

L´année qui débute sera une belle année, sur les écrans espagnols, avec de nombreux films français et espagnols qui sont loin d´être inintéressants. Sans oublier le retour triomphal de Pedro Almodovar. Voici une sélection des meilleurs films que nous verrons en 2013. Quelques bonnes raisons pour continuer à aller au cinéma.

Les films français
“Amour” de Michael Haneke : le film de Michel Haneke est une coproduction franco-autrichienne qui arrive précédée d´un nombre impressionnant de prix : Palme d´or au dernier festival de Cannes, meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur et meilleur actrice dans les prix décernés par l´Académie de Cinéma Européen, meilleur film d´après l´association des critiques américains de Los Angeles, candidate aux Oscar pour le meilleur film en langue étrangère pour L´Autriche… Le film du réalisateur autrichien ("Le ruban blanc", 2009) raconte la fin de vie d´un couple d´octogénaires, interprétés par Jean-Louis Trintignant (épatant) et Emmanuelle Riva, qui sont accompagnés dans le rôle de leur fille, par Isabelle Huppert. Un film extrêmement dur, saisissant et déchirant qui montre magistralement l´émotion de l´amour. A ne pas rater. En salles, à partir du 11 janvier.
"Populaire" de Régis Roinsard : le premier film de Régis Roinsard est impeccable. Bien écrit, original et avec de très bons acteurs, cette comédie romantique qui se déroule à la fin des années 50 sera une des agréables surprises de l´année. Le film a un univers façon roman-photo qui fait penser aux films coloriés de Jacques Demy comme "Les demoiselles de Rochefort". Romain Duris ("L´arnacoeur"), Déborah François, actrice belge qu´on a pu voir dans "L´enfant" des frères Dardenne et Bérénice Béjo ("The artist") font partie du casting. Sortie le 1er février.
"Un plan parfait / Fly me to the moo" de Pascal Chaumeil : encore une belle comédie romantique interprétée par Dany Boon (l´acteur français le mieux payé) et l´actrice allemande Diane Kruger ("Les adieux à la reine") qui a déjà surpassé les 1,3 millions de spectateurs en France après quatre semaines à l´affiche. Un film amusant, avec un scénario très bien ficelé, qui va être aussi un grand succès en Espagne. Nous pourrons le voir fin avril.
“A long way down” de Pascal Chaumeil : Pascal Chaumeil (“L´arnacoeur”) n´arrête pas de filmer. Il signe un autre film qui sortira aussi en 2013. Avec un casting international, où figurent Pierce Brosnan, Toni Collette et Sam Neill, l´histoire est une comédie qui raconte comment l´amitié et l´amour peuvent vaincre tous les obstacles possibles. Tourné en partie à Palma de Majorque, la sortie du film est prévue pour l´automne prochain.
"En solitaire" de Christophe Offenstein : cette coproduction franco-espagnole réalisée par Christophe Offenstein, responsable de la photographie dans "Les petits mouchoirs" ("Pequeñas mentiras sin importancia") de Guillaume Canet, a un budget de plus de 17 millions d´euros. Tourné en partie aux Iles Canaries, le film est inspiré de faits réels. Il raconte l´histoire de Yann qui fait le tour du monde dans le cadre d´une des compétitions maritimes les plus exigeantes qui existent, le Vendée Globe. Interprété par François Cluzet ("Intouchables"), Guillaume Canet et l´espagnol José Coronado, le film ne sortira que fin 2013.
“Après mai” (“Después de mayo”) de Olivier Assayas : Olivier Assayas ("Les destinées sentimentales", "Carlo"…) dirige un film initiatique sur la jeunesse française des années 70, porté par une troupe de comédiens presque tous débutants. Prix du meilleur scénario à la Mostra de Venise 2012, ce drame reconstitue l´après mai 68."
"De l´autre côté du périph" ("Del otro lado de la circunvalación") de David Charhon : ce film est une comédie "policière", interprétée par un duo comique inédit composé par l´acteur le plus apprécié de France, Omar Sy et le nouvel espoir du cinéma français, Laurent Laffitte ("Mais qui a retué Pamela Rose ?"). L´histoire raconte le choc culturel entre un flic de banlieue et un flic de la capitale.
