Édition internationale

Emmanuel Macron en Espagne les 29 et 30 septembre pour une visite d’État historique

Emmanuel Macron effectuera une visite d’État en Espagne les 29 et 30 septembre. La première d’un président français depuis 2009. Reçu par Felipe VI puis Pedro Sánchez, le chef de l’État arrive à Madrid avec une importante séquence diplomatique au programme, mais aussi un dossier bilatéral embarrassant : le traité d’amitié franco-espagnol signé il y a plus de trois ans n’est toujours pas ratifié par l’Espagne.

Pedro Sanchez et Emmanuel MacronPedro Sanchez et Emmanuel Macron
Ministry of the Presidency. Government of Spain (Attribution ou Attribution), via Wikimedia Commons
Écrit par Paul Pierroux-Taranto
Publié le 14 septembre 2026

Emmanuel Macron est attendu en Espagne les 29 et 30 septembre prochains pour une visite d’État de deux jours, ont annoncé lundi 14 septembre l’Élysée et le gouvernement espagnol.

Le déplacement revêt une importance particulière : il s’agira de la première visite d’État d’un président français en Espagne depuis 2009. « Cette première visite d’État […] illustrera la profondeur des liens qui unissent nos deux pays ainsi que la densité de leurs coopérations », souligne l’Élysée.

Le président français, accompagné de Brigitte Macron, sera reçu par le roi Felipe VI et la reine Letizia, qui donneront un dîner de gala en son honneur. Le 30 septembre, Emmanuel Macron rencontrera ensuite le président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez à La Moncloa.

 

Ukraine, Proche-Orient, intelligence artificielle…

Derrière le cérémonial, l’agenda politique s’annonce chargé. Les deux dirigeants doivent notamment évoquer « les grands enjeux européens et internationaux », avec au premier plan la guerre en Ukraine et la situation au Proche-Orient. Paris insiste également sur « un attachement commun à la protection de la démocratie et de la jeunesse », notamment face aux défis posés par les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle.

La relation économique devrait elle aussi occuper une place dans les échanges. L’Élysée décrit l’Espagne comme un « important partenaire économique et d’investissement » pour la France et met notamment en avant les coopérations dans les secteurs numérique et spatial.

La visite intervient enfin dans un contexte européen particulièrement sensible, marqué par les débats sur l’immigration, la progression des droites radicales dans plusieurs pays et les interrogations sur la capacité de l’Union européenne à répondre collectivement aux crises internationales.

 

Un traité d’amitié toujours bloqué en Espagne

Mais un dossier bilatéral risque de s’inviter dans les discussions. La dernière grande visite d’Emmanuel Macron en Espagne remonte à janvier 2023, lorsqu’il avait retrouvé Pedro Sánchez à Barcelone pour un sommet franco-espagnol.

Les deux dirigeants avaient alors signé un ambitieux traité d’amitié et de coopération, destiné à renforcer les relations entre les deux pays, sur le modèle des accords conclus par la France avec l’Allemagne et l’Italie. Le texte prévoit notamment davantage de coordination politique et de coopération dans des dossiers aussi sensibles que les transports, l’énergie ou les connexions transfrontalières.

Plus de trois ans et demi après sa signature, le traité n’est pourtant toujours pas définitivement ratifié par l’Espagne. L’une de ses dispositions, prévoyant la participation régulière d’un ministre d’un pays aux réunions gouvernementales de l’autre, a notamment suscité l'opposition du Parti populaire. Le PP, majoritaire au Sénat, a contribué à bloquer sa ratification et conteste la constitutionnalité du dispositif.

La situation est d’autant plus singulière que la France a, elle, achevé sa ratification en mars 2025. La venue d’Emmanuel Macron offrira donc à Paris et Madrid l’occasion de remettre en scène leur proximité, mais aussi de tenter de relancer une coopération bilatérale qui avance moins vite que prévu.

Ce déplacement aura enfin une dimension particulière pour le président français. Après deux mandats à l’Élysée, Emmanuel Macron approche de la fin de sa présidence, alors que l’élection présidentielle française doit se tenir au printemps 2027. Cette visite en Espagne pourrait ainsi être l’une de ses dernières grandes séquences bilatérales européennes en tant que chef de l’État.

 

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