expérience commune : celle des lycées français à l’étranger. Pour Claudia Scherer-Effosse, directrice générale de l’AEFE, cette identité partagée dépasse largement les parcours individuels. "Nous nous reconnaissons, nous avons quelque chose en commun, quelque chose de spécial", a-t-elle souligné lors de son discours, évoquant des profils "capables de s’adapter et animés par une soif d’innovation".
Dans les établissements du réseau, la cour de récréation, c'est le monde
Ahmed Mernissi, président de l’Union-ALFM, a quant à lui livré une formule qui a marqué la journée : les lycées français de l'étranger constituent "un réseau où la cour de récréation, c’est le monde". Le président des alumni a rappelé la diversité des trajectoires qui composent cette communauté internationale. "On est l’autre pendant quelques minutes seulement, puis on devient immédiatement l’un des nôtres", a-t-il observé.
Dans le même esprit, l’ambassadrice de France en Espagne, Kareen Rispal, a salué la dynamique collective portée par les alumni. "Vous contribuez tous, chers amis, par vos parcours, vos engagements et votre soutien, à faire vivre, pour de nombreuses années, ce magnifique réseau des établissements français à travers le monde", a-t-elle déclaré, soulignant la continuité de cet engagement à l’échelle internationale.
Moratinos et Haroche, entre mémoire et réflexion
Parmi les temps forts de la journée, l’intervention de Miguel Ángel Moratinos, ancien élève du Lycée français de Madrid et ancien ministre espagnol des Affaires étrangères, a marqué les participants. Très ému de revenir dans son établissement, il a insisté sur l’impact durable de son parcours scolaire. "Le lycée français n’est pas seulement un lieu d’apprentissage d’une langue ou d’une culture. C’est surtout la transmission de valeurs et d’une manière de regarder le monde", a-t-il expliqué, avant de résumer son propos en une formule simple : "Le lycée français m’a appris à vivre".
Le lycée français m’a appris à vivre
Il a également évoqué les défis contemporains liés à l’intelligence artificielle -sujet central des débats organisés dans le cadre de cette journée- appelant à concilier progrès et responsabilité. "Nous ne pouvons pas arrêter les avancées de la science, mais nous devons nous assurer qu’elles restent au service de l’humanité", a-t-il plaidé. Cette réflexion a trouvé un prolongement lors d’une table ronde présidée par Serge Haroche, prix Nobel de physique 2012 et ancien élève du lycée Lyautey de Casablanca, consacrée aux liens entre intelligence artificielle et condition humaine.

Une relève internationale déjà bien engagée
Au-delà des grandes figures du réseau, la journée a aussi donné à voir la nouvelle génération d’alumni. C'est le cas de Sacha, Laure, Daniel, Arthus et Jaime, tous ex du LFM, aujourd’hui étudiants à l’EDHEC Business School -un des sponsors de la manifestation. Passé par Moscou, São Paulo puis Madrid, Sacha souligne la capacité d'intégration propre aux établissements du réseau. "C'est un réseau qui ouvre des portes", observe-t-il, évoquant une communauté où les transitions d'un pays à l'autre se font naturellement. Pour Laure, qui a notamment eu l'opportunité d'étudier en Nouvelle-Zélande, cette ouverture constitue un héritage direct de sa scolarité. "Je voulais garder cette dimension internationale parce qu'elle nous accompagne toute la vie", confie-t-elle.
Les autres mettent en avant les opportunités offertes par les échanges académiques, les stages à l'étranger ou encore la découverte de nouveaux environnements culturels. Tous soulignent combien leur passage par le Lycée français de Madrid a contribué à développer curiosité, adaptabilité et goût de l'international. Cette génération porte également un regard lucide sur le réseau alumni. "On n'est pas assez sensibilisés à cela au lycée", regrette Artus, convaincu que les liens entre anciens élèves constituent un atout encore insuffisamment connu. Une conviction largement partagée au sein d'un forum où la transmission entre générations figurait parmi les thèmes centraux des débats.
Un réseau en mouvement, entre transmission et avenir
Tout au long de la journée, ateliers et échanges ont permis d’explorer les évolutions du réseau, notamment autour du mentorat, de l’accompagnement professionnel et des passerelles entre générations. La journée s’est prolongée jusqu’au gala de clôture, marqué par un spectacle de danse espagnole puis un concert d’Hugues Aufray, ancien élève du Lycée français de Madrid. À Madrid, le FOMA a confirmé la vitalité d’un réseau mondial qui dépasse le cadre scolaire pour s’affirmer comme une communauté de trajectoires, de valeurs et d’engagements partagés.
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