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9e Conférence économique franco-portugaise : "pour une Europe plus compétitive"

"La relation France-Portugal est passée d´une logique de commerce et d´investissement à une logique d´intégration productive", c´est l'un des constats qui a été mis en évidence lors de la 9e Conférence économique franco-portugaise organisée par les Conseillers du Commerce Extérieur de la France (CCEF) en partenariat avec la Chambre de Commerce et d'Industrie Luso-Française (CCILF) et l'Ambassade de France au Portugal, à la Fondation Calouste Gulbenkian le 19 juin 2026.

9e Conférence économique franco-portugaise9e Conférence économique franco-portugaise
©MJ Sobral

Cette conférence avait pour thème « Pour une Europe plus compétitive – la contribution du partenariat franco-portugais ».

La 9e Conférence économique franco-portugaise a présenté les conclusions d´une étude exclusive, sous l´initiative des Conseillers du Commerce Extérieur de la France au Portugal, consacrée, pour l´édition de cette année, au renforcement de la compétitivité bilatérale Portugal-France.


Une salle comble et des intervenants de choix pour la 9e conférence économique franco-portugaise

Thierry Ligonnière, président des CCEF au Portugal et directeur général de ANA Aeroportos, a présenté la 9e Conférence économique franco-portugaise ainsi que les conclusions de celle-ci lors de sa clôture. Alors que Pierre Debourdeau, Conseiller du Commerce Extérieur de la France au Portugal et directeur associé chez Eurogroup Consulting Portugal, a conduit la réunion et présenté les résultats de l'étude « Pour une Europe plus compétitive : la contribution du partenariat franco-portugais ». Des personnalités du monde politique et économique des deux pays sont intervenues, notamment le ministre des Finances Joaquim Morais Sarmento, l'ambassadrice de France au Portugal, Hélène Farnaud-Defromont, le secrétaire d´Etat de l´Economie João Rui Ferreira et Paulo Portas, ancien ministre de la défense (2002-2005), vice-Premier Ministre (2013-2015) et ministre des Affaires Étrangères du Portugal (2011-2015). Des dirigeants d'entreprises françaises au Portugal et des d´entreprises portugaises implantées en France ont participé aux débats lors des tables rondes autour des thèmes : « comment les entreprises françaises créent-elle de la valeur durable au Portugal », « S'affirmer en France. Stratégies des entreprises portugaises face à un marché exigeant », « De l'exécution à la spécialisation. Le rôle du Portugal dans la chaîne de valeur européenne ».

 

« Pour une Europe plus compétitive – la contribution du partenariat franco-portugais » : étude destinée à mettre en lumière les points qui peuvent renforcer la compétitivité bilatérale

Avec 18,8 milliards d'euros d'investissements directs étrangers, la France compte plus de 1 700 filiales au Portugal, responsables d'environ 130 000 emplois.

Selon l'étude présentée par les CCEF lors de cette 9e conférence économique franco-portugaise la relation économique entre le Portugal et la France est passée d'une base historique solide à une intégration productive pertinente, avec un poids croissant dans la compétitivité portugaise et une marge nette pour évoluer vers des modèles plus ambitieux de co-création de valeur.

De cette étude il en ressort ainsi cinq conclusions :

  • La relation bilatérale fonctionne déjà à plusieurs niveaux : la France en tant qu´opérateur d´infrastructures, employeur d´envergure, intégrateur de chaînes industrielles et partenaire d´expertise ; le Portugal en tant que plateforme fonctionnelle, base humaine qualifiée.
  • Le Portugal a une proposition de valeur plus riche que ne le suggère la lecture de « base de coûts »
  • Les réussites du côté français (Vinci/ANA, Transdev, Airbus, Natixis, Euronext, BPCE/Novo Banco et dans l'industrie) et du côté portugais (Renova, Tekever et autres) montrent que cette relation produit déjà une valeur reproductible.
  • L´enjeu pour le futur consiste à concentrer depuis le Portugal, des fonctions à plus forte valeur ajoutée et à créer de la valeur, au Portugal et dans d'autres pays à partir de là.
  • Agir sur les freins structurels offre des opportunités de croissance.

Trois vecteurs prioritaires pour approfondir la relation bilatérale Portugal-France 

L'étude identifie trois domaines à fort potentiel de développement. Le premier est celui de la transition énergétique et du hub de Sines : le Portugal dispose d'un mix renouvelable et infrastructures portuaires et câblées en ligne avec l´intérêt des grands groupes industriels et énergétiques français, en quête de décarbonation et de connectivité atlantique.

Le deuxième vecteur concerne les marchés tiers : la combinaison du réseau lusophone portugais et de la présence mondiale des entreprises françaises ouvre une plateforme d'action conjointe en Afrique et en Amérique latine, difficilement reproductible par l'un ou l'autre pays seul.

Enfin, les clusters industriels et d'ingénierie, illustrés par la présence d'Airbus, Renault ou Faurecia au Portugal, constituent un troisième levier, à condition de créer un écosystème : davantage de fournisseurs, de recherche et développement et de fonctions à plus haute valeur ajoutée.

Quatre blocages structurels à lever

L'étude pointe également les freins qui empêchent de convertir les atouts réels du Portugal en investissements concrets. La lenteur et l'imprévisibilité des processus juridiques complexes découragent les investisseurs de long terme. Les difficultés de l'État à décider, coordonner et exécuter techniquement ralentissent le passage de l'intention à l'action. Les faiblesses ferroviaires et logistiques pèsent sur la compétitivité du territoire. Enfin, la rétention des talents - entre difficultés de recrutement, fuite des cerveaux et pression démographique - fragilise l'un des atouts les plus cités par les investisseurs français.