"Deux jours à N.Y" ("Dos días en N.Y") de Julie Delpy : après "Skylab", comédie qu´on a pu voir l´année dernière sur les écrans, Julie Delpy signe son nouveau film qu´elle situe à New York. Elle interprète le personnage de Marion, une photographe cosmopolite qui partage sa vie avec un New-yorkais noir. Le film montre le contraste entre sa vie moderne américanisée et l´arrivée de sa famille franchouillarde qui débarque à N.Y pour lui rendre visite lors du vernissage de son exposition de photos. Les chocs culturels et les situations amusantes sont servis.
"Les tribulations d´une caissière" ("Las tribulaciones de una cajera") de Pierre Rambladi : ce film, sorti en 2011 en France, n´arrive que maintenant sur les écrans espagnols. Il s´agit d´une comédie dont l´histoire tourne autour de Solweig (Deborah François), une jeune et sympathique caissière dans un supermarché qui garde le sourire malgré la grisaille de la vie quotidienne. Un blog qu´elle tient en secret et l´amour d´un jeune homme qu´elle va rencontrer changeront sa vie. Une comédie amusante pour passer un bon moment.
"On ne choisit pas sa famille" ("No se elige a su familia") de Christian Clavier : Christian Clavier nous propose une comédie traditionnelle qui a eu en France du succès parmi le public mais qui a été, par contre, bafoué par l´ensemble de la critique spécialisée de l´Hexagone. Un film plein de "déjà vu" mais qui plaira à une partie des spectateurs. Clavier signe ici sa première réalisation. L´histoire raconte l´adoption d´un enfant par un couple homosexuel, thème de grande actualité en France. Pour cela, le film réunit à l´écran le trio Clavier, Réno et Muriel Robin, à nouveau réunis après "Les Visiteurs 2".
“La rafle” (“La redada”) de Roselyne Bosch : dans son deuxième film (Bosch avait déjà signé "Animal" en 2005), la réalisatrice française, d´origine catalane et italienne, dirige un drame sur la malheureuse persécution des Juifs, en 1942, au Vélodrome d´hiver à Paris où 13.000 victimes furent entassées. Un des chapitres les plus noirs de l´histoire française du siècle dernier marqué par l´assassinat de milliers de Juifs, la collaboration et l´occupation allemande. Bouleversant et émouvant, le film a un casting de luxe, formé par Jean Réno et Gad Elmaleh, entre autres. Histoire et action se rencontrent dans un des films français les plus dramatiques à arriver sur les écrans espagnols cette année.
Les films espagnols
“Los amantes pasajeros” (“Les amants passagers”) de Pedro Almodovar : Pedro Almodovar est de retour avec une comédie acide qui reprend l´humour caustique et transgressif de ses films "hystériques" des années 80, comme "Femmes au bord de la crise de nerfs" (1988). Pour ce faire, Almodovar a réuni le gratin du cinéma espagnol dont plusieurs acteurs de sa troupe habituelle: Javier Cámara ("Parle avec elle/Hable con ella", "La mauvaise éducation/la mala educación"), Lola Dueñas ("Etreintes brisées/Los abrazos rotos"), Cecilia Roth ("Tout sur ma mère/Todo sobre mi madre")… Il y a même un camée de Javier Bardem et Penélope Cruz. Le film raconte l´histoire d´un avion en direction du Méxique qui risque le crash. Dès lors, tous ses passagers dévoileront leurs plus intimes passions. Leurs sentiments et leurs craintes les plus cachées se déchaîneront. Sortie attendue tant en Espagne qu´en France au mois de mars prochain.
Pour la petite histoire, les extérieurs du film ont été tournés à l´aéroport "fantôme" de Ciudad Real (Castille-La Manche), province de naissance du réalisateur. C´est un des plus grand désastres économico-financier des dernières années en Espagne. Un aéroport construit inutilement qui n´ayant pas de passagers dû fermer deux ans après son inauguration. Un crash plus grand que celui du film !
