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Consulaires 2026 : Gilles Servanton, tête de liste, répond à nos questions

À l’occasion des élections consulaires du 31 mai 2026, Lepetitjournal.com donne la parole aux différentes têtes de liste de la circonscription. Gilles Servanton, tête de liste « ASFE – Défendre et accompagner les Français d’Espagne », revient sur son bilan, ses priorités et sa vision d’une représentation de proximité au service des Français établis en Espagne.

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@Gilles Servanton, DR.
Écrit par Vincent GARNIER
Publié le 12 mai 2026

Gilles Servanton, 68 ans, est un ancien haut fonctionnaire originaire de Bordeaux, né en Algérie en 1958. Ancien directeur départemental des Territoires et de la mer (DDTM) dans les Bouches-du-Rhône, il vit en Espagne depuis juillet 2017 et conduit la liste ASFE – Défendre et accompagner les Français d’Espagne aux élections consulaires de 2026.

 

Pourquoi avez-vous choisi de vous représenter à cette élection ?

Un premier mandat m'a donné l'expérience au service des Français, m'a permis de connaître leurs difficultés et d'être plus à même d'y répondre. 

Ma première motivation est donc de poursuivre l'action entreprise. Par ailleurs, l'Alliance Solidaire des Français de l'Étranger (ASFE), qui se consacre exclusivement aux problèmes rencontrés par nos compatriotes dans le monde, a toute sa place auprès des Français d'Espagne. Pour votre information, notre mouvement présente 115 listes sur tous les continents.

Enfin, des candidat(e)s de qualité ont fait le choix de se présenter sur la liste ASFE. Notre équipe représente toutes les générations. Je souhaite que les plus jeunes, le moment venu, puissent assurer la relève.

 

L'information et la communication jouent un rôle essentiel dans la relation entre les conseillers des Français de l'étranger et les citoyens. Que proposez-vous pour les renforcer ?

La fonction de Conseiller est méconnue. C'est la première difficulté. 

Les autorités gouvernementales et locales doivent promouvoir davantage notre rôle de proximité qui atténue les effets négatifs de la baisse des moyens affectés aux services consulaires.

Par ailleurs, l'ASFE diffuse régulièrement des informations sur tous les sujets sociaux, éducatifs, de santé ou autres, qui répondent aux problèmes rencontrés lors de l'installation ou de la vie quotidienne en Espagne.

Nous sommes, moi le premier, contactables par email ou par téléphone afin de répondre directement et rapidement aux questions.

L'équipe des 14 candidat(e)s est présente dans neuf villes représentatives de toute l'Espagne et mène une campagne de proximité. Elle poursuivra son action après les élections. Enfin, l'ASFE Espagne dispose de trois comptes sur Facebook, LinkedIn et Instagram pour maintenir le lien social et donner des informations au quotidien.

 

Plusieurs sujets préoccupent aujourd'hui les Français de l'étranger (services consulaires, éducation, mobilités professionnelles). Comment comptez-vous agir sur ces priorités si vous êtes élu(e) ?

Mon équipe, en liaison avec les trois sénateurs de l'ASFE, a élaboré ses propositions. J'ai choisi de vous présenter les trois axes suivants :

- Aider les plus démunis qui souffrent de la suppression de la Protection et de l'Action sociale consulaire. Nous demandons que les subventions accordées aux Organismes locaux d'entraide et de solidarité soient augmentées afin d'aider celles et ceux qui ne peuvent accéder aux aides espagnoles.

- Sauver les lycées français qui sont menacés par la forte baisse de la dotation de l'État et du nombre de bourses scolaires. Nous ne pouvons pas poursuivre la politique actuelle qui fragilise nos établissements dans un marché mondial de l'éducation privilégiant une élite sociale. 

Pour y remédier, nous proposons, dans le cadre de la réforme annoncée de l'enseignement français à l'étranger, de modifier les critères d'éligibilité aux bourses pour augmenter le nombre de bénéficiaires et de mettre en place un tarif préférentiel pour les familles françaises.

- Faciliter les démarches administratives : beaucoup trop de Français vivant en Espagne depuis de nombreuses années ne peuvent utiliser les applications comme FranceConnect, qui permettent de gérer à distance leurs dossiers.

Ainsi, à titre d'exemple, pour le versement de sa pension à un Français vivant à Alicante, j'ai dû faire intervenir un sénateur de l'ASFE pour débloquer le virement bancaire. Ce n'est pas admissible.

Enfin, l'obligation de se déplacer à Madrid pour le renouvellement de la carte d'identité pèse sur le budget des familles.

Pour toutes ces raisons, nous proposons un équipement progressif et une augmentation des compétences des consulats généraux de Séville et de Bilbao, ainsi que des consulats honoraires, afin de pouvoir y déposer les dossiers et donner aux plus fragiles un service de proximité et humain.

 

Quelle valeur ajoutée spécifique votre liste apporterait-elle aux Français de l'étranger ?

Notre liste ressemble aux Français d'Espagne. Nos candidat(e)s vivent à Santander, Madrid, Valence, Alicante, El Campello, Benidorm, Murcie, Cordoue et Cadix. Nous représentons la communauté française dans sa diversité sociale.

Enfin, et c'est le plus important, notre liste est transpartisane. Nous ne sommes pas apolitiques. Chacun a ses opinions et respecte celles des autres. Notre unique but, notre action et notre discours visent exclusivement et en priorité à défendre et accompagner les Français en dehors des clivages stériles droite-gauche.

 

Face à ceux qui jugent la fonction de conseiller des Français de l'étranger peu influente, comment démontrer son utilité concrète ? Et sur quels critères devrait-on évaluer, à l'avenir, le bilan des élus sortants ?

On ne va pas se mentir, les conseillers ont très peu de pouvoirs. Les avis qu'ils donnent dans les conseils consulaires sont consultatifs. En revanche, leur disponibilité et leur proximité apportent à nos compatriotes une aide et un secours irremplaçables.

De plus, leur élection au suffrage universel leur confère une légitimité qui leur permet d'interpeller les autorités nationales (Parlement, gouvernement) et locales (ambassade, consulat général) pour faire avancer les dossiers. C'est le cas, par exemple, du dossier de l'avenir des lycées français.

L'appréciation du bilan repose, à mon sens, sur un travail de fond et permanent des dossiers qui préoccupent les Français en Espagne. Les courriers, les notes aux autorités, les réunions, la participation assidue aux conseils consulaires, aux conseils d'établissement des lycées sont autant de preuves de leur action et du respect de leurs engagements.

 

La participation électorale demeure faible aux élections consulaires. Comment la renforcer ?

La baisse de la participation touche toutes les élections. Cela pose un grave problème pour notre démocratie. Au cours de cette campagne, toutes les listes appellent à voter. On ne peut que s'en réjouir.

Plus la participation sera forte, plus nous pourrons avoir une légitimité renforçant nos interventions. C'est donc l'intérêt de l'électeur de voter.

Merci pour votre aide dans la diffusion de ce message.

 

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