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Accident ferroviaire en Espagne : l’heure du deuil et des questions après la tragédie

Une collision éclair, une enquête à ouvrir et un pays plongé dans le recueillement. Après le drame survenu dimanche à Adamuz, dans la province de Cordoue, les autorités tentent de comprendre comment deux trains à grande vitesse ont pu se retrouver sur la même voie, alors que les opérations d’identification des victimes se poursuivent.

Illustration symbolique de deuil montrant deux trains à grande vitesse se faisant face sur des voies ferrées, séparés par un ruban noir de commémoration, à la tombée du jour.Illustration symbolique de deuil montrant deux trains à grande vitesse se faisant face sur des voies ferrées, séparés par un ruban noir de commémoration, à la tombée du jour.
Image générée par IA via DALL·E – OpenAI
Écrit par Paul Pierroux-Taranto
Publié le 19 janvier 2026

Trois jours de deuil ont été décrétés en Espagne. Le pays s’est figé après l’accident ferroviaire survenu dimanche à Adamuz, en province de Cordoue. Le bilan s’est alourdi à au moins 39 morts et plus de 150 blessés, dont douze toujours en soins intensifs, neuf dans un état grave. Une tragédie qui place pour la première fois le réseau espagnol de grande vitesse au cœur d’une enquête de grande ampleur.

 

Accident ferroviaire à Adamuz : ce que l’on sait de la collision

L’accident s’est produit vers 19h45. Un train à grande vitesse d’Iryo, parti de Málaga à destination de Madrid, a déraillé avant de déborder sur la voie voisine et de percuter un Alvia de Renfe reliant Huelva à la capitale. Sous la violence du choc, plusieurs wagons ont été précipités dans un talus d’environ quatre mètres, certains quasiment pulvérisés.

D’après les premières reconstitutions, moins de vingt secondes se seraient écoulées entre le déraillement et la collision, un délai trop bref pour permettre l’activation des dispositifs automatiques de sécurité. Au total, près de 500 passagers se trouvaient à bord des deux trains.

 

Au milieu des débris, reconnaître les victimes

Sur place, les secours – UME, Guardia Civil et services d’urgence andalous – s’emploient à une tâche particulièrement éprouvante. Le président de la Junta de Andalucía, Juan Manuel Moreno, a prévenu que l’identification des victimes serait « intense, dure et compliquée », plusieurs wagons ayant été « pratiquement désintégrés ».

Des points de recueil d’ADN ont été ouverts à Madrid, Séville, Cordoue, Huelva et Málaga afin d’accélérer les identifications. Des équipes de psychologues ont été mobilisées pour accompagner les familles, et l’Institut de médecine légale de Cordoue a renforcé ses moyens.

 

Toute la vérité sera connue.

Sur place, le président du gouvernement, Pedro Sánchez, a décrété trois jours de deuil national et assuré que « toute la vérité sera connue ». « Aujourd’hui est un jour de douleur pour toute l’Espagne », a-t-il déclaré, promettant que les causes de l’accident seraient établies « avec une transparence absolue », aux côtés du président de la Junta de Andalucía. Le Roi d’Espagne est attendu mardi à Cordoue.

 

Vingt secondes, beaucoup de questions

À ce stade, les causes de l’accident restent inconnues. Le ministre des Transports, Óscar Puente, a appelé à la prudence, rappelant que le bilan humain « n’est pas définitif ».

Le président de Renfe a écarté la piste d’un excès de vitesse ou d’une erreur humaine. L’enquête a été confiée à la Commission d’enquête sur les accidents ferroviaires (CIAF), organisme indépendant rattaché au ministère, chargée d’établir les circonstances exactes du drame.

Parmi les hypothèses à l’étude figurent un possible défaut de l’infrastructure ou du matériel roulant, alors même que le train d’Iryo, mis en service en 2022, avait été révisé quatre jours avant l’accident. Son président, Carlos Bertomeu, a évoqué un accident « rare » et « étrange ».

 

L’Espagne dans l’attente de réponses

Les passagers et les familles des victimes ont droit, a minima, à l’indemnisation prévue par le Seguro Obligatorio de Viajeros, fixée à 72.121 euros en cas de décès. D’autres compensations pourraient s’y ajouter en fonction des responsabilités qui seront établies. Les assureurs des entreprises concernées – Renfe, Iryo et Adif – ont d’ores et déjà ouvert leurs dossiers.

La circulation à grande vitesse entre Madrid et l’Andalousie devrait rester fortement perturbée pendant plusieurs jours. Pour faire face à l’afflux de voyageurs, des compagnies aériennes comme Iberia et Air Europa ont renforcé leurs liaisons. Pour les familles, l’attente de réponses commence, dans un pays encore sous le choc.

 

Selon les informations disponibles à ce stade de l’enquête, le bilan humain et les causes exactes du drame restent susceptibles d’évoluer dans les prochaines heures.

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