Édition internationale

CONCERT- Louis Bertignac, l'Angleterre lui va si bien

Écrit par Lepetitjournal Londres
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012
Retour aux sources pour l'enfant chéri du rock français. L'ancien guitariste de Téléphone était à Londres vendredi, lors d'un concert en forme d'hommage à tous ceux qui l'ont inspiré
Louis Bertignac lors de son passage au 100 Club (photo AE)
Vendredi soir, il flottait sur le 100 Club comme un parfum des années 80. Peut-être à cause des queues de cheval, des blousons de cuir et de la quarantaine bien tapée des fans venus applaudir Louis Bertignac à Londres.
"Y'a que des têtes connues ici", s'exclamait l'un d'entre eux, tout juste débarqué de France avec femme et enfant. Car l'ancien membre de Téléphone a des groupies irréductibles. Certains ont sa photo sur leur carte de crédit, d'autres le suivront bientôt jusqu'à Katmandou.
Alors à défaut d'aller à New York avec lui, ils l'avaient rejoint à Londres vendredi. Ils bénissaient les compagnies low-cost ou l'aller-retour en Eu"rock"star qui leur offraient cette nuit sans sommeil, ce pèlerinage dans la patrie du rock.
Le lendemain c'est sûr, ils passeraient par Abbey road, mais ce soir là ils n'en avaient que pour "Louis". Leur musicien fétiche, ils l'ont attendu plus d'une heure, sous les calicots lumineux d'une cave aux murs écarlates. Un DJ chauffait la salle et les spectateurs tapaient du pied, sur du rock'n roll comme on n'en fait plus.

Le bon vieux temps du rock'n roll
"Salut London, let's go!", a finalement salué Louis Bertignac. Sans faute d'accord, le "Keith Richard français"égrène alors son répertoire, de Je joue à Vas-y guitare. Mais bien vite le public veut aussi les Beatles, les Rolling stones et les "ouh ouh"de Sympathy for the devil. En homme conciliant, le guitariste le plus souriant de l'histoire de la musique lui donne ce qu'il veut entendre.
Brown sugar, Can't buy me love, il lui lit l'encyclopédie du rock'n roll, lui raconte la jolie petite histoire de cette musique du diable qui faisait danser jusqu'à l'aube. Il invoque les plus grands mais le costume est à sa taille: boléro imprimé Union jack et Doc Martens en croco, l'Angleterre lui va si bien...
Au fond de la salle, les spectateurs dansaient le twist. Non décidément, quelque chose en eux ne tournaient pas rond. Des hommes respectables, tout juste sortis du boulot, remuaient le bassin dans leurs jeans taille haute et murmuraient des "yeah yeah yeah", les yeux mi-clos et le sourire béat. Unis par la foi intense que ni l'Angleterre ni la France n'ont rien produit de mieux depuis, Bertignac et le public communiaient autour de la musique des décennies passées. Sans oublier de ressusciter Téléphone, en rêvant d'une autre monde où le groupe ne se serait jamais séparé.
Après deux heures de concert, ils ont le maquillage qui coule et la chemise de travers. L'air un peu hagard, ils sortent sur Oxford street et sous la lune, presque blonde, résonne encore ce cri lancé de la salle: "Merci Monsieur Bertignac."
Alexia Eychenne (londres@lepetitjournal.com) lundi 20 avril 2009
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Publié le 20 avril 2009, mis à jour le 13 novembre 2012
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