

Un petit tintement cristallin que l'on entend au loin, des rires et des cris d'enfants courant... ça y est, le camion de glace est arrivé! Alors que le soleil et la chaleur propagent leurs bienfaits chez les Anglais, la crème glacée devient un besoin vital
[photos: Justine Martin]
Les camions de glaces anglais ou " ice cream van " déambulent quotidiennement dans les rues de Londres, attrapant les gourmands au passage, ou jettent l'ancre à des points stratégiques tels que les entrées de parc ou à proximité des écoles. Une coutume gustative et glacée, qui cache parfois d'autres produits moins sucrés.
Mise en place du camion à glace
Il existe actuellement environ 5 000 camions de glaces en Grande-Bretagne. Chaque vendeur possède son propre van, qu'il décore dans des couleurs pastel bleues, roses ou jaunes et parsème d'images de cornets fruités. La glace traditionnelle depuis les années 70 est le Screwball, une sorte de glace à l'italienne dans un cornet avec un biscuit allongé, le " flake " et saupoudrée de chocolat, caramel ou de petites boules sucrées colorées.
Réglementation des camions
Face à la loi, les " ice cream vans " ne sont pas tous à égalité. Il existe des mesures plus ou moins restrictives selon les villes. La mairie d'Hillingdon avait imposé en mars 2010 un règlement strict interdisant aux camions de glaces de rester plus de 15 minutes stationnés dans une rue proche d'une garderie, ou à proximité des écoles, au risque de devoir payer une amende de 100£.
Ice Cream Wars
Certains camions de glaces conservent dans leur réfrigérateur bien plus que de simples cornets. Plusieurs bandes organisées ont utilisé ce moyen comme couverture pour le trafic de drogue, à l'abri du regard indiscret des policiers. De violents conflits entre vendeurs de glace/drogue avaient notamment éclaté dans les années 80, à l'est de Glasgow en Ecosse, entraînant de nombreuses arrestations.
Un métier sous pression
Si les " Glasgow Ice Cream Wars " sont bel et bien finies, il existe encore de nombreux conflits entre les propriétaires de camions de glaces, entre petites piques et combats violents. On note toujours une certaines rivalité entre les vendeurs, qui se connaissent, se croisent et se côtoient tous les jours. " Allez donc demander à celui de l'autre côté du parc. Lui, il a le temps, il n'a pas beaucoup de monde " lance à une passante qui demande un renseignement le vendeur à l'entrée de Victoria Park en parlant de son collègue avec dédain. Une longue queue s'étend au soleil devant le petit camion bleu et blanc qu'il partage avec sa femme. Pour le vendeur de Springfield Park, ce n'est pas la même ambiance. " J'ai commencé il y a trois ans mais je voudrais arrêter " explique t-il. " C'est très difficile de trouver un emplacement, et j'ai déjà reçu des menaces parce que j'étais sur le territoire d'un autre vendeur " ajoute t-il.
Justine Martin (www.lepetitjournal.com/londres) lundi 2 mai 2011























