Édition internationale

CINEMA - Les premiers films français de 2014 sur les écrans madrilènes

Écrit par lepetitjournal.com Madrid
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 30 janvier 2014

"20 ans d´écart" ("20 años no importan") de David Moreau est une comédie française qui met en avant le phénomène "cougar", c´est-à-dire les femmes d´âge mûr qui entretiennent des liaisons avec des hommes considérablement plus jeunes qu´elles. Le film est une comédie bien réussie qui nous fait rire du début à la fin, tout en nous présentant une critique des préjugés sociaux qui se déclenchent, très souvent, quand une femme tombe amoureuse d´un homme beaucoup plus jeune. Sous une forme humoristique et avec un rythme trépidant, "20 ans d´écart" revendique l´égalité des sexes dans la différence d´âge amoureuse.

Une comédie pétillante et romantique
Le cinéma français se caractérise par sa variété de styles et concrètement, les comédies sont un des ses points forts. "Intouchables", "L´arnacoeur", "Populaire" ou "Fly me to the moon" sont quelques exemples récents de ce genre cinématographique qui brille spécialement en France. "20 ans d´écart" appartient à ce groupe-là. C´est une comédie bien ficelée, divertissante mais qui n´exclut pas des critiques subtiles sur certains sujets. Il s´agit d´une comédie pétillante et romantique, très réussie. Le film n´est jamais mièvre car il possède, par-dessus les gags et les moments amusants, un aspect un peu malicieux, un peu perturbateur et une folie qui nous emballe tout au long de l´histoire. "20 ans d´écart" correspond aux codes de la comédie romantique traditionnelle française : elle est élégante, délicate, soignée formellement, avec des dialogues frais et pleins de charme. De plus, elle est très bien interprétée. Le tandem protagoniste est parfaitement huilé. D´une part, le jeune Pierre Niney (pensionnaire de la Comédie Française et protagoniste du dernier biopic sur Yves Saint-Laurent, film qui vient de sortir en France) dans le rôle de Balthazar, l´étudiant amoureux cocasse et naïf. D´autre part, la belle actrice belge Virginie Efira ("En solitaire") qui dégage un torrent de féminité et de sensibilité en interprétant Alice, la femme mûre qui s´éprend du jeune homme, malgré elle. Les deux acteurs forment un duo charmant et drôle. Le casting est complété par Charles Berling ("Le Prénom") dans le rôle du père de Balthazar. Une interprétation impayable, extrêmement amusante et critique envers un certain type d´homme, obsédé par les jeunettes et le sexe.

Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas
"20 ans d´écart" fonctionne parce qu´à part le fait qu´il nous fait rire durant tout le film, même si la dernière partie est peut-être un peu cliché et sans surprises, il n´est jamais prétentieux et il réussit à nous faire penser sur un sujet très intéressant. Quand Alice Lantins (Virginie Efira), 38 ans, belle et ambitieuse rédactrice en chef d´un magazine très branché de publicité (à noter la critique mordante sur le snobisme du monde de la mode) initie sa liaison amoureuse avec l´adolescent Baltazhar (18 ans), un peu par jeu, un peu pour d´autres raisons (que nous ne dévoilerons pas ici), le reste du monde va se partager entre l´ébahissement et le refus. C´est alors que surgit par-dessus cette comédie apparemment légère, ironique et loufoque, une critique passionnée et révolté sur la liberté des personnes à s´aimer, malgré leur différence d´âge. Et, surtout, quand il s´agit de la femme mûre qui aime un homme plus jeune. Une revendication féminine qui défend les choix des femmes face à l´amour. Le film est, donc, un chant à l´amour et à la liberté de chacun de rechercher son bonheur du mieux qu´il peut, et tout cela dans un emballage très amusant.
Où le voir en V.O.? Sortie le 31 janvier 2014

- "La Venus de las pieles" ("La Vénus à la fourrure") de Roman Polanski
Le dernier film du célèbre Roman Polanski arrive, aujourd´hui, sur les écrans madrilènes. D´après le roman éponyme de l´écrivain autrichien Léopold von Sacher-Masoch, inspirateur du masochisme, le film raconte les rapports entre une actrice et le metteur en scène de la pièce, lors d´une répétition, durant un soir, dans un solitaire théâtre parisien. Le long-métrage est interprété uniquement par Emmanuelle Seignier ("Dans la maison" de François Ozon), femme du reálisateur, et Mathieu Amalric ("Le scaphandre et le papillon" de Julien Shnabel). Hypnothique, électrisant et profondément dérangeant comme la plupart des films de Polanski, "La Venus à la fourrure" ne laisse, en tout cas, pas indifférent. Un brillant exercice de cinéma d´un des meilleurs réalisateurs européens.  
Où le voir en V.O. ? : Sortie le 31 janvier 2014.

