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ANA BOTELLA - De première dame d'Espagne à première femme de Madrid

Écrit par lepetitjournal.com Madrid
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

A 58 ans, Ana Botella (Parti populaire), épouse de l'ancien chef du gouvernement José María Aznar, est devenue le 27 décembre dernier la première femme à occuper la fonction de maire de Madrid. Dans la droite ligne de la politique impulsée par Mariano Rajoy, elle disposera de sept mois avant les prochaines élections municipales pour convaincre et ainsi espérer prolonger son mandat

(Photo Creative Commons PP Madrid)
Ana Botella est devenue le 27 décembre dernier la première femme à occuper la fonction de maire de Madrid. Sitôt son investiture rendue publique, elle a envahi l'espace médiatique au détriment de la formation du nouveau gouvernement de Mariano Rajoy. Pas forcément pour le côté historique d'une nomination qui le restera, mais plutôt à la faveur d'une polémique naissante sur la légitimité de son accession au pouvoir suprême madrilène. Opposition et médias, les critiques ont fusé. Notamment sur la forme, la démission d'Alberto Ruiz-Gallardón, premier édile de la capitale depuis 2003, appelé au ministère de la Justice par Rajoy, ayant propulsé Ana Botella sur le devant de la scène, via un vote en interne. A 58 ans, celle qui était depuis 2007 responsable des affaires environnementales de la mairie, numéro 2 sur la liste du Parti populaire aux dernières élections municipales, a été élue à la majorité absolue avec les 31 voix de son parti. Surtout, sans jamais avoir brigué de mandat soumis au suffrage universel direct.

"Epouse de José María Aznar", une étiquette qui colle
Sept mois avant le terme du mandat municipal en cours et les prochaines élections du 22 mai 2012, deux objectifs majeurs se dressent sur son chemin. Le premier, personnel, visera à décoller cette étiquette si présente qui la caractérise d'abord comme "l'épouse de". Comprenez José María Aznar, ancien chef du gouvernement conservateur (1996-2004). Marié depuis 1977, le couple a eu trois enfants, Botella ayant suivi Aznar à la Moncloa, la résidence officielle du chef d'Etat espagnol, durant son mandat à la tête du pays. Dans une récente interview accordée à la radio nationale Onda Cero, la nouvelle mairesse de la capitale a laissé entrevoir une certaine lassitude à être sans cesse d'abord renvoyée à ce statut de compagne. Extrait : "Parler de moi en évoquant mon mari, c'est faire preuve d'un machisme des plus anciens qu'il soit". Et de rappeler "J'ai obtenu l'indépendance économique en premier, en terminant mes études avant. Je suis mariée depuis 35 ans, et il y a 35 ans ce n'était pas la même Espagne. Il fallait l'aval de son mari ou de son père pour avoir un compte bancaire. Mais moi, dès la première année de mariage, je soutenais financièrement la famille, puisque mon mari était encore étudiant."

Coutumière de déclarations polémiques
Des déclarations qui tranchent avec la communication habituelle des politiques espagnols, plus adeptes d'une langue de bois feutrée. Le discours de Botella n'a que rarement laissé une place aux compromis verbaux. Au rayon des phrases ayant créé le buzz sur Internet, arrive en tête une métaphore sur le mariage homosexuel, prononcée en direct sur la chaîne de télévision locale Telemadrid, en 2004 : "Les mariages entre homosexuels ne seront jamais comme ceux des hétérosexuels, de la même manière que deux pommes donnent naissance à une pomme, mais qu'une pomme et une poire ne donneront jamais naissance à une autre pomme."
Plus que l'action de celle entrée à la mairie de Madrid en tant que conseillère à l'emploi et aux services publics à la demande d'Alberto Ruiz-Gallardón (après avoir été Haut fonctionnaire et travaillé au ministère de l'Intérieur, puis aux Finances), ce sont certaines déclarations que l'opinion publique a retenu. Empreintes de contradictions. Quid de son passage comme conseillère à l'environnement à la mairie de Madrid ? Deux phrases : "La planète est au service de l'homme et non l'inverse". Et d'estimer  "Le pessimisme sur le changement climatique excessif".

Dans la droite ligne de la politique de Mariano Rajoy
Les Madrilènes attendent cette fois des actes. Second objectif de taille pour leur mairesse, la réduction de l'énorme dette de la ville. Elle n'augmentera pas les impôts, pour le moment, mais vient d'annoncer qu'en mars la donne pourrait changer. Démarche similaire à celle de Mariano Rajoy. "A la fin de cet exercice, la dette s'élèvera à 6,377 milliards d'euros", contre environ 7 milliards fin 2010, a indiqué Botella lors de son discours d'investiture, ajoutant que "sur ce chemin de la discipline budgétaire, nous parviendrons à l'équilibre entre les rentrées et les dépenses au prochain exercice".

Future adversaire d'Esperanza Aguirre pour la conquête de la mairie dans sept mois ?
Et si les mauvaises langues annoncent déjà un duel sans pitié entre Ana Botella et Esperanza Aguirre pour obtenir l'investiture du Parti populaire dans sept mois, lors des prochaines échéances électorales, la première évite la polémique. A la présidente de la communauté de Madrid, qui confessait il y a peu son ambition d'accéder un jour à la mairie de Madrid, Botella répondait à l'agence de presse EFE "ne pas avoir évoqué le sujet avec l'intéressée, une amie d'université". En coulisses, certains assurent pourtant que Botella se passionne déjà pour la candidature de Madrid aux Jeux olympiques d'été, en 2020.

Benjamin IDRAC (www.lepetitjournal.com - Espagne) Jeudi 12 janvier 2012

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Publié le 12 janvier 2012, mis à jour le 5 janvier 2018
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