Édition internationale

MA PETITE ENTREPRISE – Willfried, un gourmet à Madrid

Écrit par lepetitjournal.com Madrid
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

Avec Ma Petite Entreprise, Lepetitjournal lance une série de portraits d'entrepreneurs français venus tenter leur chance à Madrid. Premier volet avec le témoignage de Wilfried Lemerle, qui a ouvert avec son épouse l'épicerie fine Plaisir Gourmet dans le quartier de Chueca, début 2007

Wilfried dans sa boutique à Chueca (LPJ)

Lepetitjournal.com : Pourquoi être venu créer une entreprise en Espagne, à Madrid ?
Wilfried Lemerle :
Madrid parce qu'on avait déjà un réseau amical et qu'en terme de potentiel il y avait des choses qui n'avaient pas été faites, comparé à d'autres capitales européennes. Mais la qualité de vie et mes affinités pour ce pays ont beaucoup compté. Ma femme a d'ailleurs des origines espagnoles. C'est un mix entre qualité de vie et opportunités professionnelles. A l'époque la croissance en Espagne était importante par rapport au reste de l'Europe.


Quel sont les avantages d'une création d'entreprise à Madrid ?
Avant de partir j'avais fait un comparatif avec la France : c'était deux fois moins cher de m'installer à Madrid, et deux fois plus rentable. Le choix était vite fait. Les charges sociales et patronales, les loyers, les impôts, les prix... D'autre part, les gens sont très accueillants et il existe un grand dynamisme, qui donne beaucoup d'énergie. On a l'impression qu'on peut tout réussir;le cadre est très favorable à l'entreprenariat. Tout le contraire de ce qu'on peut ressentir à Paris

Quelles sont les principales difficultés que tu as rencontrées ?
Les formalités administratives ! Je pensais que la France était championne. Par rapport à ce que l'on m'avait dit, j'ai été un peu surpris en arrivant.
J'ai été surpris aussi par le fonctionnement professionnel des Espagnols : sur les horaires, les documents? Pour les rendez-vous, ils viennent rarement à l'heure ou ils ne viennent pas. Ils viennent parfois sans aucun document avec eux pour présenter les prix, les photos des produits. Des détails qui sont un peu plus durs à comprendre quand on n'a pas l'habitude. Au départ cela peut faire perdre du temps.

L'image française quand on monte un projet comme celui-ci est importante ?
La plupart du temps, c'est un vrai avantage. En tout cas dans le domaine de la gastronomie c'est évident, c'est le côté "French Touch". Ca donne une bonne crédibilité. D'un point de vue global, on est assez bien vu et bien accueilli par les Espagnols. Il y a cette idée de voisins, de pays limitrophes.

Quels sont vos projets pour Plaisir Gourmet?
Le développement de la franchise. Depuis l'ouverture, on a déjà eu une vingtaine de demandes, dont quatre à l'étranger qu'on a refusées parce qu'on n'est pas structuré pour ça. On souhaite d'abord se concentrer sur l'Espagne.
Sur les 20 propositions, il y en avait quatre vraiment sérieuses, qui avaient conscience de la difficulté d'ouvrir une boutique. Donc on travaille avec ces personnes-là, pour ouvrir des boutiques dans d'autres villes en Espagne. C'est un processus très long puisqu'une fois trouvé la bonne personne et le financement, il faut trouver aussi un bon local. C'est une étape qui prend souvent beaucoup de temps, même quand tout le reste est ficelé.

Vos conseils pour un futur entrepreneur à Madrid ?
Dès qu'il arrive, demander son NIE personnel et son CIF/NIF* professionnel. Avoir ces deux éléments aide dans les démarches suivantes. Cela permet de ne pas être bloqué par des stupidités administratives. Cela parait assez simpliste comme conseil mais c'est primordial pour gagner du temps dans la phase de lancement du projet.
Il faut faire aussi attention aux locaux : beaucoup ne sont pas aux normes européennes.
Mais l'Espagne est vraiment un pays pour monter des sociétés, il y a une vraie dynamique dans ce sens-là.
Enfin il faut privilégier le contact humain. En tant que Français on a peut-être l'esprit cartésien : il faut le garder pour monter le dossier. Mais il faut savoir aussi se laisser aller, avoir ce côté latin, parce que c'est comme ça que ça marche, et que c'est à nous de nous adapter.
Propos recueillis par Rodolphe d'ARAGON. (www.lepetitjournal.com - Madrid) lundi 16 juin 2008

* Codigo/Numero Informacion Fiscal

Plaisir Gourmet
C/ Gravina 1
http://www.plaisirgourmet.com/

logo lepetitjournal madrid espagne
Publié le 16 juin 2008, mis à jour le 13 novembre 2012
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.