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URBANISME – Les 10 constructions les plus calamiteuses d’Espagne

Par lepetitjournal.com Madrid | Publié le 18/05/2015 à 22:00 | Mis à jour le 19/05/2015 à 04:28

Frappée par l'éclatement de la bulle immobilière en 2008, l'Espagne abrite aujourd'hui de nombreux édifices dont la construction n'a jamais pu se terminer, ou bien qu'aucune entreprise n'a jamais voulu racheter suite à la crise économique. Du plus évident au plus étrange, voici une liste non-exhaustive des bâtiments dont la construction a été arrêtée, ou bien qui seraient devenus inutiles bien après avoir été inaugurés.

In Tempo Benidorm (CC Joanbanjo)
L'Edificio In Tempo Benidorm est une tour de deux cent mètres de haut en construction à Benidorm, dans la province d'Alicante. C'est surtout le symbole du boom immobilier qu'a connu l'Espagne avant la crise de 2008. Les travaux, qui ont commencé en 2007, auraient dû être achevés en 2013, donnant lieu au gratte-ciel résidentiel le plus haut du pays. Mais le chantier a connu de nombreux aléas, le plus marquant étant sans doute que les ascenseurs dont disposait l'édifice étaient dimensionnés pour une tour de vingt étages? Il était initialement prévu que la tour de Benidorm en compte quarante-sept. Cette rumeur a par la suite été démentie, mais le constat est le même : après un accident qui a blessé 11 ouvriers qui travaillaient sur le chantier en 2011, l'édifice a aujourd'hui l'apparence d'un bâtiment laissé à l'abandon, qui représente désormais la démesure et la crise économique espagnole.

algarrobico almerieL'hôtel El Algarrobico (CC untipografico)
Dans la province d'Almería, l'hôtel "El Algarrobico" se situe sur la plage portant le même nom. Sa construction a été entreprise en 2003, puis paralysée en 2006. Mais les vives réactions engendrées par ce projet ne viennent pas de là. L'Algarrobico est une construction doublement illégale : elle se trouve dans le parc naturel protégé du Cabo de Gata qui constitue l'un des derniers territoires vierges de la côte méditerranéenne espagnole et ne respecte pas la "ley de costas" de 1988 qui affirme que le bord de mer appartient au domaine public, et n'est donc pas constructible. Aujourd'hui, la construction est définitivement abandonnée, et a laissé place à une structure de 21 étages creusée dans la montagne à moins de 30 mètres de la mer. Le paysage est évidemment défiguré, et les associations écologiques luttent depuis des années pour que l'on entreprenne la démolition définitive de l'édifice.

lemoniz pays basqueLa centrale nucléaire de Lemoniz (photo tirée du domaine public)
Située à seulement 20km de Bilbao, cette centrale nucléaire n'a jamais fonctionné, mais n'a pas non plus été démantelée. Elle n'est aujourd'hui qu'un vaste ensemble industriel de plus de 1.000 tonnes d'acier et 200.000 mètres cubes de béton armé, dont l'histoire est tachée de sang. Sa construction débutée en 1972 a donné lieu à une forte mobilisation populaire à l'encontre du projet, et à des attentats répétés de l'ETA. Suite à la violence des mouvements et à la lutte sans merci entre le gouvernement espagnol et les indépendantistes basques, le projet est abandonné en 1984. Le coût de la fermeture du chantier s'est élevé à 5,8 milliards d'euros, et le démantèlement des équipements électroniques a été réalisé en 2002.



aéroport castellonL'aéroport de Castellón-Costa Azahar
(Copie d'écran Youtube)
Son ouverture a eu lieu avant les élections régionales de 2011, mais cet aéroport n'a depuis le temps jamais été desservi par aucun vol régulier. Son coût est estimé à 150 millions d'euros, et, comme la tour de Benidorm, il est devenu un symbole puissant de la crise économique espagnole ainsi que des dérives des dépenses publiques. Il reste de l'espoir cependant, car quatre ans après son inauguration, l'aéroport de Castellón-Costa Azahar, situé à 100km de celui de Valence, a reçu son premier vol le 14 janvier dernier. De plus, il dispose désormais d'un poste-frontière qui lui permettra peut être de recevoir des vols internationaux.

