

Un mois avant la célébration des fêtes et l'offrande des cadeaux, la plupart des commerçants du centre de Madrid ne semblent pas voir décoller leurs ventes. Mais si la crise a affecté le pouvoir d'achat moyen, les ménages les plus aisés dépensent toujours autant
Une chute des ventes de l'ordre de 30% à un mois des fêtes (LPJ)
La rue est noire de monde, mais les mains sont vides. Pour Carlos, cela ne fait pas de doute, les gens ont pris peur et ils hésitent à consommer. Du fond de sa boutique où il vend toutes sortes de montres, notre homme compulse nerveusement les revues économiques de la semaine et s'en prend aux gouvernements de tous bords. Puis revenant aux réalités et aux chiffres de son commerce, il estime de 30% la chute de ses ventes par rapport à l'an dernier. Moins 30%, c'est également ce qu'annonce un peu plus loin le gérant d'un magasin de vêtements branchés. "Le fait d'être situés dans une zone touristique nous permet de sauver les meubles", relativise-t-il. Ce n'est pas le cas de tout le monde, et certains ont même dû se résoudre à baisser les prix, histoire d'attirer le chaland. "Je ne devrais pas vous le dire, mais ça ne va pas du tout", glisse la responsable d'un grand magasin de vêtements franchisé situé sur la Gran Via, confirmant que la tendance affecte également les grandes enseignes.
Ils tirent leur épingle du jeu
Ambiance feutrée et musique jazzy. Marta chouchoute ses clients et n'hésite pas à passer le temps qu'il faut pour bien les conseiller. "Nous estimons plutôt que notre chiffre va continuer à augmenter par rapport à l'an passé", affirme-t-elle. Dans cette parfumerie "à la française"située au c?ur de Chueca, la crise semble ne pas avoir franchi le pas de la porte. Même impression dans une boutique française d'épicerie fine, où les clients se succèdent à la caisse. "Pour nous, l'effet Noël a déjà commencé", confirme-t-on. Il semble donc que dans un contexte morose, le luxe résiste plutôt bien. "Si la clientèle qui dépensait entre 30 et 40 euros s'est faite plus rare, mes habitués qui achètent sans regarder sont toujours aussi fidèles" ajoute Marta.
En cette période de crise, c'est donc une bonne nouvelle : le "made in France"est toujours aussi vendeur.
Vincent Garnier (www.lepetitjournal.com Madrid) lundi 1er décembre 2008







