Dimanche 19 septembre 2021

PORTRAIT DE CAMPAGNE – Véronique Vermorel candidate pour le Parti Pirate

Par Lepetitjournal Londres | Publié le 02/06/2017 à 09:00 | Mis à jour le 02/06/2017 à 11:37

 

Elections législatives. Europe du nord. Quinze candidats se sont déclarés dans la troisième circonscription d'Europe du nord et briguent le mandat de député des Français établis hors de France. Qui sont-ils ? Que défendent-ils ? Quelles sont leurs motivations ? Toutes les réponses ici grâce aux portraits des candidats dressés par la rédaction. 

Pouvez-vous, en quelques lignes, vous présenter ? 
Je m'appelle Véronique, j'ai 26 ans et je suis au Parti Pirate depuis les élections législatives de 2012. 
J'étais alors blasée de la politique, comme bon nombre d'entre nous, tout en étant insatisfaite de la façon dont nous étions gouvernés. C'est un peu par hasard que j'ai découvert le Parti Pirate et ce n'est finalement que là que je me suis aperçu que l'on pouvait faire la politique autrement. 
Le Parti Pirate m'a attiré car il revient aux fondamentaux (protection de la vie privée, transparence de la vie publique,  réelle démocratie, économie sociale, protection de l'environnement, partage de la culture?) en comprenant que le monde a changé et que certaines technologies peuvent être utilisées pour rendre le pouvoir aux citoyens.

Quel est votre ancrage local, résidez-vous ou avez-vous habité dans l'un des 10 pays de la circonscription ? 
Je ne suis pas personnellement ancrée dans la circonscription. Il ne faut pas oublier que les élections législatives sont des élections nationales et non régionales : un député n'a pas vocation à représenter une partie seulement de la population. 
Cela étant dit, un député ayant conscience des problématiques de sa circonscription peut être une voix nécessaire pour les résoudre. Le Parti Pirate est né en Suède début 2006 et s'est très bien répandu en Europe du Nord, comme par exemple en Islande où il a obtenu 10 sièges de député aux dernières élections. Je ne pense pas que ce succès soit un hasard géographique. Le Parti Pirate fonctionne bien en Europe du Nord car les idées qu'il porte répondent aux attentes de ses habitants.

Quel mandat avez-vous actuellement? ou avez-vous eu ?
Je n'ai aucun mandat et n'en ai exercé aucun auparavant. 
J'ai en revanche été candidate pirate à plusieurs élections donc les élections législatives de 2012, législatives partielles en 2013 et européennes en 2014 en tant que tête de liste en Ile-De-France.

Vous êtes issu(e) de la société civile, dans quel secteur travaillez-vous ? Ou quel(s) métiers avez-vous exercé ?
Je viens d'une école de commerce et suis actuellement auditrice financière. 
J'ai eu l'occasion de m'expatrier durant un an pendant mes études et de participer à différentes associations. J'ai notamment participé à une association qui m'a permis de donner des cours d'anglais à des personnes incarcérées et une association de conseil en création d'entreprises dont j'ai été vice-présidente pendant un an.

Quels sont les moteurs de votre candidature et raisons de votre engagement ?
Mes motivations sont simples : les politiques actuels me révoltent et nous avons à présent les moyens de faire la politique autrement. Les expatriés qui ont déjà fait le choix de vivre autrement le savent mieux que personne et c'est pourquoi je veux leur proposer ma candidature. Nous faisons la politique de la même façon qu'avant l'invention du téléphone, il est temps d'utiliser les outils modernes pour remettre le citoyen au c?ur de la démocratie et d'arrêter de faire des compromis sur la moralité de nos élus.  
Etre députée de la 3ème circonscription me permettrait de porter les valeurs pirates au sein de l'Assemblée Nationale et de rappeler à la métropole ses devoirs vis-à-vis des français expatriés. Ce serait l'occasion d'une expérience politique toute nouvelle en France : tenter de redonner leur pouvoir aux électeurs en dehors des élections en utilisant les nouvelles technologies à notre disposition.

Vous serez notamment l'élu(e) présent(e) pour accompagner le Brexit et la sortie du pays de l'EU. Sur quels relais, soutiens, réseaux pouvez-vous compter ici ?
L'enjeu du Brexit est de préserver les relations avec la Grande-Bretagne, tant du point de vue des échanges économiques, culturels que des personnes. Les négociations à venir sont donc cruciales et je me porte en faveur d'une relation étroite avec le Royaume-Uni, malgré sa sortie de l'Europe. 
Si je suis élue, je compte mettre en place une plateforme de démocratie liquide qui me permettra de rester en lien avec toute la circonscription. Le Brexit et ses conséquences donneront sans nul doute l'opportunité d'échanges, de débats et de votes dans lesquels je souhaite intégrer les citoyens. Cette possibilité de garder le pouvoir après avoir voté aux législatives est d'autant plus importante que la situation et ses implications concrètes sont encore floues à date. 

