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LONDRES ET SES SECRETS - Chapitre 2 : les fantômes de la capitale

Écrit par Lepetitjournal Londres
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 20 mars 2014

 

Chose promise, chose due : le jeudi semi-mensuel étant arrivé, il est l'heure de remonter le temps et se plonger à nouveau dans les secrets de la capitale anglaise. Et aujourd'hui, on apprend que la Wicked Witch officiant à Victoria n'est pas le seul personnage surnaturel à hanter les rues de Londres. Libre à vous d'y croire ou non?

(source photo: hauntedrooms.com)

Souvenez vous : nous avions terminé notre précédente aventure au cimetière d'Highgate, à la poursuite de Karl Marx. Un périple qui nous plonge aujourd'hui dans les contes les plus sordides, les plus effrayants, et ceux qu'on aimerait oublier le plus rapidement possible - dans mon cas, du moins. Un peu de courage ! Après tout, de jour, Highgate ressemble à n'importe quel cimetière, si ce n'est que celui ci a été bâti dans le style "Victorien", par l'architecte Stephen Geary, fondateur de la Société  des Cimetières Londoniens. Ouvert en 1839, puis agrandi du côté Est en 1854, le cimetière regorge de mystères.

Vous avez dit vampire ?

Première créature surnaturelle que nous croiserons dans ces allées : le vampire. Dans les années 1970, le Vampire d'Highgate ("The Highgate Vampire") devient le sujet préféré des médias, dont les enquêtes feraient l'annonce d'un vampire attaquant les âmes errantes dans la nuit, au cimetière d'Highgate. Drôle d'histoire. Dans un article publié le 27 février 1970 par the Hampsted and Highgate Express, Sean Manchester clame haut et fort qu'un Roi Vampire, adepte de la magie noire de l'époque médiévale (en "Wallachia", actuelle Roumanie), fut amené en Angleterre dans un cercueil. Il fut brûlé, désira se venger, et hanterait à présent le cimetière. S'en suivent de nombreuses tribulations où Manchester confirme ses propos dans son ouvrage The Highgate Vampire. La chasse aux vampires est lancée, une légende est née. Et comme toute légende, elle sera mise à l'honneur : d'abord au cinéma, par le film Dracula A.D. 1972 avec Christopher Lee, puis dans les comics, lorsque le Vampire d'Highgate fera ses débuts en tant que grand méchant de la saison 9 de Buffy contre les Vampires. A noter que le professeur Bill Ellis profitera de cet engouement pour publier dans le journal Folklore une étude sur la propagation, la sélection et l'exagération des rumeurs. 

Continuons à nous engager dans le cimetière. Au passage, on remarque les tombes de Michael Faraday, qui a contribué à l'invention de l'électricité, de l'auteur Beatrix Potter, ou même de William Foyle, co-fondateur de la librairie Foyle. Nous passons alors devant l'allée égyptienne qui inspira Bonte et Croquet pour Le Vampire du West End, une BD relatant des aventures inédites de Sherlock Holmes. Avançons encore, et retournons vers le nouveau cimetière de la partie Est, où nous avons laissé Karl Marx. On y croisera alors Lukas Heller, scénariste des Douze Salopards et de Qu'est-il arrivé à Baby Jane, et même Adam Worth, le criminel qui inspira le personnage du Professeur Moriarty, célèbre rival de Sherlock, à Arthur Conan Doyle. Décidemment.

 

 

Il n'y a pas qu'à Halloween que les fantômes sont de la partie 

Puisqu'on parle de fantômes, il y a fort à dire sur les rues de Londres, et ce même en dehors d'Highgate. Citer toutes les légendes, les activités paranormales et les rumeurs serait long, et surtout effrayant. Dans son ouvrage Londres, Balades au fil des ombres, Eric Simon en liste plusieurs dizaines, certaines donnant carrément froid dans le dos - dans la mesure où l'on y croit, bien entendu. Quitte à en conter quelques uns, pourquoi ne pas se diriger vers South Kensington, aussi connu comme la Little France ? Après tout, vous y avez sûrement déjà fait un tour...

Qui dit fantôme, dit musée. Et à ce petit jeu, le Museum d'histoires naturelles est loin d'être le dernier. Il semblerait en effet qu'une âme perdue erre dans la salle des insectes : "soudain, la température baisse de plusieurs degrés ; de mystérieux coups de vent traversent la bibliothèque, les lumières clignotent sans raison", écrit l'auteur. Avant de nous rassurer, en déclarant que ce petit farceur n'officiait que la nuit, loin des horaires d'ouvertures et des visiteurs.

Dirigeons nous plutôt vers la station de métro. Toujours d'après Eric Simon, une dame lui aurait rapporté avoir vu, "par une nuit pluvieuse de 2003", "passer une locomotive à vapeur conduite par un étrange militaire". Et ça n'est pas la première fois que des témoignages vont dans ce sens. Voici lancée l'histoire du "train fantôme de South Kensington". Il faut dire que pendant la Grande Guerre, cette station de métro servait d'hôpital militaire pour les blessés anglais. Et les rumeurs de tube station hantées dans la capitale vont bon train. 

Terminus, tout le monde descend

Ici s'achève notre voyage, à South Kensington. Nous n'avons, aujourd'hui, anticipé qu'une infime partie des fantômes de Londres ; à l'occasion, il conviendra peut être de refaire un tour sur cet étrange sentier qui mène tout droit au paranormal. Que l'on y croit ou pas, ces légendes restent des éléments majeurs de la culture anglaise. Comme le dit si bien Eric Simon, "Londres, cette ville envahie par la verdure, parsemée de vieilles demeures au-dessus desquelles d'un ciel nuageux tombe parfois un fin crachin qui fait de ces parcs immenses, et de pubs au plafond bas, mal éclairés, un terrain propices aux fantômes".

Si vous désirez en savoir plus sur les fantômes de Londres, n'hésitez pas à acheter le livre d'Eric Simon : Londres, Balades au fil des ombres.

Cindy Jaury (www.lepetitjournal.com/londres) jeudi 20 mars 2014

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Publié le 19 mars 2014, mis à jour le 20 mars 2014
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