“La banda Picasso” (“La bande Picasso”) de Fernando Colomo : le film est inspiré de l´histoire vraie du vol de La Joconde du Musée du Louvre, en 1911, à la suite duquel Pablo Picasso et son ami Guillaume Apollinaire furent arrêtés, en tant que suspects du délit. Comme Pablo est espagnol, Guillaume polonais, et leur supposé complice un homme appelé "le baron" est belge, la presse française parlait "d´une bande internationale débarquée en France pour voler les musées". Fernando Colomo (1946), auteur de "Allegre ma non troppo", "Rosa Rosae" ou "Les années barbares", entre autres, est un des réalisateurs espagnols les plus connus et consacrés. Au cours de sa longue filmographie, il a abordé principalement les sujets du point de vue de la comédie. Le casting du film est composé d´acteurs français et espagnols. Sortie le 25 janvier.
“¿Cómo está el franco?” (“Comment est le franc?) de Carlos Iglesias : Carlos Iglesias, acteur et réalisateur espagnol, retourne avec "¿Cómo está el franco?" au thème de l´émigration espagnole. Ce film est la suite de "1 franco, 14 pesetas", 2006 où, en s´inspirant de l´expérience de son propre père, il avait dressé, sous forme de comédie, un portrait des émigrés espagnols qui cherchaient fondamentalement une vie meilleure en France, en Allemagne et en Suisse. Il reprend ici la suite de l´histoire, 6 ans après, avec l´arrivée d´un groupe d´espagnols au petit village suisse où se déroulait le film précédent. Décrites avec simplicité et sensibilité, les histoires de Carlos Iglesias sont toujours imprégnées d´humour et de quotidienneté, dans un cadre de critique sociale.
"Aquí y allá" (“Ici et là-bas”) de Antonio Méndez Esparza : grand prix de la Semaine de la Critique au dernier festival de Cannes, le film de l´espagnol Antonio Méndez Esparza a été aussi primé dans de nombreuses manifestations cinématographiques de plusieurs continents. "Aquí y allá" raconte la triste et terrible expérience de l´émigration méxicaine, à travers la vie de Pedro, un humble paysan qui rentre dans son village. Tourné avec une sérénité et une maîtrise des images et du scénario, surprenantes pour un premier travail, le film oscille entre le documentaire et la fiction. Sortie le 8 février.
"Ayer no termina nunca” (“Hier ne finit jamais”) d'Isabel Coixet : le film d´Isabel Coixet aborde le thème actuel et poignant de la crise économique en Espagne à travers l´histoire vitale d´un couple. L´homme est incarné par l´acteur Javier Cámara. Coixet (1960) est une des réalisatrices espagnoles les plus internationales. Elle a tourné plusieurs fois à l´étranger et aves des interprètes internationaux : "Elegy" avec Ben Kingley et Penélope Cruz, "Mapa de los sonidos de Tokyo" ("Map of the sounds of Tokyo") avec Sergi López et la japonaise Rinzo Kikuchi ou "Mi vida sin mí" ("My life without me") avec Alfred Molina. Toujours originale et critique à la fois, la réalisatrice imprègne ses films d´une grande esthétique. Un des films espagnols les plus intéressants de 2013. Sortie attendue fin février.
"Las brujas de Zugarramurdi” (“Les sorcières de Zugarramurdi”) de Alex de la Iglesia : cette comédie de terreur teintée d´humour est, d´après son réalisateur, une histoire "folle" avec laquelle il a essayé de se moquer de lui-même et des problèmes que se posent les hommes pour survivre à la société actuelle. Tourné aux grottes de Zugarramurdi, au nord-ouest de la Navarre espagnole, faisant frontière avec la France, le film va être un des plus commentés de l´année 2013. "El día de la bestia" ("Le jour de la bête"), comédie diabolique, “La comunidad” ("Mes chers voisins"), film d´humour noir ou le thriller “los crímenes de Oxford” ("Crimes à Oxford"), pour n´en citer que trois, font de Alex de la Iglesia un des plus importants cinéastes espagnols qui ne laisse jamais indifférent. Le film sortira au printemps prochain.

Collaboratrice comme critique de cinéma dans plusieurs magazines : "Estrenos", "Interfilms" et "Cinerama". Envoyée spéciale à des festivals de cinéma en France pour les journaux "Diario 16" et "El Mundo". Jury du Prix du CEC (Círculo de Escritores Cinematográficos) au Festival international de Cinéma de Madrid (1997). Actuellement membre du CEC et critique dans cinecritic.biz et lepetitjournal.com
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