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HISTOIRE DE MADRID – Le Palacio de Cibeles : un beau bâtiment qui sert à rien ?

Par lepetitjournal.com Madrid | Publié le 10/03/2015 à 23:00 | Mis à jour le 10/03/2015 à 18:56

Esperanza Aguirre, candidate PP à la mairie de Madrid, a relancé cette semaine les débats concernant les frais liés à l'entretien de cet édifice emblématique de la capitale espagnole, évalués à 2 millions d'euros par an. Epicentre d'une Espagne aux velleités modernistes et vouée aux communications, fleuron défraîchi d'une apothéose éphémère, centre d'art contemporain sans public... A quoi sert donc ce palais et quelle est son histoire ?

(Photo CC Ricardo Ricote Rodríguez)

L'histoire de l'édifice débute en 1904, lorsque deux jeunes architectes espagnols, Antonio Palacios et Joaquín Otamendi, remportent un concours d'architecture organisé par l'Etat. Leur proposition mêlant modernité et tradition, ils parviennent à construire un édifice qui, encore aujourd'hui, jouit d'un côté grandiose, notamment du fait des matériaux utilisés : le verre, la pierre et le fer. Un chef d'?uvre architectural, donc, qui mélange deux styles, Renaissance et néogothique, à un emplacement idéal, à la jonction des deux principaux axes de la ville, la rue Alcalá et le célèbre Paseo del Prado. La première pierre du Palacio de Telecomunicaciones, nom d'origine donné au bâtiment, fût posée en 1907 et c'est après 12 ans de travaux que les 12.207 m² de l'édifice furent inaugurés, le 14 mars 1919.

Evolution au fil du temps
Pendant une centaine d'années, le Palacio de Telecomunicaciones a été le centre d'un système de communication puissant et efficace couvrant toute l'Espagne, incluant service postal, télégraphe et téléphone. La construction du bâtiment correspond d'ailleurs à un véritable besoin de Madrid, capitale isolée au milieu du pays, pour qui la communication est au coeur de son développement et de sa survie en tant que telle.  
En 1987 cependant, le service télégraphique prend fin et si le bâtiment sert encore de lieu de transit du courrier pour tout le pays, l'activité va décroissant jusqu'à ne devenir plus que résiduelle. En 1994 le bâtiment subit des travaux de rénovation et les façades sont rafraîchies. Dès 2003, le conseil municipal de la ville décide d'acquérir le bâtiment afin de revoir sa fonction et d'investir dans des travaux, rapidement jugés pharaoniques.

Les travaux aux millions d'euros
126 millions d'euros ont été dépensés pour la restauration du Palacio de Telecomunicaciones, alors que le budget initial s'élevait à 70 millions d'euros. Des travaux contestés par la potentielle future maire de Madrid, Esperanza Aguirre, qui selon le quotidien ABC refuse d'y mettre un pied si elle est élue. L'investissement a cependant permis de consolider les fondations, de construire un auditorium et de créer une gigantesque verrière qui traverse le palais. Et la transformation ne s'arrête pas là : le nom initial a été changé pour donner naissance au "Palacio de Cibeles", en rapport avec la place qu'il occupe sur le rond-point à la fontaine portant le même nom.

Palacio de Cibeles aujourd'hui et demain
Sa superficie, de 60.000 mètres carrés, est aujourd'hui répartie sur douze étages. L'Hôtel de Ville occupe environ 20.000 m² et les 40.000 m² restant sont dédiés au centre culturel CentroCentro. La bâtiment accueille près de 100.000 visiteurs par mois, ce qui le positionne dans le top 3 des lieux les plus visités de la capitale espagnole, juste derrière le musée du Prado et le musée Reina Sofia. CentroCentro propose une multitude d'expositions sur l'art, l'architecture et la mode, avec accès souvent gratuit... Tout un programme culturel, dont le succès reste cependant à relativiser, puisque ce qui attire le plus les touristes reste la terrasse et ses vues imprenables (et payantes) sur Madrid.

Delphine LESAFFRE (www.lepetitjournal.com-Espagne) Mercredi 11 mars 2015
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