

La métamorphose des berges du Manzanares a pris du retard. Dans moins d'une semaine pourtant, le papillon doit sortir de sa chrysalide. Une bouffée d'oxygène en plein cœur de la ville, qui peine à arriver
C'est une véritable course contre la montre. Le 15 avril, tractopelles et ouvriers de chantier, tout doit avoir disparu. Car Alberto Ruiz-Gallardón, le maire de Madrid, inaugure ce qui est devenu son projet phare : une gigantesque coulée végétale de près de 952.000 mètres carrés. Avec ses 33.600 jeunes arbres, 470.000 arbustes, 10 kilomètres de chemins destinés aux piétons et aux cyclistes et ses fontaines, cet océan de verdure est un véritable labyrinthe. Vu d'en haut, cela ressemble à s'y méprendre à un parterre gigantesque de fleurs, posé entre les quartiers de Moncloa-Aravaca, Centro, Arganzuela, de La Latina, Carabanchel, Usera et Villa de Vallecas.
Le bébé du "pharaon"
Sur cinq ans, ce sont près de 410 millions d'euros qui ont été déboursés pour qu'une plage artificielle grande comme deux terrains de football, des terrains de tennis et de padel ou encore un skatepark voient le jour. Des infrastructures que certains perçoivent comme un fabuleux moyen de redynamiser une capitale qui jusqu'à présent, ne faisait pas du tout corps avec sa rivière.
A l'inverse, d'autres crient au gouffre financier et à des ambitions trop gourmandes, de celles qui ont d'ailleurs valu au maire son surnom de "Pharaon". Seulement cette fois, parole d'élu : "le rêve que beaucoup croyaient impossible est devenu réalité".

Figure centrale de cette vitrine à ciel ouvert : le Pont d'Arganzuela. Telles deux hélices en métal enroulées l'une dans l'autre sur 278 mètres et brisées en un point, il est l'œuvre du Français Dominique Perrault. Sa deuxième réalisation dans la capitale madrilène, après le Centre de tennis olympique du parc Lineal del Manzanares. Et la "plus emblématique" des 35 passerelles construites ou réaménagées, affirme le maire de la Ville.
Autre symbole fort : les bretelles de la voie rapide M-30 qui ont été dissimulées sous terre. Madrid a ainsi "enterré 200.000 voitures", "récupéré son Río" et réparé "les erreurs du passé", estime Alberto Ruiz-Gallardón.
Mathilde BAZIN (www.lepetitjournal.com – Espagne) mardi 12 avril 2011







