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Interview: Fabien Causeur, l’autre étendard français du Real Madrid

Par Kristen Collie | Publié le 17/09/2018 à 20:06 | Mis à jour le 18/09/2018 à 10:45
Photo : DR
Fabien Causeur Basket Real Madrid

Vainqueur de l’Euroligue et du championnat espagnol, la Liga ACB, sous les couleurs de la prestigieuse équipe du Real Madrid, le basketteur Fabien Causeur, a véritablement changé de dimension et de statut à l’aube de cette nouvelle saison. Expatrié aux racines bretonnes bien ancrées, il fait partie, au même titre qu’un Benzema ou d’un Griezmann, de ces sportifs français qui brillent en terre espagnole. 

 

lepetitjournal.com : Comment abordez-vous cette nouvelle saison, sous les couleurs du Real Madrid, après avoir remporté l’Euroligue et le championnat dès votre première année au club (2017-2018) ? 

Fabien Causeur : Je l’aborde comme un nouveau challenge. Nous avons eu beaucoup de succès l’année dernière et c’est toujours le plus difficile de confirmer les bons résultats. On a certes gagné les deux principaux titres, mais on n’a pas remporté la coupe du Roi et la Super Coupe donc cette année, c’est évidemment notre objectif. Notre saison a été mémorable, et on veut rééditer le même type de performance. 


Vous vous êtes imposé, dans l’une voire la meilleure équipe d’Europe, en témoigne ce sacre du Real Madrid en Euroligue. Avez-vous conscience d’avoir changé de statut ? 

Je sais que j’ai changé de statut mais cela ne change rien à mon état d’esprit. Que ce soit en France, lors de mes débuts en Pro A au Havre, ou à Vitoria (Saski Baskonia) et au Real en Espagne, j’aborde chaque saison de la même manière. En gagnant l’Euroligue et en réalisant un très bon Final Four, j’ai gagné énormément de respect à ce moment-là, mais en tant que compétiteur, je fais abstraction de tout ça. J’ai conscience de pouvoir m’améliorer dans beaucoup d’aspects de mon jeu et c’est pour moi une source de motivation constante. 

 


En Liga ACB (1ère division espagnole) vous avez cumulé 677 minutes de temps de jeu pour une moyenne de 8,4 points par match. A titre personnel, avez-vous des objectifs précis à l’aube de cette nouvelle saison (1ère journée le 30 septembre prochain) ?

  
Je suis au service du collectif. L’année dernière déjà, je ne regardais absolument pas mes stats. Je veux jouer et avoir un vrai rôle dans cette équipe, mais lorsqu’on évolue dans un top club européen comme le Real, le plus important c’est de gagner des titres. 


Pour revenir sur votre carrière, hormis un interlude au Brose Baskets Bramberg en Allemagne lors de la saison 2016-2017, vous jouez en Espagne depuis 2012. C’est devenu en quelque sorte votre pays d’adoption… 

C’est vraiment un pays qui me plaît. Je m’y sens très bien et dès le début, à mon arrivée à Vitoria-Gasteiz (Saski Baskonia, club du Pays Basque dans lequel il a évolué 4 saisons de 2012 à 2016), je me suis acclimaté assez facilement. J’ai appris la langue très vite et au bout de 6 mois je pouvais communiquer en espagnol. Aujourd’hui je le parle parfaitement, d’autant que ma femme est originaire de Madrid. J’ai un gros coup de cœur pour ce pays et cette ville. Au Real, tout est mis en œuvre pour qu’on soit épanoui. On est dans un vrai confort malgré l’évidente pression des matchs. 


Côtoyez-vous les joueurs de la section football du Real Madrid, championne d’Europe elle aussi ? 

On les côtoie un peu, surtout depuis deux ans parce que nous avons intégré la Ciudad Real Madrid, le complexe d’entraînement commun. On croisait Zidane et Ronaldo par exemple mais ce ne sera évidemment plus le cas cette saison. On suit les résultats les uns des autres, et ça m’arrive d’aller au stade (Santiago Bernabeú). Le doublé c’était historique sans parler de la célébration commune… 

 

 


Bien avant de vous imposer chez les champions d’Europe madrilènes, vous avez foulé vos premiers parquets dans le Finistère, à Plouzané tout d’abord, puis au Patronage laïque de Recouvrance…

J’ai vécu à Plouzané pendant des années et c’était le club le plus proche de chez moi. Il jouait au niveau départemental à l’époque. En parallèle de mes entraînements, mon père, ancien basketteur, m’a également pris en main. C’était vraiment du plaisir ! J’avais énormément d’énergie et il me fallait ma dose de basket, que ce soit avec mon panier dans le jardin ou les matchs de Pro A qui étaient à l’époque diffusés sur France Télévision. Je suis arrivé à Recouvrance à mes 14 ans dans le but de jouer en région et continuer à progresser. Ça m’a permis de sortir de mon cocon, jouer la Coupe de France en cadets et ainsi me montrer à des équipes comme Cholet ou Le Mans. Tout part de là. 


Né à Brest, vous êtes devenu en quelque sorte l’étendard du basket-ball breton. Entretenez-vous ce lien avec votre région d’origine ? 

La Bretagne c’est mes terres, c’est moi ! C’est toujours un plaisir de rentrer voir ma famille et mes amis, notamment durant l’été. J’ai toujours mes petits spots où je vais manger mes crêpes (rires). Chaque année, j’essaie d’y retourner avec ma femme au moins deux semaines, et toujours dans l’espoir d’avoir un peu de soleil (rires). 

 

 


Vous avez une histoire compliquée avec l’Equipe de France, où, malgré votre statut, vous ne comptabilisez que 30 sélections. Quelles ambitions nourrissez-vous avec les Bleus ? 

Je suis rentré assez tôt en Equipe de France à 21 ans. J’ai participé au championnat du monde (2010 en Turquie) et aux JO de Londres (2012) mais par la suite j’ai eu beaucoup de pépins physiques lors des différents stages de préparation. 30 sélections c’est assez paradoxal au vu de ma longévité dans ce groupe. Il y a les Mondiaux qui se profilent l’été prochain (en Chine). Je suis concentré sur mon club, mais c’est évidemment une source de motivation supplémentaire. A terme, l’objectif pour tout le monde ça reste les JO 2020. Je suis fan de l’univers manga et des jeux-vidéos, donc ça me tient vraiment à cœur d’y aller… surtout dans le cadre des Jeux Olympiques. 


Prochain rendez-vous pour Fabien Causeur et le Real Madrid, dimanche 30 septembre et la réception de l’Iberostar Tenerife, à l’occasion de la 1ère journée de Liga ABC.  

 

Fabien Causeur 


Né le 16 juin 1987 à Brest, Finistère, France 
Club actuel : Real Madrid (Espagne) 
Poste : Meneur / arrière 
Parcours : 2005-2009 Le Havre ; 2009-2012 Cholet ; 2012-2016 Saski Baskonia (Espagne), 2016-2017 Brose Baskets (Allemagne), 2017- Real Madrid (Espagne)
Equipe de France : 30 sélections / 88 points 
Palmarès : 2007 : champion de France espoir avec Le Havre
2010 : champion de France de Pro A avec Cholet
2017 : Doublé coupe-championnat en Allemagne avec Brose Baskets 
2018 : vainqueur de l’Euroligue et champion d’Espagne avec le Real Madrid.

Kristen Collie

Kristen Collie

Franco-britannique diplômé d’un Master en Histoire sciences et techniques et étudiant en Master de journalisme sportif à l’Ecole du journalisme de Nice. Féru d'Histoire, de sports et de Scandinavie.
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