

Relancés en championnat et galvanisés par d'excellentes sorties en Ligue des champions, les Merengues défient le leader blaugrana dimanche au Camp Nou (19h50) dans un match importantissime pour la suite de la Liga. En cas de contre-performance, Mourinho, critiqué par une partie de ses joueurs, pourrait voir sa place menacée
C'est sans doute sa dernière saison. José Mourinho, l'entraîneur du Real Madrid, pourrait vivre l'un de ses derniers clasicos, dimanche soir, au Camp Nou. Cette semaine, le Portugais a multiplié les sorties médiatiques, les petites phrases qui alimentent les conversations dans les cervecerias de la capitale. "Je dis simplement et ouvertement que pour beaucoup de raisons, après mon travail ici au Real, ma prochaine étape sera l'Angleterre, mais j'ignore quand", a-t-il affirmé dans une interview accordée à CNN. Un signe qu'il se sent partir ? "J'ai signé un contrat de quatre ans avec le Real", répond Mou, évasif, alors qu'il est lié au club madrilène jusqu'en 2016.
Dissensions entre Mourinho et certains joueurs
Contractuellement, la place de Mourinho n'est donc pas menacée. Mais en coulisses, l'entraîneur portugais pourrait faire ses bagages plus vite qu'il ne le pense. Il est au c?ur d'une lutte de pouvoir interne de grande ampleur. Sur son site internet, El Pais a lâché une bombe mercredi en révélant des dissensions profondes entre lui et une partie de ses joueurs. A Valdebebas, le centre d'entraînement des Merengues, on parle même de "clans" au sein de l'équipe : les anti-Mourinho, avec à leur tête le défenseur Sergio Ramos, qui a pris publiquement la défense de Mesut Özil, écarté du groupe par le coach portugais officiellement à cause de ses mauvaises dernières sorties. Ramos a désamorcé cette semaine sur Twitter : "Ma relation avec Mourinho est bonne, honnête et claire". Et de l'autre côté les pros, qui affichent un soutien timide à leur entraîneur.
Des Madrilènes euphoriques
Pourtant, sportivement, le Real ne montre aucun signe de faiblesse interne, il fait corps, joue en équipe. Les Merengues, auteurs d'un début de saison calamiteux, avancent à un rythme supersonique, inscrivant but sur but. En attaque, Cristiano Ronaldo tourne à plein régime (deux hat-tricks consécutifs face à La Corogne et l'Ajax). Le Français Karim Benzema a retrouvé sa vista. Le Brésilien Kaka a effectué le match le plus abouti depuis qu'il est arrivé à Madrid, selon de nombreux observateurs. En un mot, les Madrilènes sont euphoriques.
Barcelone avance (presque) sans crainte
De leurs côtés, les Barcelonais comptent bien briser cette dynamique. Emmenés par un Lionel Messi toujours aussi saignant (six buts en six matchs), les Blaugranas réalisent un début de championnat parfait, avec six victoires en autant de rencontres. Ils sont les leaders incontestés de la Liga, deux points devant l'Atletico Madrid, leur dauphin, et huit devant leur ennemi juré, le Real (sixième). En cas de victoire, ils pourraient repousser les Merengues à onze unités au classement, les écartant quasiment définitivement de la course au titre.
Blessure de Puyol
Mais le Barca affiche aussi des points faibles. Son emblématique capitaine, Carles Puyol, s'est retourné le bras au cours d'une mauvaise chute lors du match de Ligue des champions mardi à Benfica. La vidéo spectaculaire a fait le tour du globe. La défense du Barça sera forcément remodelée par son absence. Tito Vilanova sera jugé sur la pertinence de son choix.
Barcelone reste également sur un revers amer face à ses adversaires du jour lors de la Super coupe (3-2 au match aller, puis défaite 2-1 à Bernabeu), un échec qui a mis à mal la suprématie des Catalans en terre ibérique. Alors renouveau du Real ou mainmise du Barca ? Réponse dimanche lors d'un clásico qui promet d'être chaud, chaud, chaud.
Damien LEMAÎTRE (www.lepetitjournal.com ? Espagne) Vendredi 5 octobre 2012



