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Candice Laporte : "dinh van Espagne fonctionne avec l’esprit startup"

Par Vincent Garnier* | Publié le 20/09/2017 à 22:31 | Mis à jour le 24/04/2018 à 15:56
Candice Laporte

Secrétaire générale des Conseillers du commerce extérieur de la France, Vice Présidente de l'association d'amitié hispano-française Mujeres Avenir, la Vice-présidente et administratrice de dinh van Espagne a aussi, à son actif, un parcours riche en expériences dans la création et le financement d'entreprise. "Passion", "prudence" et "entraide" sont quelques-uns des maîtres-mots qui justifient son engagement et régissent sa démarche, pour le développement de la filiale du joailler de luxe dans la Péninsule notamment. 

 

La filiale de dinh van Espagne a été inaugurée en 2014, avec une boutique ouverte dans la Milla de Oro, à Madrid. L'envie de faire connaître au sud des Pyrénées les bijoux de ce joailler hors-norme date pourtant de bien avant. Dans ce domaine comme d'en d'autres, Candice Laporte aura cependant dû faire primer la prudence sur la passion. Avec un parcours ancré dans le financement d'entreprise en Espagne depuis l'an 2000, date de son arrivée dans le pays, l'expérience du boom puis de la crise, cette Marseillaise bien décidée et à la voix tranquille a su attendre son heure avant de se (re)lancer dans l'aventure. De fait, avec 150 points de vente dans le monde, en France, en Belgique, en Suisse, au Portugal ou à Dubaï, la marque créée par l'ancien joailler de Cartier, qui souhaitait s'affranchir de certaines normes propres à la bijouterie, opère un développement hors de France avec mesure. Et si en rompant avec la perception traditionnelle du bijou, Jean Dinh Van a créé dans les années 60 une marque jouissant d'une identité manifeste, il faut aujourd'hui à ses successeurs savoir faire preuve de pédagogie pour porter la bonne-parole hors de l'Hexagone. "Quand on ouvre un pays, ce n'est jamais par hasard", sanctifie Candice Laporte. "On y va doucement, en essayant d'abord de comprendre la culture et les spécificités locales".

 

A Madrid, la marque au slogan soixante-huitard, "l'esprit libre de la joaillerie", qui promeut des bijoux de luxe qui puissent être portés au quotidien, "comme une seconde peau", aura dû s'armer de patience pour faire sa place. "C'est long, mais ça prend", juge l'administratrice de la filiale. "La communication est essentielle. Or nous avons très bien été accueillis par la presse, qui a bien accroché avec le design". En 2009, une étude de marché et des tests produits avaient cependant déjà permis de mesurer à quel point ses produits très épurés étaient encore éloignés des habitudes du pays. En Espagne, un bijou devait encore être bien visible, ostentatoire presque. On avait alors jugé le break even trop éloigné. Mais les choses évoluent. Si la menotte, bijou symbolique de dinh van, n'est pas encore le produit phare en Espagne, le travail développé par la marque sur l'accumulation, par exemple des bracelets (en or, serties de diamants), dans la tendance actuelle du "stacking", porte ses fruits. Et “on voit désormais certaines personnalités qui portent nos bijoux, à l’instar de Céline Dion, Carla Bruni, David Guetta et Catherine Deneuve en France, ou Juana Acosta, Blanca Suárez, Manuela Velasco et María León, par exemple, en Espagne. "C'est une fierté, le signe d'un changement des mentalités, et une publicité sans conteste pour dinh van".

 

Huit ans après les premières velléités d'implantation, trois ans après le lancement effectif de la filière, dix-sept ans après avoir posé les pieds dans le pays, l'avenir est donc non seulement chargé de défis, mais aussi de promesses, pour Candice Laporte. D'autant que la Secrétaire Générale des CCEF peut déjà se targuer d'y avoir relevé un certain nombre de paris. A commencer par celui de faire sa place dans un milieu particulièrement masculin, celui du capital risque. Entre cabinets d'avocats, fonds d'investissements et banques d'affaires, la jeune Marseillaise s'est imposée dans une aventure qui l'aura menée à la direction de Capital & Corporate lors de son abosortion par IFAES ou encore au lancement, comme associée de Creaventure, du Salón MiEmpresa. Ses premiers pas dans le secteur, avec le lancement de la revue Capital & Corporate en 2000, lui auront non seulement transmis le virus de la création d'entreprise, mais aussi les bases de l'entrepreneuriat. "Je n'ai pas pris de vacances pendant près de 3 ans", se souvient-elle. "Au début, on faisait tout nous-mêmes : on agraphait même à la main les pages du magazine". Du "do it yourself" à la levée de fonds, elle a au cours de ces années connu toutes les étapes du succès, relevé les défis, tenu les promesses.

 

Et les expériences portent en elles les enseignements. L'engagement bénévole au sein des CCEF ou de l'association Mujeres Avenir,en constitue une illustration notoire. "Quand on est entrepreneur, c'est tellement captivant, le bon comme le mauvais, il faut être conscient de ça, savoir être bien entouré et savoir partager", juge-t-elle. "J'ai des journées interminables, mais tout ce que je fais est apprentissage, enrichissement personnel", analyse-t-elle encore. Et d'ajouter : "Tout ce que l'on donne, à un moment donné nous revient, la roue tourne tout le temps". Un dernier conseil pour la route ? "Surtout, il faut s'éclater"... Un adage qui vaut en coworking comme dans la Milla de Oro, où la Vice-présidente et administratrice de dinh van Espagne continue à incuber le virus de l’entrepreneuriat. "dinh van Espagne fonctionne avec l'esprit startup", estime-t-elle d'ailleurs à cet égard.

 

"Le secteur du luxe se porte actuellement plutôt bien en Espagne" estime Candice Laporte. "Les marques font du chiffre avec les touristes des pays asiatiques, russes ou en provenance du Moyen-Orient", explique-t-elle encore. La conjoncture est donc plutôt porteuse mais en la matière dinh van défend, comme d'habitude, une stratégie à contre-courant, principalement tournée vers le marché local. "Nous n'avons que 50 ans d'existence", explique son ambassadrice dans le pays, "nous ne pouvons pas bénéficier de la même attractivité que d'autres acteurs du luxe". "Notre volonté est de développer une base locale solide". Avec une quinzaine de points de vente dans le pays, à Madrid donc, mais aussi Barcelone, Alicante, Pamplune, Majorque ou Puerto Banús, dinh van devrait ouvrir une seconde boutique en nom propre, d'ici 2 ans. En attendant toute l’équipe de la calle Ortega y Gasset soigne le moindre détail. "Sous la direction d'Inès Mony, nous avons la chance de compter sur des personnes complètement investies dans la marque, constamment à l'affût de l'opportunité commerciale ou du détail client", se réjouit Candice Laporte.

 

"En Espagne il y a une qualité de vie incroyable. Madrid, c'est le juste milieu entre Marseille et Paris. Pour moi, ça a été le coup de cœur immédiat", sourit-elle. "Vivre ici, c'est une chance".

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