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SPORT - La fin de l'hégémonie espagnole ?

Par lepetitjournal.com Madrid | Publié le 14/09/2014 à 22:00 | Mis à jour le 15/09/2014 à 03:22

Football, basket, tennis, Formule 1, cyclisme... L'Espagne est descendue de la première marche du podium dans de nombreuses compétitions cette année. Redoutables durant la dernière décennie où ils ont tout raflé, les sportifs ibériques ne sont plus à la fête depuis quelques temps. Comment l'expliquer ?

La défaite de l'Espagne en quart de finale du Mondial de basket confirme la tendance de ces derniers mois : le sport espagnol ne domine plus. Déchue de "sa" coupe du monde cette semaine contre la France, la Roja succède à la désillusion de sa cousine footballeuse en juin dernier au Brésil. C'est aussi plus délicat en sport individuel où les sportifs exceptionnels comme Alonso en Formule 1, Nadal en tennis ou Contador en cyclisme souffrent de plus en plus par rapport à leurs rivaux. Une page est peut-être en train de se tourner.

L'Espagne, une culture sportive
Et cette page ne date pas d'hier car ses origines remontent à la chute de Franco. Après la dictature, il fallait reconstruire une solidarité entre les régions d'Espagne. Le sport a été le vecteur tout trouvé pour réunir la population sous la même bannière. Les Jeux Olympiques de Barcelone en 1992 ont lancé la première offensive du sport espagnol. Cet évènement a fait prendre conscience aux fédérations du potentiel de leurs sportifs. Dès lors, l'Etat et les communautés ont axé leur aide sur la construction d'infrastructures les centres de de formation. L'effervescence est telle qu'il existe un institut du sport dans chacune des régions du pays. Toujours dans une situation délicate sur le plan économique, les Espagnols se raccrochent aux résultats de leurs héros dans multiples disciplines.

Une simple fin de cycle dans les sports d'équipe
Mais le temps de l'âge d'or ne restera pas éternel. La génération dorée touche à sa fin. C'est bien sûr le cas de la Roja en football, symbole de la réussite espagnole. Les joueurs n'étaient "plus dans le coup physiquement" - dû à leur âge - selon le quotidien Marca, qui appelait au recrutement d'une nouvelle génération. Pour le journal As, c'est la physionomie de jeu, inspirée du FC Barcelone mais n'étant plus au gôut du jour, qui est à l'origine de la claque reçue au Brésil.
La même chose peut être appliquée au basket. Championne du monde en 2006, vice-championne olympique en 2008 et 2012, deux fois vainqueur des trois derniers Eurobaskets, la formation ibérique est depuis longtemps la meilleure nation européenne, deuxième mondiale derrière les Etats-Unis. Mais cette défaite mercredi soir face à la France, auquel il faut ajouter le même sort en demie de l'Euro 2013, signe la fin d'une ère pour l'ogre hispanique.

Des causes plus diverses en individuel
Les difficultés se font ressentir dans les autres sports. Les stars espagnoles sont dans la seconde moitié, voire plus, de leur carrière. Mais ce n'est pas la seule cause. Fernando Alonso, double champion du monde de F1 dès l'âge de 25 ans en 2006, n'a plus coiffé de couronne depuis. S'il a souvent impressionné par sa combativité à bord de voitures inférieures à la concurrence, ces deux dernières années ont sapé le moral de l'Hidalgo, de moins en moins motivé à l'idée de jouer les secondes rôles. En cyclisme, Alberto Contador s'était forgé un gros palmarès avant 2011. Sa suspension pour dopage lui a coupé les ailes et il n'a plus remporté le Tour de France depuis 2009, se contentant de la Vuelta en 2012. El Pistolero doit en plus compter sur une concurrence plus affutée et plus jeune, incarnée par le Britannique Christopher Froome. Concernant le tennisman Rafael Nadal, la donne est légèrement différente. Le taureau des Baléares est toujours au sommet, mais ses blessures sont récurrentes. S'il devrait encore remporter quelques grands titres, le Majorquin semble de moins en moins imbattable ; l'année 2014, hormis son 9e sacre à Roland Garros, n'a pas livré les résultats espérés.

La fin d'une période magique, mais pas la fin du succès
Bien sûr, il faut relativiser ce "déclin" du sport espagnol. Une cause est propre à chaque sport, la coïncidence a fait que les meilleurs sportifs du pays ont gagné au même moment. En football, la Liga reste le meilleur championnat européen, et de grands noms continuent d'évoluer au premier plan. Le basket ibérique, malgré quelques accidents, affiche toujours un énorme potentiel, tout comme la Moto GP, ultra dominée par nos voisins pyrénéens. Alonso, Contador et Nadal ont encore quelques belles années devant eux, même si elles seront moins exceptionnelles que par le passé. Et enfin, les futurs champions, aidés par les institutions sportives de leur pays, présentent de belles dispositions. Seulement, après l'insolite domination de la génération dorée, on peut croire qu'un retour à la normale est synonyme de déclin.

Pierre LEPINE (www.lepetitjournal.com - Espagne) Lundi 15 septembre 2014
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