Plus de 1,000 élèves ont retrouvé, ce lundi 24 août 2026, les différents campus de l’International School of Los Angeles. Pour sa première rentrée complète à la tête du LILA (International School of Los Angeles), Conrad Hughes mise sur le bilinguisme, la collaboration entre les filières et l’éducation à l’esprit critique. Propos de Conrad Hughes recueillis par Emmanuelle Franks.


À quelques jours de la rentrée, Conrad Hughes, directeur du LILA depuis octobre 2025, se disait frappé par la cohésion de l’établissement. Il décrit une école où règnent un véritable esprit de communauté et une forte envie d’apprendre, aussi bien chez les élèves que parmi les enseignants et le personnel. Plusieurs parents lui ont même confié que leurs enfants avaient hâte de retourner en classe pendant les vacances : une réaction qu’il qualifie de « fantastique ».
Cette année, le LILA accueille entre 1,000 et 1,050 élèves, tous niveaux et campus confondus. L’établissement compte près de 230 employés, parmi lesquels environ 110 enseignants et une vingtaine d’assistants pédagogiques, selon les chiffres communiqués par l’établissement. Contrairement à de nombreuses écoles américaines enseignant le français, le LILA ne signale pas de difficultés particulières de recrutement. Il peut notamment recruter directement en France grâce aux détachements et aux visas, tout en attirant des enseignants déjà présents dans le réseau de l’AEFE en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde.
Renforcer les passerelles entre les filières
Le bilinguisme demeure au cœur du projet pédagogique. Selon les chiffres communiqués par Conrad Hughes, 80% des enseignements sont dispensés en français en primaire, avant une répartition de 60% en français et 40% en anglais dans les niveaux de transition.
Dans le secondaire, deux voies se dessinent : le baccalauréat français, notamment dans sa déclinaison internationale, le Baccalauréat Français International (BFI), et le parcours menant au diplôme du Baccalauréat International (IB). Le LILA déploie également progressivement le Programme d’Éducation Intermédiaire, ou MYP selon son acronyme anglais. Conçu par l’IB pour les 11-16 ans, ce cadre pédagogique favorise l’interdisciplinarité, l’esprit critique et l’ouverture sur le monde.
Les nouveautés de la rentrée 2026
Parmi les nouveautés figure l’expérimentation d’un cours de théorie de la connaissance, issu de l’IB et ouvert aux élèves des deux filières. L’objectif est de créer davantage de passerelles entre les programmes et de renforcer l’identité commune du LILA. L’accueil d’élèves majoritairement anglophones ne doit pas, selon Conrad Hughes, réduire la place du français. Il constitue au contraire un enrichissement, même si une arrivée dès le plus jeune âge demeure le parcours idéal pour acquérir un bilinguisme solide.
Cette volonté d’unité se retrouve dans la démarche « One LILA », construite autour de trois interrogations : qu’est-ce qui rend l’établissement unique ? Comment accueillir la nouveauté ? Et comment mieux collaborer ? Elle s’accompagne de projets très concrets : rénovation des espaces extérieurs, plantation d’arbres et valorisation de la flore locale.
Selon Conrad Hughes, il y a une autre priorité : apprendre à décrypter les réseaux sociaux. Un nouveau programme destiné aux parents, aux enseignants et aux élèves du secondaire doit permettre de mieux comprendre les algorithmes et les mécanismes de diffusion de l’information. À terme, Conrad Hughes souhaiterait proposer cette sensibilisation dès l’âge de 10 ans, avant même que les enfants ne commencent à utiliser les plateformes.
« Ne pas décider trop vite de l’avenir d’un enfant »
Né en Afrique du Sud, Conrad Hughes a découvert le français grâce à un professeur de littérature au United World College, en Eswatini, avant d’étudier à Montpellier et de vivre vingt ans à Genève. À la fin de ses études secondaires, le français ne lui avait pas valu sa meilleure note. C’est pourtant cette langue qui a ensuite joué un rôle déterminant dans son parcours personnel et professionnel.
De ce parcours, le directeur tire une conclusion : il faut laisser les enfants suivre leurs passions et ne pas décider trop rapidement de leur avenir. Dans une période marquée par les conflits et les incertitudes, il défend une éducation fondée sur la paix, la culture générale, la rigueur et l’ouverture au monde.
E.F.
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