Édition internationale

BOTELLON - Madrid repart en guerre contre la consommation d'alcool sur la voie publique

Écrit par lepetitjournal.com Madrid
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 24 avril 2013

Deux opérations de police de grande envergure (1.274 contraventions, jusqu'à 600 euros l'amende) ont rappelé ces deux derniers week-end que boire dans la rue n'était plus toléré par les autorités madrilènes. Lesquelles comptent bien faire appliquer une législation "antibotellón" plus répressive adoptée en juillet 2012, tordant le cou à une tradition vieille de plusieurs dizaines d'années dans la capitale espagnole.

(Photo Creative Commons olgaberrios)

Des policiers à cheval, des véhicules effectuant des rondes au pas de l'oie, des équipes cynophiles déployées en grand nombre... C'est un spectacle un brin intimidant qui a accompagné les deux premiers week-ends de beau temps dans la capitale espagnole. Les 13 et 14 avril, ainsi que ce vendredi 19 et samedi 20 avril, alors que la température avoisinait les 25 degrés, 400 agents de la Police municipale de Madrid ont été déployés dans les principales zones de réunions, essentiellement des places et des espaces verts, où se pratiquent le botellón, cette coutume espagnole devenue très symbolique de boire en grand comité sur la voie publique, un peu à l'image des apéros géants en France.

500 euros l'amende pour les mineurs, 600 euros pour les majeurs
En l'espace de quatre jours, 1.274 contraventions pour "consommation d'alcool sur la voie publique" ont été dressées : 621 lors de la première action des forces de l'ordre, 653 lors de la seconde. 167 autres infractions ont été constatées pour détention et consommation de stupéfiants, ou vente ambulante d'alcool, comme l'indiquaient des sources municipales dans un communiqué. Boire dans la rue peut coûter cher : 500 euros pour une personne mineure, 600 euros si elle est majeure (réduit de moitié si le règlement s'effectue dans un court délai). Les patrouilles des forces de police se sont concentrées dans les quartiers du centre de Madrid : Plaza de España, Faro de la Moncloa, Templo de Debod, Parque del Oeste.

Surveillance accrue des autorités
Par ces actions "coups de poing", les autorités madrilènes veulent ainsi rappeler que la tradition du botellón n'est plus tolérée sur son territoire. La maire de Madrid, Ana Botella (sic), affirme depuis longtemps vouloir éradiquer dans sa ville cette pratique si spécifique à l'Espagne, qui aurait émergé dans les années 1980, à la chute du franquisme et la libération des m?urs. Mais le fait d'interdire la consommation de boissons alcoolisées sur la voie publique relève de la compétence des Communautés autonomes : Cristina Cifuentes, déléguée du gouvernement espagnol à la Communauté de Madrid, a indiqué récemment envisager la création de zones d'actions prioritaires, dont leur identification impliquerait une surveillance accrue de la part des autorités.

Amendement de la loi, durcissement des sanctions
Une modification législative d'envergure avaient préfiguré ce tour de vis printanier : le 12 juillet 2012, la "loi antibotellón" de 2002 avait été amendée, faisant doubler le forfait des contraventions (de 300 à 600 euros) et incluant une peine à la récidive (jusqu'à 60.100 euros en cas de nouvelle infraction constatée dans les six mois). Le quotidien conservateur La Razón estime à 12.400 le nombre d'amendes dressées depuis ce durcissement des sanctions, soit environ 3.245.000 euros récoltés par la Communauté de Madrid, toujours selon ses calculs.

Damien LEMAÎTRE (www.lepetitjournal.com - Espagne) Mercredi 24 avril 2013
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Publié le 23 avril 2013, mis à jour le 24 avril 2013
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