Une proposition de valeur à trois dimensions

L'attractivité du Portugal ne se résume pas à la compétitivité des coûts. L'étude la décompose en trois piliers complémentaires : la stabilité institutionnelle et le cadre réglementaire européen, qui assurent la prévisibilité ; un capital humain qualifié, à des coûts encore compétitifs par rapport à l'Europe occidentale ; et une position atlantique couplée au réseau lusophone, qui confère au Portugal une vocation de plateforme qu'aucun autre pays d'Europe du Sud ne reproduit.

Vers la co-création de valeur

Le message de clôture, porté par Thierry Ligonnière, président des CCEF au Portugal et directeur général d'ANA Aeroportos, est celui d'une ambition renouvelée : le prochain cycle de la relation franco-portugaise ne se gagnera pas par le volume, mais par le passage à des modèles de co-création de valeur. Un défi qui dépend moins de nouveaux discours que de la capacité des deux pays à mieux exécuter ensemble.

 

Thierry Ligonnière
©MJ Sobral

Pour finir, en marge de cette 9ème conférence économique franco-portugaise, Thierry Ligonnière, président des Conseillers du Commerce Extérieur de la France au Portugal s'est entretenu avec Lepetitjournal :                  
Lepetitjournal : Quel était l'objectif de l'étude et est-ce que vous considérez que vous avez atteint l´objectif que vous vous étiez proposé ?

Thierry Ligonnière : L'objectif était de faire un point de situation après la publication du rapport Draghi sur la compétitivité européenne, les 170 mesures qui devaient être mises en place pour effectivement traiter l'enjeu de la compétitivité européenne, voir comment ce rapport a été décliné en termes de de mise en œuvre ici au Portugal et notamment par les entreprises françaises.

C'est très important pour nous de matérialiser la relation économique entre le Portugal et la France, puisqu'on considère que c'est un des moteurs de réalisation justement de l'amélioration de la compétitivité européenne, c'est par des relations économiques bilatérales entre les pays. Et on constate qu'au Portugal, ça marche très bien entre le Portugal et la France. On a une relation qui est une relation d'amitié, maintenant officialisée par un traité signé en 2025 à Porto et puis on a une relation historique, culturelle et dans un passé plus récent dans les dans les 10, 15 dernières années une augmentation forte finalement de nos interactions économiques.

Mon entreprise Vinci a investi au Portugal, aujourd'hui la BPCE investit au Portugal, BNP Paris investit au Portugal, Airbus arrive et puis on a dans l'autre sens des entreprises portugaises qui exportent en France, Renova, et autres, on les a entendus aujourd'hui lors des tables rondes et on voit cette densité augmenter, on voit la qualité surtout de la relation économique augmenter. On voit un changement dans la façon dont les 2 deux pays sont en relation. Les entreprises françaises ne viennent plus simplement chercher des coûts de production inférieurs au Portugal, ils installent des centres de compétences, des centres d'innovation, et autres. Ils utilisent la base portugaise comme une base d'exportation vers d'autres géographies.

Voilà, donc je pense que l'objectif d'aujourd'hui, c'était de faire un peu la liste des enjeux, de ce qu'on fait bien, de ce qu'on doit faire mieux, de quel support, de quel soutien on a besoin. Et je pense que l'objectif a été complètement atteint. Les gens qui ont participé à cette conférence, le ministre des Finances, le secrétaire d'État à l'Economie, puis Paulo Portas, l'ambassadrice de France et tous les gens qui sont intervenus ont livré une vision très objective, très complète, très lucide de nos enjeux, de nos difficultés, mais aussi ce qui constitue nos forces à cette opération économique et ce qu'on doit travailler pour le futur.


Quels sont les points les plus importants que vous mettriez en avant après cette conférence ?

Il y a plusieurs points qui sont ressortis plusieurs fois dans les débats aujourd'hui, l'innovation, la productivité et les talents. Je pense que ça parmi tous les points qu'on a cités, c'est ceux qui sont revenus avec le plus de fréquences, avec le plus d'intensité et on sent que ce sont des préoccupations importantes pour tous les acteurs qui étaient là, que ce soit les décideurs politiques ou les représentants des dirigeants d'entreprises ou les spécialistes de l'économie qui étaient présents avec nous aujourd'hui, ce sont ces trois points-là.


Etant donné le contexte actuel, quel impact particulier est-ce que cette guerre au Moyen-Orient peut avoir dans les prochains temps sur les  économies françaises et portugaises ?

Même si la situation peut prendre un tournant positif aujourd´hui, on anticipe que les effets de ce conflit géopolitique vont se prolonger encore quelque temps parce que les questions de logistique associées au transport du pétrole, les impacts sur les cours du pétrole, tout ça va mettre un peu de temps à revenir à la normale d'après les projections qu'on voit des spécialistes. Les impacts sur les économies vont probablement se prolonger encore un peu sur le secteur du transport aérien, on attend un ralentissement dans les capacités à partir du mois de septembre et il va y avoir probablement un petit ralentissement que l´on va ressentir un peu dans tous les secteurs de l'économie.

Maintenant on espère qu'effectivement c'est conjoncturel, il y a eu une clairvoyance suffisante pour pouvoir mettre fin au conflit. On espère qu'évidemment cette fin elle sera définitive mais on ne connaît pas encore dans les détails et on sait qu'il y a plusieurs phases finalement dans le règlement de ce conflit, il y a encore des négociations qui vont devoir se poursuivre. Mais évidemment c'est très important pour les économies régionales et pour les nôtres. Nous qui n'avons rien à voir finalement avec l'origine de ce conflit, on en souffre les effets, il était important qu'effectivement ce conflit arrive à sa fin.

 

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