

En Espagne en général et à Madrid en particulier, trouver une crèche décente à prix correct et sans attendre jusqu'aux calendes grecques n'est pas toujours évident. Choix politiques, évolutions démographique et sociologique, aléas de l'économie poussent l'offre et la demande à faire le yoyo
(Photo AFP)
Brian est père d'un petit garçon de onze mois, placé dans une crèche publique. "Ça n'a pas été si compliqué. J'ai dû m'inscrire comme photographe autonome pour que nous soyons tous les deux considérés comme parents actifs, et cumulions assez de points pour avoir une place" explique-t-il. Ainsi fonctionne ici le système des crèches publiques : selon un barème de points basé sur les conditions de vie des parents, leur profession, leur domiciliation, le nombre d'enfants, etc. "Après une période d'attente, a été publiée une première liste d'admission sur laquelle nous étions inscrits. On avait fait les démarches pendant l'été, pour une place à la rentrée". Brian et sa famille semble avoir eu de la chance, les listes d'attentes étant parfois longues. Et pourtant, nombreuses sont les places vacantes. Madrid a en effet ouvert récemment 23 nouvelles crèches, dont neuf comptent encore des places libres.
100 euros par mois pour la purée de bébé
Pourquoi ? Car la crise a fait baisser la demande, selon la municipalité. Car la construction de ces nouvelles crèches a été mal planifiée et que les prix ont beaucoup augmenté, selon l'opposition. Brian paie environ 300 euros par mois pour laisser son fils en crèche de 9h à 16h30 du lundi au vendredi, plus 40 euros pour le laisser une heure de plus le soir. "Ça ne me semble pas cher, mais ce qui me dérange, c'est que la cantine soit obligatoire, et revienne à 100 euros par mois. Pour de la purée pour bébé, c'est un peu élevé. Mais j'estime avoir de la chance d'avoir une place à ce prix là" dit-il, alors que de nombreuses familles se tournent vers les crèches privées, beaucoup plus onéreuses, lorsque l'administration ne leur délivre pas le précieux sésame de la crèche publique. Ce qui n'empêche pas les crèches publiques madrilènes d'être parmi les plus chères d'Espagne : deuxièmes au classement derrière la Catalogne, avec un coût moyen de 179 euros, selon une enquête de l'Organisation des consommateurs et usagers.
Parmi les crèches les plus chères d'Espagne
Non seulement elles sont chères, mais elles le sont de plus en plus, avec une augmentation de 8,5% du coût mensuel pour cette rentrée, et une mauvaise surprise: la fin des places gratuites pour les familles aux revenus les plus bas, qui devront désormais payer 45 euros par mois minimum. Une pilule qui passe d'autant plus mal qu'au plan national, le gouvernement Zapatero a mis un frein au "chèque bébé" de 2.500 euros versés pour chaque nouveau né, à compter de janvier 2011. "On touche 100 euros par mois d'aide de la communauté de Madrid pendant trois ans" explique Brian. C'est le "chèque garderie" versé par la communauté pour 31.000 enfants, qui permet aux parents d'atténuer le coût des crèches, qu'elles soient publiques ou privées. Récemment, la présidente de la communauté de Madrid Esperanza Aguirre a envoyé a l'ensemble de ces familles une lettre rappelant ce qu'est cette aide et l'ensemble de la politique dont elle découle. Nul doute que les bénéficiaires et surtout les non-bénéficiaires apprécient que l'argent public soit ainsi dépensé.
Bruno DECOTTIGNIES (www.lepetitjournal.com ? Espagne) Jeudi 4 novembre 2010
Plus d'infos :
Les démarches pour inscrire son enfant en crèche
Pour trouver une crèche près de chez soi :
http://www.guarderias.org/guia-guarderias-en-madrid.html
http://www.topmadrid.com/es/Empresas_Negocios/Educacion_Formacion/Guarderias/
http://www.guarderiasenmadrid.com/
Lire également : PLAN D'AUSTERITE - La fin du chèque bébé





