Édition internationale

“Une série de mauvais virages” : résumé du premier grand discours d’Andy Burnham

Dans son tout premier discours en tant que Premier ministre, face à la Chambre des communes, Andy Burnham a promis de drastiquement changer la manière de gouverner le Royaume-Uni. Décentralisation, services publics, coût de la vie, rapprochement avec l’Europe : le nouveau locataire de Downing Street veut tourner la page et en finir avec des Tories qui auraient “perdu le contrôle”.

Andy Burnham lors de son premier discours en tant que Premier ministre, devant le 10 Downing Street.Andy Burnham lors de son premier discours en tant que Premier ministre, devant le 10 Downing Street.
Andy Burnham lors de son premier discours en tant que Premier ministre, devant le 10 Downing Street.
Écrit par Ewan Petris
Publié le 2 septembre 2026

Andy Burnham voulait marquer le coup. Pour sa première intervention aux Communes depuis son arrivée à Downing Street, le Premier ministre a promis un “changement substantiel” et une autre manière de faire de la politique : résoudre les problèmes plutôt que “marquer des points”.

 

Selon lui, depuis les années 1980, le Royaume-Uni aurait pris “une série de mauvais virages”. Il pointe du doigt la centralisation du pouvoir, les chaînes de privatisations, la désindustrialisation et l'austérité politique. À ce titre, selon ses mots, le Brexit a encore “aggravé une décennie de faible croissance”.

 

La mesure prioritaire : donner du pouvoir aux régions britanniques

 

C’est probablement là sa promesse la plus personnelle, fort de son expérience à la tête du Grand Manchester, Andy Burnham veut transférer davantage de pouvoir hors de Westminster. De nouveaux accords de dévolution doivent être proposés aux territoires, tandis que le gouvernement veut faire de Manchester un deuxième centre politique du pays.

 

Pour ce qui est de l’eau, de l’énergie ou des transports, Andy Burnham veut rompre avec le modèle dominé par le privé, sans promettre une vague de nationalisations immédiates. Une nuance importante, notamment pour le groupe Thames Water, dont la situation financière rend une reprise publique particulièrement complexe : “L’industrie britannique de l’eau est un monument qui fuit de cette approche : un pays géré dans l’intérêt privé plutôt que dans l’intérêt public,” fustige-t-il.

 

Le pouvoir d’achat au second plan ?

 

Andy Burnham prévoit également une baisse de la pression sur les factures d’électricité, des transports en bus moins chers et un soutien à certains commerces, mais toutes ses initiatives soulèvent plusieurs questions, qui planent par ailleurs sur tout le programme : combien cela va-t-il coûter ?

Interrogé sur une éventuelle hausse des impôts lors du prochain budget, il a défendu la responsabilité budgétaire des 10 dernières années : “Je ne vais pas faire comme tous les Premiers ministres avant moi et rédiger le budget ici.” Pour résumer, les taux d’emprunt britanniques sont élevés et le gouvernement veut simultanément investir, renforcer les services publics, financer la défense et soutenir les territoires. 

 

Brexit : rapprochement avec l’Europe mais pas de retour dans l’UE

 

Le Premier ministre assume une position qui tranche avec le discours des deux dernières années : “le Brexit a contribué aux difficultés économiques du pays.” Il veut resserrer les liens avec l’Union européenne, mais ne promet ni nouveau référendum, ni retour dans l’UE à court terme.

 

Sur l’immigration, il est resté plus vague, défendant notamment les progrès réalisés contre les traversées de la Manche et la coopération avec la France. La prochaine étape concerne donc les budgets, qui seront présentés le mercredi 28 octobre 2026, par le chancelier John Healey. 

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