

Actifs gelés, manoirs squattés... La famille Kadhafi reçoit bien peu d'égards au Royaume-Uni, qui songe fortement à intervenir militairement pour aider les rebelles libyens opposés au régime vacillant à rétablir une stabilité. Retour dans la capitale britannique où l'opposition s'exprime à travers ce squat politique
Le second fils du colonel Kadhafi, Saïf al Islam, ancien élève de la London School of Economics [IMAGE: AFP]
Alors que les rebelles s'organisent et sont reconnus par la communauté internationale, Mouammar Kadhafi perd de jour en jour davantage de crédit auprès des autres nations. Seul le président du Venezuela Hugo Chavez semble soutenir le dictateur ayant fait preuve de tant de violence. Londres ne fait pas exception et condamne les crimes politiques que le colonel a fait subir à la population libyenne. A une plus petite échelle, des militants se mobilisent et s'opposent aux dictateurs dans le monde en squattant leurs belles propriétés de la capitale britannique. " Out of London, out of Libya " peut-on lire sur leur drapeau.
La fin des liens de finance
Depuis le début des révoltes libyennes, les scandales politico-financiers n'ont cessé d'éclater quant aux nombreuses possessions de la famille Kadhafi au Royaume-Uni. Des dons très généreux d'un fils du Colonel à la London School of Economics (LSE) par la Gaddafi International Charity and Development Foundation aux fonds investis dans l'économie britannique via la Libyan Investment Authority, le dirigeant controversé de la Libye avait acquis une présence économique à Londres. Cependant, le directeur de la LSE a démissionné et les actifs ont été gelés. Les liens financiers entre Kadhafi et le Royaume-Uni se rompent donc progressivement mais sûrement. Des squatteurs ont même saisi la maison de son second fils, lui même ancien étudiant à la LSE. Tout a un lien!
Emménager pour protester
Depuis mercredi dernier, des militants et des exilés libyens ont investi une luxueuse propriété appartenant au deuxième fils de Mouammar Kadhafi, Saïf al Islam. Les squatteurs, membre du groupe " Topple the Tyrants ", littéralement " renverser les tyrans ", revendiquent que la maison soit " rendue " au peuple de Libye. La police a déclaré vouloir régler le problème de manière civique, " sans que personne ne soit arrêté ". La somptueuse bâtisse se situe dans la banlieue de Hampstead Garden, l'un des quartiers résidentiels de Londres le plus cher. Elle accueille notamment une piscine intérieure, un sauna et une salle de cinéma. " Lorsque nous avons découvert que l'un des dictateurs les plus brutaux dans le monde possédait sa propre maison dans le nord de Londres, il nous a paru évident de l'occuper pour le peuple libyen " a rapporté Montgomery Jones, porte-parole de " Topple the Tyrants ".
Au suivant?
Le colonel Kadhafi n'étant pas le seul dictateur propriétaire immobilier dans Londres, les membres de " Topple the Tyrants " ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin. Les squatteurs n'ont qu'une seule règle, s'attaquer aux maisons uniquement " si elle sont la propriété de dictateurs ". Londres est la ville européenne regroupant le plus de maisons de rois du pétroles, d'anciens et d'actuels tyrans, tels que Pervez Musharaf, général et homme politique pakistanais, qui possède un établissement sur Edgware Road évalué à 1,5 millions de Livres. De même, l'ex-président d'Egypte, Mohammed Hosni Moubarak, qui a démissionné le 11 février dernier à la suite de la révolution populaire égyptienne, dont la famille détient une immense propriété dans le quartier chic de Knightsbridge. La maison de la famille Kadhafi actuellement occupée est évaluée à 11 millions de Livres. Who's next?
Justine Martin (www.lepetitjournal.com/londres) vendredi 11 mars 2011
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