- "En la flor de la vida”  (“La fleur de l´âge") de Nick Quinn
Jean-Pierre Marielle et Pierre Arditi interprètent cette comédie crépusculaire sur la fin de la vie biologique et professionnelle de deux hommes : un père et son fils. Gaspard (Arditi), 63 ans, est un producteur de télévision réputé qui poursuit les trentenaires et refuse de vieillir. Son père, Hubert (Marielle), un vieux râleur, est devenu dépendant et Gaspard doit s´occuper de lui. Le duo devient un trio quand apparaît Zana, l´aide-soignante qui leur apprendra à voir la vie d´une autre façon. "La fleur de l´âge" est un film correct mais sans plus. Le meilleur est l´interprétation d´Arditi et de Marielle. Pour la petite histoire, un des scénaristes du film est l´écrivain-réalisateur argentin, établi en France, Santiago Amigorena, ex-époux de l´actrice Julie Gayet, la dernière compagne de François Hollande.
Où le voir en V.O. ? : Artistic Metropol: c/ Cigarreras, 6; Renoir Plaza de España: c/ Martín de los Heros, 12.

- "Asier eta biok" ("Asier y yo"/ "Asier et moi") de Amaia et Aitor Merino.
Nous parlons de "Asier eta biok" dans cet article de cinéma français car c´est un film extrêmement édifiant, tant pour les Français que pour les Espagnols, pour mieux connaître et comprendre le phénomène du terrorisme basque. L´acteur basque espagnol Aitor Merino s´initie à la réalisation cinématographique avec ce documentaire polémique, fait avec une grande honnêteté, impartialité et sensibilité, où il raconte son amitié depuis l´enfance avec Asier Aranguren, un membre de l´ETA (mis, d´ailleurs, en prison récemment). Aitor Merino essaie de comprendre les raisons qui ont pesé sur son ami d´enfance pour entreprendre le chemin de la lutte armée. Le film est plein de réflexions autour de l´indépendance basque (du côté espagnol ou français). Il fait une approximation politique mais aussi très humaine (quelquefois sous une forme naïve, comme s´il nous racontait un conte d´enfants) du terrorisme et du conflit basque. "Asier eta biok" est, sans doute, un excellent documentaire qui nous aide à mieux saisir les données d´un problème dont on n´a pas encore vu la fin.
Où le voir en V.O. (en espagnol et en basque) ? : Artistic Metropol : c/ Cigarreras, 6.

- Cycle de cinéma d´animation à L´Institut Français de Madrid
Pendant tout le mois de février (du 4 au 20), l´IFM présente un passionnant cycle d´animation qui réunit quatre des plus importants auteurs de ce genre dans le monde. Il s´agit des français Michel Ocelot, Joan Sfar, Jean-François Laguionie et Sylvain Chomet. Ocelot (1943) est l´auteur de la célèbre

"Kirikou et la sorcière" (1998), tendre histoire inspirée d´un conte africain, qui sera projeté mardi 4 février (Ocelot passa son enfance à Conakry en Guinée) et de "Princes et Princesses" (2000), un voyage original et magique à travers les contes de fées (mercredi 5 février). Joan Sfar (1971), le plus jeune des réalisateurs du cycle, signe "Le Chat du rabin" (2011), une poétique réflexion sur le judaïsme à travers des animaux, qui obtint le César au meilleur film d´animation en 2012 (mercredi 12 février). "Le tableau", (2011) du réalisateur et écrivain Jean-François Laguionie (1939), mélange prises de vues réelles et animation en racontant l´histoire des personnages qui sortent d´un tableau à la recherche du peintre (le film sera projeté mercredi 19). Finalement, "L´illusioniste" (2010) de Sylvain Chomet (1963) raconte l´histoire d´un artiste de music-hall en déclin et son rapport avec une petite fille. Le film remporta le César au meilleur film d´animation en 2011. Ce dernier fut le premier César de l´histoire donné dans cette catégorie. Un cycle incontournable de cinq chef-d´oeuvres de l´animation française que tous les adultes et tous les enfants devraient connaître.
Institut Français de Madrid : Teatro del IFM. C/ Marqués de la Ensenada, 10. Séances à 20h. Entrée gratuite.

- Cineteca : "La Maison de la Radio" de Nicolas Philibert
Lundi 3 février, la Cineteca du Matadero projette, en avant-première, le denier film du célèbre documentariste français Nicolas Philibert. Le documentaire, qui sera présenté en V.O., raconte 24 heures dans Radio France. Pour en savoir plus sur Nicolas Philibert et sa filmographie, voir l´ITW du petitjournal.
Cineteca : Sala Azcona-Pza/ Legazpi, 8 - Séance à 20h30. Entrée libre.

Carmen PINEDA, sortir, cinéma, cinéma français à l´affiche, 20 ans d´écart, Madrid, lepetitjournal.com, Espagne
Carmen PINEDA (www.lepetitjournal.com - Espagne) Vendredi 31 janvier 2014
Collaboratrice comme critique de cinéma dans plusieurs magazines : "Estrenos", "Interfilms" et "Cinerama". Envoyée spéciale à des festivals de cinéma en France pour les journaux "Diario 16" et "El Mundo". Jury du Prix du CEC (Círculo de Escritores Cinematográficos) au Festival international de Cinéma de Madrid (1997). Actuellement membre du CEC et critique dans cinecritic.biz et lepetitjournal.com

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Publié le 30 janvier 2014, mis à jour le 30 janvier 2014
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