El Parque de la Historia y el Mar, à San Fernando
Situé dans la province de Cadix, ce parc aquatique est un édifice moderne de 27.000m² entouré d'eau pour attirer les embarcations, qui contient plusieurs salles d'expositions et surtout un aquarium gigantesque, qui n'aura jusque-là jamais accueilli un seul poisson. La municipalité avait prévu de recevoir 200.000 visiteurs par an, mais ce qui devait être une révolution touristique pour la région et un hommage à la mer s'est transformé en un immense édifice abandonné dont aucune entreprise ne souhaite prendre les rênes. Sa construction aura coûté 10 millions d'euros à la région.

parque relajacion torreviejaEl Parque de Relajación, à Torrevieja (Copie d'écran Youtube)
Le spa qui aurait pu être "le plus cher du monde", un immense édifice en forme de coquille d'escargot signé des mains de l'architecte japonais Toyo Ito, est aujourd'hui en ruine. Sa construction a débuté en 2003 par un accord signé entre le ministère de l'Economie, la Generalitat de Valence et la municipalité de Torrevieja. Situé dans une zone environnementale protégée, le projet a été dû être annulé suite à la pression exercée par la Direction Générale des Côtes. En mars 2012, un incendie a ravagé une grande partie du bâtiment. Aujourd'hui, les 1.5 millions d'euros qu'a coûté le projet partent petit à petit en poussière, et le lieu est désormais fréquenté par des sans-abris.

meseta ski valladolidMeseta Ski, à Valladolid (Copie d'écran Youtube)
Une piste de ski "sèche", voilà le projet que la province de Valladolid a annoncé vouloir porter en 2006, au pied d'un village de 100 habitants. Situé dans la communauté de Castille-et-Léon, le projet prétendait pouvoir créer 34 emplois directs et prévoyait la visite de 40.000 visiteurs dès sa première année. Mais il n'en fut pas ainsi. Après que les constructions aient débutées, l'organisme "Ecologistas en Acción" a dénoncé les irrégularités que soulevait un tel projet : plusieurs erreurs concernant les licences environnementales, et surtout, le fait que le terrain de construction n'était autre qu'une zone qui avait souffert d'un incendie en 1999. Après plusieurs tentatives du gouvernement autonomique pour rendre le projet légal, il fut finalement complètement abandonné. Le résultat se traduit aujourd'hui par un gâchis de 12 millions d'euros, un impact non-négligeable sur l'environnement causé par ces installations, et la colère de la population locale.

passerelle formule 1La passerelle de Formule 1, à Valence (Copie d'écran Youtube)
15, c'est le nombre exact de jours durant lesquels la passerelle a été ouverte au public. La structure est connue sous le nom de Cuc de Llum, et s'est construite en 2008 pour donner accès au circuit F1 de Valence depuis le quartier de Nazareth. L'entreprise responsable du circuit et la municipalité se sont mis d'accord pour que la passerelle ne soit utilisable seulement lors des compétitions? c'est-à-dire trois jours par an. En 5 ans, elle aura donc été utilisée 15 jours. Depuis que le circuit a fermé ses portes en 2013, l'infrastructure se dégrade peu à peu et ni la Mairie, ni la Generalitat n'en assument la gestion. Elle aura coûté deux millions d'euros à la région de Valence.

creaa alcorconEl "Centro de Creación de las Artes" d'Alcorcón (photo CC Zarateman)
Il fait office aujourd'hui d'un désastre économique pour la communauté de Madrid. Situé à 13km de la capitale, l'élévation du CREAA a déjà coûté 100 millions d'euros à la municipalité l'Alcarcón, qui ne peut faire face aux 40 millions manquants pour terminer sa construction. Aujourd'hui cadavre architectural de 66.000m², il aurait dû contenir un cirque de 600 places, une salle d'expositions, un théâtre et une salle de congrès, entre autres. Les travaux ont débuté en 2007 mais sont aujourd'hui complètement arrêtés, en l'attente d'une solution. Le Centre de Création des Arts est donc encore loin d'être le "Guggenheim d'Alcorcón" comme l'a suggéré en 2007 Enrique Cascallana, ex-maire de la ville qui a soutenu le projet.

bosque acero cuencaEl Bosque de Acero, à Cuenca (Copie d'écran Youtube)
La "Forêt d'acier" est un projet imaginé en 2005 par la municipalité de Cuenca, dans la commune autonome de Castille-la-Manche. Cet immense édifice fait de verre et d'acier se destinait à l'origine à devenir un lieu multiculturel, qui abriterait divers événements tels que des concerts, des ateliers ou encore des expositions. Depuis la fin des travaux en 2010, qui auront coûté près de 8 millions d'euros, seulement quelques événements y ont été organisés. Abandonné aujourd'hui, le site se détériore petit à petit sans qu'on ne lui trouve aucune utilité.

 

 


Alexia RICARD (www.lepetitjournal.com ? Espagne) Mardi 19 mai 2015
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