À 88 ans, Ridley Scott envoie Jacob Elordi et un vieux Cessna affronter la fin du monde. Tourné en Italie, ce blockbuster à 110 millions de dollars recycle l'apocalypse... mais avec un sacré style. Sortie en France le 26 août, aux Etats-Unis le 28 août. Critique de Claude Budin-Juteau.


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Le titre vient du roman éponyme de Peter Heller (2012), best-seller mondial. « Dog Star » désigne Sirius, l'étoile la plus brillante du ciel, celle du chien : dans le livre comme dans le film, Hig, pilote solitaire, invente ses propres constellations en scrutant la nuit, baptisées d'après les êtres qu'il a perdus. Ridley Scott s'amuse même à imaginer qu'une configuration céleste pourrait porter le nom de son propre chien, Jasper.
L'histoire : une pandémie a rayé l'humanité de la carte. Hig (Jacob Elordi) survit dans un hangar abandonné du Colorado avec Bangley (Josh Brolin), ex-marine taiseux, et Jasper, son chien. Une mystérieuse transmission radio le pousse à s'envoler vers l'inconnu, jusqu'à Grand Junction, où il croise Pops (Guy Pearce) et sa fille Cima (Margaret Qualley), qui réveillent en lui l'espoir d'une humanité encore vivante. Détail qui ne gâche rien : l'avion d'Hig est un Cessna de 1956, un charme rétro-futuriste qui donne à ce monde dévasté une nostalgie surannée.
Côté tournage, avec un budget de 110 millions de dollars, l'équipe a posé ses caméras dans les Dolomites italiennes, doublure parfaite des Rocheuses, avant de rejoindre les studios de Cinecittà à Rome — le plus grand studio d'Europe, celui où Fellini a tourné l'essentiel de son œuvre. Deux légendes du cinéma, un seul plateau : la boucle est bouclée.
Scott, fidèle à sa réputation, filme « à 360 degrés » avec six à onze caméras simultanées, libérant ses acteurs de la corvée des multiples prises. La méthode a d'ailleurs failli faire fuir Josh Brolin le premier jour de tournage, avant qu'il ne s'y convertisse totalement. On reconnaît la patte du réalisateur d'Alien, Blade Runner et Gladiator, toujours aussi affamé de grands espaces et de mise en scène spectaculaire.
Le casting fait le job : Elordi campe un Hig hanté et peu bavard, Brolin un Bangley bourru façon Lee Marvin, Qualley une Cima lumineuse et Pearce un patriarche méfiant. Mention spéciale à Jasper, incarné en réalité par trois chiens identiques — un pour les câlins, un pour la pose et un pour l'attaque.
Le message du film ? Une ode discrète à l'entêtement de l'humanité à se reconstruire, même dans les ruines. Tournés en IMAX, certains plans sont d'une beauté renversante. Le thème, lui, n'a rien de neuf : le monde post-apocalyptique a été labouré mille fois. Mais grâce à Scott, des séquences comme l'attaque des Reapers ou l'arrivée à Grand Junction basculent, sans qu'on en dise trop, dans un fantastique presque surréaliste. De quoi transformer un scénario archi-vu en objet d'auteur, à mi-chemin entre l'énergie brute style Mad Max et la quiétude d'un feu de camp sous les étoiles.
C.B.-J.
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