Édition internationale

À la Galerie du 10, l’art de sublimer les paysages ordinaires

Ce mercredi soir, il y avait foule à l’Institut français. Artistes, collectionneurs et curieux se sont bousculés à la Galerie du 10 pour le vernissage de l’exposition collective « Aux marges du regard », conçue en partenariat avec la prestigieuse Casa de Velázquez.

une homme en train de regarder l'exposition à la Galerie du 10 à madridune homme en train de regarder l'exposition à la Galerie du 10 à madrid
@Institut français de Madrid, DR.
Écrit par Victoire de Laitre
Publié le 14 septembre 2026

L’événement met à l’honneur quatre artistes résidents : Ouassila Arras, Judith Auffray, Alberto Gil Cásedas et Brice Robert. Ensemble, ils s'emparent des lieux que l'on traverse d'ordinaire sans les voir : friches industrielles, couloirs de métro ou lotissements périurbains pour en révéler la beauté brute.

Après les discours d'ouverture des représentants de l'Institut français et de la Casa de Velázquez, qui ont salué ce beau pont culturel franco-espagnol, Claude Bussac, directrice des études artistiques de la Casa de Velázquez, a introduit le thème de la soirée : « Ces artistes s'installent dans les marges et les territoires de transition. C'est une invitation à ralentir et à redéfinir notre relation à notre environnement. »

 

photo des invités au vernissage de l'expo à la galerie du 10
@Institut français de Madrid, DR. 

 

Regards croisés : quand le banal devient œuvre d'art

Dans les allées, les toiles de Brice Robert captent tous les regards. Devant un immense entrepôt industriel peint au crépuscule sur fond de chaîne des Puys, les visiteurs s'arrêtent, saisis.

Pour Gema, photographe de mode madrilène habituée à scruter la lumière, le coup de cœur est immédiat : « C’est fascinant de voir comment une simple vue ordinaire devient le théâtre d’une poésie brute. Cela nous questionne directement sur notre façon d'habiter l'espace. »

 

toile de brice robert
@Institut français de Madrid, DR. 

 

Un peu plus loin, Luna se laisse toucher par la sincérité qui émane de ces scènes : « Le fait qu'il peigne ses anciens coins de rue ou ses moments de covoiturage de nuit donne une âme folle aux toiles. On sent que c'est du vécu. »


Brice Robert : « Donner des lettres de noblesse à l'ordinaire »

Ancien ouvrier d'usine près de Clermont-Ferrand, Brice Robert a longtemps partagé ses journées entre le travail posté et des sessions de peinture d'une patience infinie — comptant parfois jusqu'à huit mois pour une seule toile.
« Dans les lotissements où j'ai grandi, je ne voyais pas ces paysages dans la peinture. J'ai voulu leur donner des lettres de noblesse en les peignant d'une manière noble, tout simplement. Mon but, c’est d’ouvrir la perception. Si l’on prend le temps d'observer dans le silence, la beauté apparaît dans tout. » 

 

expo de la galerie du 10 à madrid
@Victoire de Laitre, DR.

 

Une démarche authentique qui séduit : la quasi-totalité de ses toiles ont été acquises par des collectionneurs ou d'anciens collègues d'usine, qui ont accepté de les prêter pour l'occasion.

Infos pratiques :
Exposition : « Aux marges du regard. Seuils et territoires de passage » (Ouassila Arras, Judith Auffray, Alberto Gil Cásedas, Brice Robert)
Commissariat : Claude Bussac
Lieu : Galerie du 10, Institut français de Madrid (C/ Marqués de la Ensenada, 10)
Dates : Du 10 septembre au 30 octobre 2026 (Entrée libre, du lundi au vendredi de 12h à 20h)

 

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