Elu(e) à l'assemblée nationale, ferez-vous partie de la majorité gouvernementale ou de l'opposition ? 
Je ne compte pas être dans l'opposition pour être dans l'opposition mais je serai vigilante vis-à-vis des propositions d'Emmanuel Macron et de son gouvernement. Son programme était ultra-libéraliste, notamment sur le droit du travail, et son association avec les gros lobbys plus qu'à craindre. Vous pourrez compter sur moi pour relayer le débat et vous donnez votre mot à dire.

Dans les 10 pays de la circonscription, pouvez-vous citer trois problématiques ou sujets particulièrement importants (hors Brexit) sur lesquels vous serez amené(e) à vous investir ?
Ma priorité serait de travailler avec les français de la 3ème circonscription. Je leur proposerai de garder leur voix après les élections en mettant en place une plateforme de démocratie liquide. La 3ème circonscription pourrait être le laboratoire d'une nouvelle politique rendue aux citoyens. La démocratie liquide est un système de démocratie directe dans lequel le vote par procuration et délégation par thème sont facilités. Chaque personne peut participer à la prise de décision en participant au débat, en réalisant des propositions, mais elle peut aussi déléguer son vote à tout moment à un tiers de son choix qui pourra voter à sa place sur un sujet ou un domaine précis.
Je prendrai exemple sur la députée pirate européenne pour être force de proposition notamment sur les sujets évoqués plus-bas et sur l'ensemble de mon programme. Je travaillerai avec des spécialistes et vous soumettrais mes propositions afin que le débat politique ne soit pas mort une fois le bulletin dans l'urne.

Il est difficile de ne choisir que 3 thèmes sur lesquels je souhaite m'investir mais voici :

- De manière générale, la montée de l'extrême droite est à craindre dans la circonscription. Le repli sur soi face aux difficultés économiques et sociales est instinctif mais néfaste. Le Parti Pirate prône un nouveau système économique en remettant au centre les petits entrepreneurs, les artisans, les artistes et les chercheurs dans les secteurs d'avenir comme les nouvelles énergies. Ces profils se retrouvent souvent chez les expatriés car ils ont été déçus du manque d'opportunité en France. Le Parti Pirate voudrait leur rendre la part belle.

- La transparence de la vie politique. Beaucoup de lois et décrets discutés en métropole concernent les français de l'étranger mais comme ils se tiennent loin de la vie politique française ils en ratent forcément. Les consulats et les conseillers consulaires devraient être le relais de ces changements et discussions et écouter les retours des citoyens expatriés. Nous appelons même de nos v?ux une co-construction de la loi chaque fois que c'est possible de la même manière que ce qu'on a expérimenté avec le projet de loi numérique. Cela éviterait des fiascos comme le paiement de la CSG par les européens non-résidents, ou les prolongations de validité des cartes d'identités dans des pays qui ne le reconnaissent pas?
A contrario, les pirates défendent le respect de la vie privée. Ce n'est pas parce que les expats sont plus éparpillés qu'ils doivent être spammés à chaque élection par exemple.

- Développement de l'excellence francophone par la généralisation de l'offre numérique. Les médiathèques des Instituts Français et les Lycées Français dans le monde gagneraient en visibilité et en travaillant une offre de mise en ligne de leurs cours et de leur fonds. C'est à développer mais il y a déjà des exemples dont on pourrait s'inspirer. Cela va de pair avec la lutte contre les géo-blocages. Ce problème récurrent n'est toujours pas réglé. C'est parce que les lobbies des « ayant trop de droits » sont très puissants en France et font taire toute initiative. Aujourd'hui les discussions se passent au niveau Européen avec une pirate en première ligne (et un attaché parlementaire franco-allemand). Le gouvernement qui freine le plus les évolutions positives du règlement est le gouvernement français. Parmi les mesures il y a l'interdiction des géo-blocages en Europe. Mais nous pensons que la France a plus à gagner en interdisant les géo-blocages dans le monde entier sauf dans les cas où les producteurs seraient en compétition avec une exclusivité dans un pays tiers (comme dans le cas de compétitions sportives ou de certains jeux)

Pour conclure, 5 mots clés qui résument votre motivation et votre détermination.
Démocratie liquide, partage, transparence, entreprenariat 

A Londres, Dublin et Stockholm, toutes les équipes du site LePetitJournal.com se mobilisent autour des Législatives de la 3e circonscription d'Europe du Nord. Suivez-nous et vivez en direct sur Facebook live les deux débats organisés dans la capitale britannique les 23 mai et 13 juin à 19h au King's College.

Consultez les portraits des autres candidats ici.

Antoine Engels (www.lepetitjournal.com/londres), le 1er juin 2017

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