

Photo Karl Joseph
"La référence à Léon est une caractéristique majeure du discours de Zapatero", soulignait la semaine dernière El País. La ville de son enfance certes, mais aussi celle de son grand père paternel. Militaire républicain, il sera fusillé un mois après le début de la Guerre Civile. Dans son testament, il jure être innocent, pardonne à ses ennemis et demande qu'un jour l'honneur de son nom soit rétabli. Fortement marqué par cet épisode, le futur chef du gouvernement hérite très jeune de ces idéaux républicains inébranlables et se rapproche d'abord du parti communiste. Mais en 1979, c'est au Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) qu'il s'engage. Sept ans plus tard, il est élu à 26 ans le plus jeune député du Congrès espagnol.
Dans une interview donnée à l'époque, il fait référence à deux autres repères qui lui sont primordiaux : "Le Parti est le seul instrument sérieux, homogène. Pour moi c'est un deuxième amour ". Le premier ? "Sonsoles, ma fiancée". Aujourd'hui marié à Sonsoles Espinosa, Zapatero est aussi père de deux filles, Laura et Alba. Et la confidentialité de sa vie privée est stricte et "non négociable" selon les termes de son épouse. Chanteuse d'opéra, celle-ci garde le plus de distance possible avec la politique.
Moderne mais intransigeant
Malgré son assurance et son apparente tranquillité, Zapatero apparaît parfois comme un homme de paradoxes. L'image du politique moderne, pragmatique et dynamique est fortement répandue. Et l'on souligne souvent sa volonté de se mettre sur la même longueur d'onde que son adversaire, pour mieux le convaincre.
Consensuel Zapatero ? Pas vraiment. Salué mais parfois critiqué au sein même du PSOE, c'est un homme de principes qui n'a pas vacillé pour accomplir la plupart de ses promesses de campagne, quitte à diviser la société. La loi sur le mariage homosexuel, la fin de l'enseignement obligatoire de la religion à l'école, et surtout la loi sur la mémoire ont pour certains réveillé de vieilles blessures. Qu'importe. "Vous savez que je suis une personne tranquille et sereine" disait-il aux militants le 10 février dernier à Pamplona. "Mais vous le savez aussi, je ne me fâche pas, mais ne me tais pas non plus".
Marion DOUET. (www.lepetitjournal.com - Madrid) lundi 25 février 2008
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Article d'El País.com





