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Les plus grands incendies d'Europe : où se situe l'Espagne en 2026 ?

Jamais ou presque les cartes satellitaires de l'Europe n'avaient montré autant de rouge. Depuis le début de l'année, les incendies ont déjà ravagé plus de 150.000 hectares en Espagne, faisant de 2026 l'une des saisons les plus destructrices jamais observées à ce stade de l'année. Mais comment cette crise se compare-t-elle aux plus grands incendies qu'a connus l'Europe ? Entre records historiques, mégafeux et bilans nationaux, l'Espagne occupe désormais une place centrale dans une catastrophe qui dépasse largement ses frontières.

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Écrit par Paul Pierroux-Taranto
Publié le 29 juillet 2026

À mesure que les températures grimpent et que les sécheresses s'installent, les mégafeux deviennent une réalité de plus en plus fréquente sur le continent. Grèce, Portugal, France, Italie ou Espagne : aucun pays méditerranéen n'est épargné.

Mais comparer ces incendies est moins évident qu'il n'y paraît. Faut-il mesurer la superficie d'un seul mégafeu, le nombre total d'hectares partis en fumée sur une année ou le bilan humain ? Selon l'indicateur retenu, la hiérarchie change. Un incendie peut battre tous les records sans que son pays connaisse sa pire saison, tandis qu'une année particulièrement destructrice peut résulter de centaines de feux plus modestes.

 

L'Espagne vit déjà l'une des pires saisons de son histoire

Les chiffres donnent la mesure de la crise. Au 28 juillet 2026, plus de 153.000 hectares avaient déjà été détruits par les flammes en Espagne selon plusieurs bilans publiés ce jour-là, soit environ six fois plus qu'à la même période en 2025. Certaines estimations provisoires dépassent même les 170.000 hectares, plusieurs grands incendies étant encore actifs.

À titre de comparaison, le système européen Copernicus recensait encore 119.458 hectares brûlés six jours plus tôt, preuve que la situation évoluait extrêmement rapidement. Jamais depuis le début des relevés satellitaires européens une telle progression n'avait été observée en si peu de temps au cœur de l'été espagnol.

 

Le gigantesque incendie d'Ávila entre dans l'histoire

Symbole de cette saison hors norme, l'incendie de la vallée du Tiétar, dans la province d'Ávila, est devenu le plus vaste jamais enregistré en Espagne.

Selon les dernières estimations, il aurait parcouru près de 50.000 hectares, certains bilans évoquant même une superficie supérieure. À lui seul, ce mégafeu représente près d'un tiers des surfaces brûlées depuis le début de l'année dans le pays.

Sa violence a également marqué les spécialistes. Les flammes ont généré un pyrocumulonimbus, un gigantesque nuage créé par la chaleur du feu capable de produire ses propres vents et de rendre l'incendie encore plus imprévisible. Un phénomène extrêmement rare qui témoigne de l'intensité atteinte par certains mégafeux modernes.

 

Le plus grand incendie jamais observé dans l'Union européenne reste grec

Malgré l'ampleur du feu d'Ávila, le record européen appartient toujours à la Grèce. À l'été 2023, l'incendie d'Alexandroúpoli, dans le nord-est du pays, avait détruit environ 96.000 hectares, devenant le plus grand incendie jamais enregistré dans l'Union européenne depuis le début des observations du programme Copernicus.

Cet incendie avait brûlé durant plus de deux semaines et touché le parc national de Dadia, l'un des espaces naturels les plus précieux du continent.

Le feu espagnol de 2026 reste donc inférieur à ce record, mais il figure désormais parmi les plus vastes incendies jamais recensés dans l'Union européenne.

 

Les pires saisons ne sont pas toujours celles des plus grands incendies

Un immense incendie ne signifie pas forcément une année record. En 2025, l'Union européenne a connu la pire saison de feux depuis le début des observations de Copernicus, avec plus d'un million d'hectares brûlés. Cette année-là, plusieurs pays – Portugal, Espagne, Grèce, Roumanie ou Bulgarie – avaient été touchés simultanément par des centaines d'incendies de grande ampleur.

À l'inverse, une saison peut être dominée par un seul mégafeu particulièrement destructeur, comme ce fut le cas en Grèce en 2023. Ces différences expliquent pourquoi les spécialistes distinguent toujours les records de superficie d'un incendie des records annuels de surfaces brûlées.

 

Le Portugal, la Grèce et l'Espagne en première ligne

Depuis une vingtaine d'années, trois pays concentrent régulièrement les plus fortes surfaces brûlées en Europe : le Portugal, la Grèce et l'Espagne.

Le Portugal reste marqué par les incendies catastrophiques de 2017, notamment celui de Pedrógão Grande, qui avait fait plus de soixante victimes. La Grèce a connu plusieurs saisons historiques, dont celle de 2023, tandis que l'Espagne alterne depuis plusieurs années des étés relativement contenus et des saisons particulièrement destructrices.

La France, longtemps moins exposée, connaît elle aussi une aggravation du phénomène. Les incendies qui touchent actuellement le sud-ouest du pays ont déjà conduit à l'évacuation de centaines de milliers de personnes, un niveau inédit en temps de paix selon plusieurs autorités françaises.

 

Une Europe qui brûle plus tôt et plus longtemps

Les spécialistes de Copernicus observent depuis plusieurs années un allongement de la saison des incendies. Les grands feux ne se limitent plus aux mois de juillet et d'août. Ils débutent parfois dès le printemps et peuvent se poursuivre jusqu'à l'automne lorsque les épisodes de chaleur se prolongent.

Au-delà des surfaces détruites, ce sont également les conséquences humaines qui inquiètent. En Espagne et en France, les incendies de l'été 2026 ont déjà provoqué plusieurs décès, entraîné l'évacuation de centaines de milliers de personnes et mobilisé des milliers de pompiers venus de toute l'Europe.

Il est encore trop tôt pour savoir si 2026 deviendra la pire année jamais enregistrée en Espagne. La saison est loin d'être terminée et les bilans continuent d'évoluer.

Une chose est déjà certaine : avec plus de 150.000 hectares partis en fumée avant même la fin juillet, l'Espagne traverse l'une des saisons les plus destructrices de son histoire récente. L'incendie d'Ávila s'est imposé parmi les plus grands mégafeux jamais observés en Europe, tandis que la saison est encore loin d'être terminée.

Si l’on met de côté un instant les records, ces incendies éclairent surtout une évolution plus profonde. Partout sur le continent, les feux gagnent en intensité, s'étendent sur des surfaces inédites et mobilisent des moyens toujours plus importants. L'Europe apprend peu à peu à vivre avec des mégafeux qui, il y a encore quelques décennies, relevaient de l'exception.

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