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Macron en Espagne : 17 ans après Sarkozy, les enjeux d’une visite d’État

Emmanuel Macron effectue les 29 et 30 septembre sa première visite d’État en Espagne. Il sera reçu par les souverains espagnols avant de rencontrer Pedro Sánchez. Derrière le cérémonial, un dossier retient particulièrement l’attention : le traité d’amitié signé à Barcelone en 2023 attend toujours son approbation définitive côté espagnol.

brigitte et emmanuel macronbrigitte et emmanuel macron
Emmanuel Macron, page officielle, DR.
Écrit par Paul Pierroux-Taranto
Publié le 29 septembre 2026

Felipe VI a déjà accordé à Emmanuel Macron le collier de l’ordre d’Isabelle la Catholique. Le traité d’amitié entre leurs deux pays, lui, attend encore le Sénat. Le contraste accompagne cette visite d’État : les marques de proximité sont nombreuses, mais l’accord censé les inscrire dans la durée n’est toujours pas entré en vigueur.

Mardi 29 septembre, Emmanuel et Brigitte Macron doivent être accueillis avec les honneurs militaires au Palais royal de Madrid par Felipe VI et Letizia. Les souverains leur offriront ensuite un déjeuner à la Zarzuela, suivi d’un entretien entre les deux chefs d’État. Un dîner de gala est prévu dans la soirée. Mercredi, Macron retrouvera Pedro Sánchez à La Moncloa, à midi, et participera avec le roi à un forum franco-espagnol consacré au commerce et à l’investissement.

La solennité du programme marque une première depuis dix-sept ans : le dernier président français reçu en visite d’État en Espagne était Nicolas Sarkozy, en avril 2009. Macron connaît pourtant le pays. Il s’était notamment rendu à Barcelone en janvier 2023 pour un sommet bilatéral avec Sánchez. C’est là que les deux dirigeants avaient signé le traité aujourd’hui au cœur de leurs relations.

 

Le traité d’amitié attend encore le vote du Sénat

Plus de trois ans et demi après sa signature, donc, le texte n’est toujours pas en vigueur. Le Congrès espagnol l’a approuvé, mais son examen au Sénat a été suspendu le temps que le Tribunal constitutionnel se prononce sur une disposition contestée : l’invitation régulière d’un ministre d’un pays à l’occasion du Conseil des ministres de l’autre.

Le 23 septembre, les juges ont écarté à l’unanimité toute incompatibilité avec la Constitution espagnole. Leur décision repose sur l’interprétation convenue par les deux gouvernements : le ministre invité participerait à une réunion distincte, en marge du Conseil des ministres, sans assister aux délibérations de celui-ci.

Le Sénat a repris l’examen du traité après avoir reçu cette décision le 25 septembre. Il doit encore se prononcer en séance plénière. Macron arrive donc à Madrid avec un obstacle juridique levé, mais sans traité ratifié : entre la cérémonie et l’entrée en vigueur de l’accord, il manque toujours un vote.

 

France-Espagne : 130 milliards d’euros d’échanges, des liaisons encore en chantier

Les échanges entre la France et l’Espagne dépassent 130 milliards d’euros, biens et services confondus, selon le gouvernement espagnol. La France est le premier marché d’exportation du pays, où près de 3.000 entreprises françaises sont implantées. Ce montant inclut les services : il ne correspond pas aux seuls échanges de marchandises.

La relation a aussi ses visages. Dans une fiche mise à jour en mars, le ministère français des Affaires étrangères recensait environ 81.000 Français inscrits au registre consulaire en Espagne, sans compter ceux qui n’y figurent pas. Pour ces familles, étudiants, salariés ou entrepreneurs, les liens entre les deux pays font partie du quotidien.

Les infrastructures, elles, avancent à un autre rythme. Dans le golfe de Gascogne, une liaison électrique en construction doit porter la capacité d’échange entre les deux pays de 2.800 à 5.000 mégawatts. Red Eléctrica estimait le chantier achevé à 70 % au 21 septembre ; sa mise en service reste prévue pour 2028.

Entre Barcelone et Marseille, la conduite sous-marine d’hydrogène BarMar est entrée en phase d’ingénierie détaillée. Ses promoteurs visent 2032 pour sa mise en service, sous réserve notamment des autorisations et des décisions d’investissement encore nécessaires.

À Madrid, la visite d’État donnera à voir la proximité franco-espagnole. Le vote du Sénat sur le traité et l’avancement de ces chantiers montreront ce qu’elle permet réellement de construire.

 

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